Cosmétique américaine: L’Oréal mise sur la marque naturelle Thayers

Pour renforcer son portefeuille de marque cosmétique américaine, le groupe L’Oréal vient d’annoncer un accord avec Thayers Natural remedies marque américaine de soin de la peau depuis 1847. Cette marque de beauté US est vendue dans différents circuits de distribution et sur son site thayers.com . C’est un acteur historique du marché nord-américain, présent depuis 170 ans tout en surfant sur les tendances actuelles la santé et le naturel comme son nom Natural remedies l’indique. Presque vegan, elle ne s’autorise dans ses formulations que la cire d’abeille. Elle a su ouvrir sa distribution, initialement dans un réseau de magasins de produits naturels, vers une approche multicanale qui comprend aujourd’hui la grande distribution, les distributeurs de produits naturels, les drugstores et des sites tendances comme Urban Outfitters. Se forgeant au fil des ans une belle image sérieuse et naturelle tout en gagnant en proximité. 

cosmétique américaine

Thayers, une marque de cosmétique américaine historique et naturelle dans le viseur de L’Oréal

Cette marque historique de soin de la peau, un segment porteur dans de très nombreux pays, est implantée à Easton (Connecticut), Thayers Natural Remedies offre à travers un packaging rassurant et empreint des codes de la pharmacie, une gamme de produits de grande qualité, notamment des lotions toniques et astringentes. Elle fut en effet créée par le médecin Henry Thayer et fut fortement présente dans les cabinets de médecin. Cet héritage est toujours présent dans l’esprit de la marque. Thayers est notamment connue pour son bestseller iconique « Witch Hazel Aloe Vera Formula Facial Toner », une lotion à base d’hamamélis et d’aloé vera ou de pétale de rose, appréciée par de nombreux consommateurs américains. La blogosphère anglo-saxonne recommande cette lotion sans alcool pour les peaux à tendance acnéique. Son prix accessible est un argument de plus.

En 2019, la marque de cosmétique américaine Thayers a réalisé un chiffre d’affaires de 44 millions de dollars, principalement aux USA et au Canada.

Stéphane Rinderknech, Président et CEO de L’Oréal USA, a déclaré : « Riche d’un patrimoine de 170 ans, Thayers Natural Remedies est une marque américaine très populaire. Fidèle à ses racines, elle a su faire évoluer dans le temps sa gamme de produits et créer un lien fort avec ses consommateurs. Avec des produits de soin très bien évalués, la marque est aujourd’hui plus que jamais dans l’air du temps. Elle bénéficie d’un positionnement unique dans le marché de la grande distribution. Nous sommes convaincus de son potentiel de croissance. »

John Gehr, actuel propriétaire et CEO de Henry Thayer Company, a déclaré : « J’ai dirigé cette marque pendant 17 ans et ce fut une expérience profondément gratifiante de voir le lien que nous avons pu créer avec nos consommateurs. Je ne pouvais pas imaginer une meilleure organisation que L’Oréal pour accueillir Thayers et l’amener vers de nouveaux horizons, tout en restant fidèle à ses valeurs-clés de responsabilité sociétale et environnementale. »

Après l’acquisition effective des parfums Mugler et Azzaro, le groupe L’Oréal réalise cette année un rachat local pour renforcer ses positions aux Etats-Unis et au Canada et asseoir son image de naturalité. Elle va certainement également la dynamiser sur les réseaux sociaux car la marque ne compte que 115K followers sur Instagram et 50k fans sur Facebook. Et peut-être élargir la commercialisation de cette ligne cosmétique américaine dans le monde anglo-saxon.

Vous pourriez aimer lire l’article dédié à Glossier, paragon de la DNVB cosmétique américaine.

Buzz pour la nouveauté L’Oréal et Procter au CES: gadget ou innovation ?

Le CES est désormais le rendez-vous incontournable des grands groupes cosmétiques L’Oréal, P&G, l’Occitane et les nouveautés beauté présentées y font le buzz. L’on y observe les même tendances, année après année : personnalisation et soin sur mesure grâce à la beauté connectée, miroir intelligent et diagnostic pointu, produit fabriqué chez soi à l’aide de l’impression 3D… Ce qui change à Las Vegas: les startups qui étaient sur le devant de la scène, il y a 3 ou 5 ans, s’éclipsent au profit des grands acteurs de la beauté qui ont créé et investi dans leur propre incubateur. Leur puissance médiatique permet d’amplifier le buzz et de donner une image planétaire à ces innovations. Mais sont-ce vraiment des innovations pérennes ou des gadgets, des prototypes qui ne rencontreront pas leur public ? En raison de leur coût, de leur complexité d’utilisation, de leur non-réponse à un besoin quotidien du consommateur. D’ailleurs, certains reviennent avec leur produit présenté l’an passé et optimisé depuis.

buzz appareil soin a domicile loreal

L’Oreal et L’Occitane font le buzz avec leur prototype de personnalisation

Le point commun de ces appareils est de permettre la fabrication chez soi de soin adapté à la fois à la peau de la consommatrice et à ses goûts en termes de texture. De petite taille, 16 centimètres, l’appareil Perso de L’Oreal mobilise l’Intelligence Artificielle pour le diagnostic de peau. L’Oréal capitalise ainsi sur l’application ModiFace qu’elle a acquise il y a deux ans. Elle couple l’information avec la géolocalisation (conditions environnementales du moment météo, pollution…)L’appareil fabrique ensuite une dose personnalisée en mélangeant un sérum, un soin et contour de l’oeil. C’est un device à alimenter de capsules, à l’instar de Nespresso.

device loccitane soin

L’Occitane en Provence fait également le pari de la beauté personnalisée avec Duolab, une machine développée en partenariat avec Rowenta. L’innovation brevetée consiste en un appareil alimenté à une gamme de capsules – dont 5 concentrés d’actifs et  3 bases hydratantes – et un outil de diagnostic cutané. Plusieurs combinaisons de capsules sont recommandées pour le matin (texture plus légère, action protectrice) et le soir (texture plus riche, action régénérante). Elles tiennent compte des besoins spécifiques de chaque cliente. Un processus breveté d’émulsion fabrique une monodose fraîche en 90 secondes. Les capsules peuvent être livrées par kit à chaque mois abonnement. Sur le même principe que les cartouches d’encre d’imprimante.

Au final, une certaine ressemblance avec le pionnier français Romy, qui peine à trouver l’équilibre entre soins personnalisés et soins en capsules ultra-fraîcheur mais version standard, beaucoup plus rentables. Malgré un pop-up store, les podiums réalisés aux Galeries Lafayette pour faire connaitre sa nouveauté et une belle couverture médiatique à ses débuts.

Procter optimise son imprimante à maquillage portable 3D présentée en 2019

L’amélioration porte sur la correction de l’hyperpigmentation, une attente phare aux États-Unis. Le nouveau prototype Opte permet instantanément d’effacer les signes d’hyperpigmentation cutanée et d’estomper les taches avec un fond de teint appliqué de manière personnalisée. À savoir : la caméra numérique d’Opte scanne la peau. Elle analyse chaque image à l’aide de l’intelligence artificielle pour détecter les imperfections de teint non visibles à l’œil nu. L’appareil dépose ensuite précisément des gouttelettes de Optimizing Serum sur les taches jusqu’à ce que la couleur corresponde parfaitement à la teinte de la peau autour. Ceci est le fruit des travaux de l’incubateur P&G Ventures.
Vous aimerez peut-être revoir les innovations marquantes de l’édition 2019.

Clinique esthétique: L’Oréal investit dans le leader des cliniques au Canada

L’Oréal franchit un nouveau pas dans sa stratégie d’acquisition : le réseau de clinique esthétique Functionalab. Cela se passe au Canada où Functionalab est présenté comme le leader local des cliniques de médecine esthétique et spécialisé dans les soins professionnels de la peau. C’est d’ailleurs, sa marque de cosmétiques professionnels Dermapure – Functionalab qui l’a attiré. Sur ce segment, le groupe L’Oréal possède déjà la marque américaine SkinCeuticals depuis 2005.

clinique esthetique

L’Oréal acquiert une part minoritaire dans un réseau de clinique esthétique

Ces 15 cliniques de medecine esthetique sont réputées au Canada pour leurs traitements de rajeunissement de la peau : peeling, laser, injections, mais aussi rejuvenation anti-relâchement et anti-rides à l’aide des ultrasons ou de la radiofréquence. Ces cliniques distribueront outre leurs propres marques de soins professionnels Dermapure et Project Skin MD, la marque SkinCeuticals. Avec cette prise de participation minoritaire, l’équipe de direction actuelle de Functionalab reste aux manettes.

L’Oréal étoffe ainsi son portefeuille de marque de soins médico-esthétiques avec SkinCeuticals

Cette dernière est une marque au positionnement premium vendue par l’intermédiaire des médecins esthétiques, chirurgiens esthétiques et dermatologues aux Etats-Unis. Et dans le réseau des pharmacies en Europe.

En Amérique du Nord, il est très intéressant pour le groupe L’Oréal et pour sa division Cosmétique Active de ce positionner sur le circuit professionnel de la médecine esthétique au vu du développement exponentiel. En phase avec une demande en forte croissance sur les actes de médecine esthétique non invasifs comme les injections, le laser, le peeling…Mais aussi pour le corps avec la cryolipolyse. Une croissance estimée à +9% en 2018. Et ce partout dans le monde, en Asie comme en Europe. C’est également l’occasion d’acquérir une forte caution professionnelle, gage d’efficacité. La directrice de la division Cosmétique Active, Brigitte Liberman, commente cette acquisition.

« Les procédures esthétiques sont de plus en plus intégrées aux routines de beauté des consommateurs. Avec cet investissement, nous allons pouvoir mieux comprendre leurs attentes en termes de procédures, de gestes esthétiques et leur proposer des routines de soin plus adaptées. »  

Il n’est pas à exclure que cette action préfigure l’acquisition de clinique esthétique dans d’autres parties du monde (Corée du Sud ?) ou d’autres marques de soins professionnels. Comme ce fut le cas avec les marques d’institut comme Carita et Decléor.

Colgate s’inscrit dans la même tendance avec l’acquisition onéreuse de Filorga

Notons qu’en parallèle, le groupe Colgate-Palmolive a racheté au prix fort en Europe la marque de cosmétiques Filorga, des soins professionnels et grand public Filorga. Pour un montant supérieur à 1,5 milliard d’euros. Filorga offre la particularité d’être distribuée sur différents circuits : les médecins et chirurgiens esthétiques dès son origine avec des produits spécifiques (solutions injectables d’acide hyaluronique, de mésothérapie…), la pharmacie et la parfumerie avec des crèmes cosmétiques au positionnement haut de gamme. C’est un ancien de Chanel, Didier Tabary, qui a réussi à transformer cette marque en une pépite. Découvrir ici l’article du blog dédié à l’histoire et aux produits Filorga.

Femme senior : forte discrimination en publicité et media sauf pour L’Oréal

Malgré les tendances du Body Positive et de l’inclusivité, la femme senior reste quasi invisible dans la publicité, que ce soit dans la beauté, le luxe ou le lifestyle. Même si la cliente de 50 ans représente un fort pouvoir d’achat et une part importante de la clientèle. Aujourd’hui certaines marques osent aller à l’encontre du diktat du jeunisme et adoptent occasionnellement ou structurellement des égéries femme senior : MAC cosmetics avec la nonagénaire Iris Apfel, Dolce & Gabbana.

femme senior pub

Mais L’Oréal Paris a décidé de taper un grand coup en créant avec le magazine de luxe Vogue un partenariat. Son audace a été primée à Cannes d’un Cannes Lion d’or 2019, palmarès des meilleures campagnes publicitaires par un jury professionnel. Le Graal pour les agences de publicité ou de communication ! Update : Abordant un véritable sujet de société, cette campagne vient de gagner le Grand Prix Stratégies du Luxe.

Forte discrimination de la femme senior dans les media, l’audace L’Oréal x Vogue

La femme de plus de 50 ans se fait décidément très discrète dans les media (15% de représentation versus 40% de la population dans les pays développés). À contre-courant du diktat du jeunisme qui donne à voir des jeunes femmes dans la publicité, mais aussi dans la presse magazine, L’Oréal Paris et Vogue ont conçu une édition intégralement réalisée avec des femmes de plus de 50 ans. Que ce soit en termes de visuels ou d’écriture. Et même toutes les équipes techniques, photographe, coiffeur, maquilleur, styliste…

partenariat l'oreal vogue

Cette initiative s’inscrit dans la politique de communication de la marque de beauté L’Oréal qui mise sur la diversité depuis maintes années que ce soit en termes d’origine et de couleur de peau, d’âge, de genre… Ainsi, sa Dream team intègre depuis fort longtemps des actrices quinquagénaires (Andie MacDowell, Julianne Moore), sexagénaires ou plus comme Jane Fonda ou Helen Mirren. Des figures très présentes au sein de cette édition augmentée intitulée the Non-Issue, dotée d’un volet interactif en réalité augmentée. 

edition vogue loreal

Cela s’est passé en avril dernier. Le magazine a été tiré à 250 000 exemplaires avec une envergure internationale car le Vogue UK est également acheté et lu à l’étranger. C’est une référence dans l’univers des médias féminins. Une campagne de soutien a été relayée sur les réseaux sociaux et les médias. Avec un succès incroyable : À titre d’exemple, le premier message posté par l’actrice américaine Jane Fonda a suscité plus de 94 000 likes sur Facebook. Au total, la campagne a généré 19 millions d’impressions organiques. Preuve que les lectrices ne sont pas si obnubilées par la jeunesse qu’on pourrait le croire…
En termes de contenu éditorial, ce magazine s’est centré sur les sujets qui concernent les femmes de 50 ans et plus, sur le plan de la santé comme de la beauté, du soin de la peau, du maquillage, des cheveux… Et voici quelques visuels qui expriment la force et l’attractivité de ces femmes hors du commun.

isabelle adjani vogue

L’actrice britannique Helen Mirren, égérie L’Oréal

 

Des figures emblématiques féminines seniors émergent dans les institutions

Constatons également que la femme senior occupe également aujourd’hui des postes de pouvoir emblématiques telle l’allemande Ursula von der Leyen à la tête de l’Union Européenne ou Christine Lagarde à la Banque Centrale Européenne. Des postes où elles remplacent des hommes du même âge. Aux US, ce sont Nancy Pelosi ou Elizabeth Warren qui sont sur le devant de la scène. Des figures de proue qui devraient, je l’espère, entrainer des changements profonds au sein de la société, des entreprises, des medias et des organismes publics. À suivre…

INCI & transparence, L’Oréal lance sa plateforme pour contrer Yuka, Clean Beauty

En quête de transparence et d’éthique, le consommateur s’intéresse à la liste des ingrédients ou INCI figurant sur les packagings depuis 20 ans ou sur les sites lors de ses achats cosmétiques. Les critères d’achat changent, on ne consomme plus comme avant. Smartphone en main, on checke la composition des produits qu’ils soient alimentaires ou cosmétiques. On scanne le QR code avec l’appli Yuka, on consulte Clean Beauty au même titre que l’on va regarder la liste des allergènes pour décrypter le produit. Au sein de l’INCI, l’application va pointer du doigt les ingrédients controversés ou à problème. Et cela va plus loin. 81% des consommateurs souhaitent que l’origine des ingrédients et l’impact sur la bio-diversité soient indiqués sur les packagings. Face à ces nouvelles exigences, le groupe L’Oréal lance une plateforme d’informations intitulée Au coeur de nos produits.

INCI transparence ingredients

L’INCI passée au crible pour conforter la confiance des consommateurs envers les marques L’Oréal

Cette information consommateur se focalise sur la composition des produits de toutes les marques du groupe et sur les ingrédients eux-mêmes. Les chimistes de L’Oréal y justifient leur choix d’ingrédients sur la base de « réalités scientifiques reconnues » dixit le directeur général de l’Oréal en France, Hervé Navellou. L’Oréal met ainsi le doigt sur certains ingrédients ou actifs controversés tels les parabènes, le phénoxyéthanol, l’huile de palme, les filtres solaires, les silicones, les colorants pour cheveux, les huiles minérales… Des ingrédients souvent attaqués soit sur le plan de la sécurité ou sur le plan du respect de la planète, de la biodiversité ou de la biodégradabilité. Des ingrédients attaqués sur l’ensemble de leur famille alors qu’il est utile de les étudier précisément selon la nomenclature INCI. L’objectif N°1 de cette plateforme est de conforter la confiance des clients, un bien immatériel qui tangue au gré des applications comme Yuka ou Clean Beauty, des enquêtes de UFC-Que choisir et des marques indépendantes de cosmétique non conventionnelle. Et surtout des scandales alimentaires !
Mon avis : la plateforme Au coeur de nos produits L’Oréal est très didactique, sur le mode question-réponse. Mais au-delà de la Clean beauty, il manque encore le sujet de la beauté Green à adresser. Car c’est une dimension clé pour les clients engagés dans le développement durable. Notamment en accordant de l’importance  aux matériaux utilisés : en particulier, les différents plastiques (PET, PP, PE…) avec leur impact sur l’environnement et les raisons qui conduisent à leur choix. 

composition

De la traçabilité des achats à l’empreinte carbone

La réflexion que mènent les groupes et les marques à l’instar de Guerlain s’étoffe et s’élargit pour répondre aux aspirations et aux interrogations des consommateurs. Ainsi Guerlain fut la première marque historique à communiquer à ce sujet au travers de sa plateforme Bee-Respect en précisant même la provenance et les matériaux de ses emballages.

Guerlain transparence

Côté marketing, cela signifie que le développement produit challenge tous les acteurs de la chaine de la recherche à la conception du packaging, à la fabrication jusqu’à la logistique pour répondre aux nouvelles exigences de clean et de green en adoptant une posture customer-centric. Et surtout que les marques historiques ne laissent pas le champ libre en termes de communication et d’information aux indie brands ou marques indépendantes qui très tôt ont adopté ce tournant pour développer leur business.  Chacun cherche aujourd’hui à anticiper sur la montée en puissance du bio, la recherche de traçabilité, le questionnement sur les plastiques et le recyclage, les process de fabrication respectueux de la planète en mobilisant moins d’eau. Mais aussi les produits sous consigne, les produit zéro déchet et la cosmétique solide (savon, shampooing…). La communication est alors un point très sensible car toute prise de parole perçue comme opportuniste est alors assimilée à du greenwahing. J’en profite pour remercier Pascal Brousse pour ses interventions et ses articles qui clarifient le sujet de la beauty green & clean.

Vous pourriez également aimer lire les articles du blog consacrés aux appli Clean Beauty ou Yuka.

 

Tribune 2019, le salon VivaTech rallie personnalités politiques & économiques

VivaTech, salon dédié à la technologie, au digital, est la nouvelle tribune pour toutes les personnalités politiques et économiques à l’échelle française, mais aussi mondiale. À cette tribune adressant autant le présent que le futur, ont pris la parole Emmanuel Macron, Justin Trudeau, les patrons des grands groupes tels Bernard Arnault (LVMH) ou Jean-Paul Agon (L’Oréal). Et bien sûr, les patrons des GAFA ou les spécialistes de l’intelligence Artificielle tels Cédric Villani ou Florence Soulé.

tribune Macron Vivatech

C’est aussi le rendez-vous incontournable des start-ups de la French tech et d’ailleurs qui dessinent au travers de leurs vision et de la technologie l’avenir. Certaines se présentaient aux côté des groupes qui les incubent ou qui collaborent avec. Enfin, the place to be pour les écoles d’ingénieurs ou de commerce, tout comme pour les grosses sociétés qui veulent afficher qu’elles ont pris le tournant de la tech. Question d’image et de communication.

tribune CEO Vivatech

Les innovations mises en avant dans la beauté et le luxe.

Les stands L’Oréal et LVMH étaient parmi les plus remarqués par leur taille, les animations et démonstrations proposées, voire les prises de parole en tribune chez LVMH. En effet, L’Oréal a mis en avant ses développements opérationnels avec Modiface usant de l’IA (Intelligence artificielle) ou de la réalité augmentée. Pour une relation consommateur, un service ou un produit de beauté personnalisé. Car la personnalisation est le Graal. Ainsi, au travers de l’appli Spotscan, L’Oréal et La Roche-Posay permettent un diagnostic de l’acné personnalisé (cf cet article dédié du blog). Une appli lancée conjointement avec Alibaba en Chine.

loreal alibaba

Recourant également à l’Intelligence Artificielle, Vichy réalise un diagnostic de l’âge de la peau avec deux selfies – face et profil -. L’algorithme a été créé sur la base de 6000 images cliniques ajoutées à 4500 photos selfies de femmes de tout âge et de toute origine. Pour comprendre ce diagnostic, voir la vidéo ci-dessous.

Sur le stand L’Oréal, deux autres animations étaient proposées. Intégrant la réalité augmentée (AR), le Virtual Hair Advisor vous permet de tester virtuellement différentes couleurs de cheveux et d’obtenir des conseils d’expert. Quant au fond de teint sur mesure de Lancôme , le teint Particulier, sa technologie était également mise à disposition. Vous pouviez par un outil scanner colorimétrique, identifier votre couleur de teint et le faire fabriquer ainsi sur-mesure avec My Little Factory.

my little factory

Sur le Pavillon LVMH, j’ai pu voir la start-up française Artiris qui propose de composer son propre parfum d’ambiance en temps réel. Une innovation brevetée à base d’huiles essentielles naturelles qui allie haute parfumerie et technologie.

Bernard Arnault Vivatech

Quant à Bernard Arnault, il a utilisé la tribune de VivaTech pour annoncer plusieurs développements stratégiques et remettre le prix LVMH Innovation qui récompense les start-ups du numérique, à 3DLook. Cette startup offre au travers de son outil numérique la possibilité à chaque individu d’obtenir la morphologie exacte de son corps en 3D. À partir de 2 simples photos de face et de profil prises avec son smartphone, et en précisant son poids, 24 mesures sont générées automatiquement. De quoi faciliter le choix de la bonne taille lors des achats en boutique ou online, et limiter le risque de retours. De plus, en réduisant le nombre de retours consommateurs, on limite les déchets et on respecte davantage la planète.

Parmi les développements cités par le CEO de LVMH, la Blockchain mise en oeuvre sur plusieurs des 70 marques du groupe. Une innovation qui s’inscrit au coeur même du luxe et des attentes des consommateurs en termes de traçabilité et d’authenticité. Il a également fourni une indication sur le poids des ventes online au global du groupe, soit « 3,5 à 4 milliards d’euros » pour un chiffre d’affaires 2018 de 47 milliards, donc aux environs de 7 à 8% du CA. VivaTech est un peu la tribune de LVMH puisque ce salon qui n’a que 3 ans, a été lancé par Publicis et le groupe Les Échos, propriété du groupe Arnault depuis 2008. Il est donc un peu chez lui.

Tribune : un programme de conférences fourni sur des sujets variés : business start-ups, la tech de demain…

Venu pour la 3ème fois à ce grand rendez-vous de la tech, Emmanuel Macron a cherché à exhorter les entrepreneurs de start-up français ou européens de concurrencer les américains et les chinois. Tout en prônant le modèle européen de la tech fondée sur la démocratie, le respect des libertés individuelles et des droits de l’homme ainsi que l’intégration du changement climatique (Tech for Good). Il a d’ailleurs rencontré en tête à tête le CEO du géant chinois du retail sur internet Alibaba. Son fondateur, Jack Ma, a également eu l’occasion de s’adresser en tribune aux visiteurs du salon.

cedric villani

Autre conférence intéressante, l’intervention de Cédric Villani, notre médaille Fields, sur l’intelligence artificielle et l’open data – accès aux données dans les secteurs de la santé, des transports, la météo, l’énergie. L’intelligence artificielle se doit d’être à la fois positive et inclusive. La France est d’ailleurs le 4ème pays en termes de production d’articles de recherche sur l’intelligence artificielle. Parmi les futures licornes européennes, un prix a également été décerné à la plateforme de vêtement d’occasion Vinted . Créée en Lituanie en 2008, Vinted compte aujourd’hui 20 millions d’utilisateurs dans 9 pays d’Europe et génère 1.4 milliard d’euros en chiffre d’affaires. 

Salon Vivatech du 16 au 18 mai 2019 à la Porte de Versailles- Plus de 120 000 visiteurs et 13 000 startups pour sa 4ème édition, ce salon est l’évènement incontournable des acteurs mondiaux de la tech.

Acné: l’appli L’Oréal utilise l’IA pour un diagnostic sur mesure

À l’occasion du salon dédié à la technologie Viva Technology, L’Oréal présente une appli permettant un diagnostic acné personnalisé. Ce salon se veut le pendant du CES américain. Les grands groupes LVMH, L’Oréal y participent aux côtés des start-ups pour présenter leur innovations technologiques numériques : applications, Intelligence artificielle. robots. Conscients que la technologie impulse les innovations, leurs PDG prendront la parole. Parmi ces nouveautés, figure l’application gratuite Spotscan déjà disponible chez La Roche-Posay pour réaliser un diagnostic de l’acné avec son smartphone. L’intelligence artificielle est ici utilisée pour une meilleure prise en charge de l’acné.

acné

La sévérité de l’acné évaluée par l’intelligence artificielle avec l’appli Spotscan : boutons, points noirs et cicatrices

À l’aide du premier algorithme développé en collaboration avec des dermatologues, cette application localise et quantifie les marques d’acné, les boutons et les points noirs. Un algorithme construit à partir de 6000 photos de visages d’hommes et de femmes de 10 à 58 ans toutes carnations, ethnies et type d’acné confondus en plus de 2 ans. Dans sa conception, cet algorithme a connu plusieurs phases : modélisation, comparaison avec une étude clinique pour optimisation.
Le principe : l’analyse se fait sur la base de 3 photos prises avec son smartphone : de face, profil droit et profil gauche.

profil acne

Le diagnostic est alors calculé avec un score global des imperfections cutanées de 0 à 4+. Si le score est au-dessus de 2, l’utilisateur de l’appli est incité à consulter un dermatologue pour une prise en charge. 

Selon le score, Spotscan propose des conseils et une routine adaptée et personnalisée avec les produits La Roche-Posay. Ce qui est également intéressant, c’est qu’elle propose de suivre au fur et à mesure l’évolution de la peau. Idéalement tous les 15 jours.

conseils acné

De précieux conseils de dermatatologue pour améliorer la qualité de peau 

  • une routine d’hygiène et de soin avec peu de produits : un gel nettoyant qui respecte le pH cutané, une crème hydratante non comédogène (anti-points noirs), un soin protecteur contre les UV et éventuellement un maquillage non comédogène
  • bien se démaquiller en évitant les frottements
  • appliquer les soins en évitant les boutons avec des mains propres et du bout des doigts
  • rester patient car l’amélioration est lente, après 6 à 8 semaines
  • éviter les huiles essentielles car elles peuvent être irritantes
  • supprimer les grignotages sucrés qui favorisent la hausse du taux d’insuline et stimulent la production de sébum
  • bien dormir pour permettre à la peau de bien se régénérer

gel la roche-posay

Une solution technologique à même de séduire et d’aider les 3 millions de personnes concernées par l’acné en France (acné adolescent et acné adulte). L’acné est une maladie chronique inflammatoire de la peau qui peut laisser des marques et des cicatrices à vie. De plus, l’acné et ses récidives ont d’importantes répercussions psychologiques sur l’image de soi, la confiance en soi et le lien social. Elle ne fait l’objet d’un traitement que pour un patient sur deux.
Spotscan, application gratuite sur laroche-posay.fr
Via un partenariat avec Alibaba, elle sera disponible sur les plates-formes TMall et Taobao du géant chinois du e-commerce, qui revendique plus de 600 millions d’utilisateurs. Une application qui s’adressera à un large public en Chine. En effet, près de 80 % des jeunes chinois souffrent d’acné et les dermatologues sont rares, avec un médecin pour 60 000 habitants, selon les chiffres publiés en 2014 par le China clinical guide.

Voir également le futur de la beauté présenté par L’Oréal ou ses concurrents au rendez-vous tech américain, le CES dans ce post du blog.
Salon Viva Technology du 16 au 18 mai, Porte de Versailles

Créatrice pionnière de cosmétiques, Helena Rubinstein est exposée à Paris

Créatrice de cosmétique il y a 100 ans, Helena Rubinstein fut une des premières femmes entrepreneurs dotée d’une vision mondiale. Cette pionnière démarra son premier institut en Australie en 1902, avant de s’implanter à Londres, puis de se développer aux Etats-Unis au travers de sa marque de produits de beauté. Après New York et Vienne, l’exposition qui lui est consacrée – Helena Rubinstein, l’aventure de la beauté – s’installe à Paris pour une durée de 5 mois. Elle retrace l’histoire incroyable de cette femme entrepreneuse, créatrice et visionnaire. Une femme autodidacte,  amoureuse du beau et de la beauté au féminin. Une figure avant-gardiste en phase avec les valeurs d’aujourd’hui. Elle prônait déjà, en effet, l’émancipation des femmes. Son parcours exceptionnel est représenté au travers des oeuvres qu’elle a collectionnées, de ses succès en tant qu’entrepreneur comme des personnalités qu’elle a côtoyées. Jean Cocteau l’avait ainsi surnommée L’Impératrice de la beauté.

créatrice

Grande créatrice, elle fut à l’origine de nombreuses innovations produit.

Elle démarre l’aventure cosmétique avec une crème à base de plantes créée par un ami hongrois. À Melbourne, elle improvise un laboratoire dans sa cuisine pour reproduire cette crème appréciée de ses clientes. Après Londres, elle ouvre sa Clinique de la beauté à Paris avant la première guerre mondiale. En 1914, elle part aux Etats-Unis et ouvre des salons à son nom. Elle devance de quelques années, sa grande rivale, Elizabeth Arden., autre grande créatrice de cosmétiques Dans les années 30, elle crée le premier mascara waterproof, puis le premier soin anti-âge, le premier masques aux hormones, mais aussi la première classification des soins par type de peau. Entrepreneuse, elle a inventé l’institut de beauté moderne, installé le concept de rituel de beauté et a étendu son emprise sur plusieurs continents. Dès 1904, Helena Rubinstein (1872-1965) eut pour slogan « la Beauté, c’est le pouvoir…le plus grand des pouvoirs… ». L’autre de ses fameuses citations est : « il n’y a pas de femmes laides, juste des paresseuses ». 

Entrepreneuse, Helena Rubinstein collectionna des peintres français avant-gardistes

Elle découvrit l’Art Moderne à son arrivée aux Etats-Unis à l’Armory Show où furent exposés de nombreux artistes français avant-gardistes en 1913. Exposition relatée dans l’excellent roman que je lis Gabriële, biographie fiction réalisée sur la femme de Francis Picabia écrite à quatre mains par ses arrière-petites-filles.  Claire et Anne Berest. L’exposition parisienne met en avant autant son goût pour les voyages que son esprit entrepreneur et pionnier ou que sa collection d’oeuvres d’art. Très éclectique, elle achète des oeuvres de peintres et d’artistes tels Picasso, Braque, Brancusi ou Fernand  Léger, mais aussi des arts premiers. Le Musée du quai Branly lui dédiera d’ailleurs une autre exposition cet automne.

Edit novembre 2019 : 64 oeuvres issues de la riche collection d’arts premiers d’Helena Rubinstein y sont actuellement exposées. En grande majorité d’art africain. Un art auquel elle conférait la même valeur qu’à l’art européen. Selon le commissaire de l’exposition, « Helena Rubinstein est une collectionneuse de la première heure, une pionnière compulsive à une époque où le marché des arts extra-européens commence tout juste à se développer ».

Pour l’heure, vous pourrez découvrir ce destin hors du commun au MAHJ sis dans le magnifique hôtel de Saint Aignan dans le Marais.

musee art judaisme
L’hôtel de saint Aignan, Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris

Le groupe L’Oréal a acquis cette maison centenaire en 1984. Depuis, la marque a beaucoup décliné, souffrant d’une vision dichotomique entre les produits de soin de la peau et les produits de maquillage. Les premiers surfent sur la tendance de la cosmétique alternative à la médecine esthétique, les seconds prônant une femme ultra glamour, un temps incarnée par Demi Moore. La marque Helena Rubinstein n’est plus vendue en France aujourd’hui que sur le site internet helenarubinstein.com . Sa rivale Elizabeth Arden bénéficie d’une notoriété et d’une aura supérieure grâce à son produit iconique, la crème de huit heures décodée ici. Cette exposition est- elle le Chant du cygne pour la marque ou au contraire renaitra-t-elle telle Phénix de ses cendres ? Tout dépend de la visibilité qui sera donnée à cette exposition. Exposition en partie permise par le travail d’acquisition et de compilation du patrimoine de madame Helena Rubinstein réalisé par la marque éponyme.  

L’aventure de la Beauté – Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme Du 20 mars au 25 aout 2019
71 rue Vieille du Temple 75003 Paris

La collection d’art africain d’Helena Rubinstein, Musée du Quai Branly . Du 19 novembre 2019 jusqu’au 28 juin 2020

Allégation : Fin du sans paraben, sans en cosmétique & apogée des labels

Avec la fin de l’allégation sans paraben, sans sulfate, sans…, les marques de cosmétiques green, clean beauty vont devoir changer leur packaging et leur communication. Pour répondre aux nouvelles contraintes juridiques. En effet, à compter du 1er juillet 2019, la nouvelle réglementation européenne sur les cosmétiques encadre de façon très précise les revendications sans. Pour davantage de transparence. Et coller aussi aux attentes des consommateurs qui recherchent des ingrédients respectueux de la planète. Sur les réseaux sociaux, les hashtags #cleancosmetics #greenbeauty et #transparence sont parmi les plus utilisés sur cette thématique. Décodage

cosmetiques sans

La fin du sans paraben, sans triclosan, sans phenoxyethanol sur les packaging ou sur les sites web

Les marques de beauté n’auront plus la possibilité dans 3 mois d’afficher sur leurs étuis, sur leurs pages produits ces mentions. Ces mentions participent activement au greenwashing. La justification avancée par Bruxelles : cela dénigre ou diabolise des ingrédients autorisés par ailleurs, ce qui prête à confusion pour les consommateurs.

sans paraben

C’est une victoire pour la FEBEA (Fédération des Entreprises de beauté). Regroupant 350 fabricants de cosmétiques et représentant 95% du chiffre d’affaires de la profession, elle a toujours souligné que ces actifs étaient autorisés en cosmétique. C’est aussi la reconnaissance de la puissance de frappe des nouvelles applications comme Yuka ou Clean beauty qui scannent les listes d’ingrédients et informent sur les actifs controversés ou soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens ou des agents irritants. Sans compter la blogosphère militante du bio qui a semé la confusion sur certains parabens. Ce sont de bons conservateurs sur lesquels on dispose d’un excellent recul, souvent moins irritants que les substances par lesquels ils ont été remplacés. Aux États-Unis ou en Corée, les marques vont jusqu’à mettre en avant toxic free. Une surenchère ridicule !

non toxic clean beauty

A contrario, les revendications sans qui « rendent service à une population » restent autorisées. Sans acétone sur les dissolvant de vernis ou les produits de coloration pour les personnes incommodées par l’odeur. Sans dérivé d’origine animale pour les personnes véganes. Enfin, sans alcool sur les produits type bains de bouche à destination des familles avec enfants. « Sans huiles essentielles » peut également avoir du sens pour les femmes enceintes car ces huiles peuvent être irritantes.

Disparition également de la mention hypoallergénique jugée trop floue

Cette allégation hypoallergénique justifiée par des tests cliniques a quelquefois été mal interprétée. Elle ne garantit  pas l’absence de risque d’allergie ou d’intolérance. Aussi va-t-elle disparaitre pour éviter toute confusion.

L’apogée des labels bio ou vegan comme caution

Jusqu’à aujourd’hui de nombreuses marques indépendantes revendiquent sur leur packaging et dans leur communication ces allégations sans paraben, sans sulfate (en anglais paraben free, sulfate free )…. Telles Centifolia,  Kure Bazaar et bien d’autres marques, y compris en pharmacie .

cosmetique centifolia

Ces mentions ne nécessitant pas de test sont gratuites à la différence des labels vegan et bio qui coûtent relativement cher. Des labels qui ne sont donc pas accessibles à toutes les marques. Pour autant, face au flou de ces revendications, ils jouent un immense rôle de caution et de transparence. À compter du 1er juillet, ils vont devenir un must-have. Découvrir les explications autour de ces labels dans cet article du blog. Par ailleurs,  je vous recommande la lecture du prochain magazine Elle. Il démêle le vrai du faux sur le green en cosmétique 

Contre-attaque des marques conventionnelles en communication : groupe L’Oréal, Guerlain

Pour mieux se défendre, les groupes cosmétiques ou marques conventionnelles créent leur propre site dédié à la communication au sujet de leur choix d’ingrédients. Ainsi, le groupe L’Oréal a ouvert la plateforme Inside our product et y livre un glossaire des actifs utilisés par ses laboratoires. De son côté, Guerlain communique avec sa plateforme bee respect sur la traçabilité de ses produits, les coulisses de ses créations, ingrédients, lieux de fabrication… Elle est accessible via le site de la maison Guerlain ou via un QR code pour chaque référence. Dans la conception de ses nouveaux produits, la maison de parfumerie se veut éco-responsable et vise le 100% durable et la transparence.

Guerlain transparence

Transparence et engagement sur le développement durable sont au coeur de ces démarches. Mais c’est également une façon de ne pas laisser le monopole aux applications indépendantes comme Clean Beauty ou Yuka sur le parcours client.

Dans ma peau, cette expo dévoile connaissances scientifiques & perspectives

Le Musée de l’Homme consacre une exposition entière aux connaissances scientifiques sur la peau et aux nouvelles perspectives de recherche. Car la peau est un organe vital essentiel, le plus grand du corps humain. Sa connexion avec le cerveau fait l’objet de nombreuses recherches tant dans le domaine hospitalier que dans les groupes cosmétiques. Cette exposition immersive nous plonge dans le fonctionnement de cet organe. Elle est le fruit de la collaboration entre L’Oréal et le Musée de l’Homme. Voici ce qui m’a frappée dans l’expo Dans ma peau.

scientifiques peau

Cette expo interactive rend ludiques les connaissances scientifiques sur la peau

Le visiteur est invité à plonger au coeur de cet organe vital en commençant par la surface et à comprendre de façon interactive les multiples fonctions de la peau. Ainsi, pour appréhender les 600 000 récepteurs du toucher, un jeu lui fait toucher du doigt les récepteurs de la chaleur,  les récepteurs sensoriels de l’humidité, les nocirécepteurs à la douleur… grâce à une console. Ces récepteurs informent alors directement le cerveau des menaces, des changements par le toucher.
Autre domaine de connaissance : la couleur de la peau. Le visiteur est placé face à un nuancier géant de 66 teintes représentatives des teintes à travers le monde. Je me suis prêtée au jeu et ai avancé ma tête dans une chromasphère. Cet instrument mesure par colorimétrie la couleur de la peau sur deux axes : jaune-rouge et clair-foncé. Soit 66 combinaisons possibles recueillies par L’Oréal à travers le monde et utiles à la conception des teintes de fond de teint. La couleur de la peau pour laquelle la mélanine joue un rôle majeur, est modulée par la latitude, l’âge et l’ethnie. Elle résulte d’un long phénomène d’adaptation à l’environnement et aux mouvements de population.
L’exposition s’intéresse également au vieillissement de la peau à travers le monde. Nous sommes très inégaux face au vieillissement. Ce qu’illustrent les trois morphings vidéo, c’est la nécessité de bien protéger la peau du rayonnement nocif des UV. En effet, les UV accélèrent très fortement le vieillissement que l’on soit blanc, black ou asiatique.
Parmi les connaissances scientifiques appréhendées récemment figure le microbiote de la peau. Les recherches scientifiques sur le microbiote cutané ont démarré, il y a 10 ans, soit 10 après celles sur le microbiote du tube digestif. Elles ont révélé qu’à la surface de la peau vit un milliard de micro-organismes : microbes, bactéries, levures et champignons. Certains ont un rôle bénéfique : ils créent des micro-antibiotiques. Cet écosystème change au moment de la puberté et de la ménopause. Ce déséquilibre peut alors provoquer de l’acnée, de l’eczéma, de la rosacée ou du psoriasis. Pour progresser dans la connaissance, L’Oréal s’est rapproché de la société uBiome qui procède par intelligence artificielle. Et peut-être à terme, proposer des soins de la peau personnalisés. Ceci conclut la première partie dédiée aux fonctions de la peau au Musée de l’Homme.

musee de l'homme

Place au high tech : reconstruction de la peau, bio-impression et capteurs connectés

En 40 ans de recherche, les techniques de peau reconstruite ont fait d’incroyables progrès. Le processus part de culture de cellules à partir de biopsies en 1979, puis plus récemment à  partir d’explants de chirurgie esthétique. Les échantillons de cellules sont congelés à moins 200 degrés pour les endormir. Après l’épiderme, les équipes de recherche, les biologistes, réussissent à cultiver du derme.  En 1986, le modèle de peau reconstruite est complet. La recherche y ajoute des mélanocytes, puis récemment les cellules immunitaires ou cellules de Langerhans. En vue de travailler sur les allergies de contact. En ce moment, les recherches portent des modèles reproduisant la sensibilité de la peau. De nouvelles pistes s’ouvrent avec la bio-impression 3D depuis 5 ans et l’ajout du microbiote. Elles permettent de faire des liens vers des pathologies ou des grands brûlés. Ou encore des greffes de peau.

peau reconstruite

On utilise la bio impression pour positionner les cellules ou pour mimer une ride ou une glande. Ces nouveaux modèles sont utilisés pour mesurer l’efficacité des actifs ou de la toxicité. Dernière perspective : les capteurs connectés ont été présentés au CES (Consumer Electronic Show) sous la marque La Roche Posay en janvier (cf cet article du blog). Très prometteurs !

piercing

Une seconde expo est dédié au piercing. Ce piercing qui pare la peau depuis la nuit des temps est ici montré sous l’angle anthropologique et sociologique.

Exposition Dans ma peau au Musée de l’Homme Du 13 mars au 3 juin 2019
17 Place du Trocadéro 75116 Paris Ouvert de 10h à 18h sauf le mardi Tarif 12 €