Traverser et rêver sous couvre feu

traverser couvre feu

Comme vous l’avez remarqué notre périmètre d’exploration et de flânerie s’est particulièrement rétréci. Fini les grandes traversées shopping, restos, boutiques, nichés dans des ruelles pittoresques de quartiers éloignés de chez nous. Quant aux visites chez des amis de l’autre rive, alors là c’est pure folie ! D’abord il faudrait prendre soit le métro, pas très aéré…le bus, jamais à l’heure et souvent bondé, le vélo…vous êtes quand même lucide quant aux limites de vos capacités sportives. Et je ne parle même pas de la voiture ! On ne sait plus par où passer depuis que les sens des rues ont changé, remplacées par des pistes cyclables. Vous avez repéré de jolis boutons nacrés qui feraient tellement bien sur votre chemisier ? Ceux-là mêmes qui sont vendus dans une petite mercerie du côté des Batignolles, alors que vous habitez près de la Seine, niveau Trocadéro ? Soyez lucide, renoncez-y !

Et pour rajouter un peu de piment à la situation, il y a le couvre feu !

Bref, sortir de son arrondissement devient très compliqué, voire impossible. Evidemment vous allez me rétorquer qu’il y a le shopping par internet !

Mais moi je vous parle d’emplettes en chair et en os, de contact réel avec la marchandise, bref, d’échanges humains ! Désormais chacun d’entre nous se retrouve à vivre dans son quartier comme dans une forteresse. Le terme de villages à Paris n’a jamais été aussi vrai. Chacun chez soi, dedans comme dehors. Et quand d’aventure on franchit cette frontière invisible qui nous sépare d’un autre coin de la capitale, c’est avec un compte à rebours dans la tête: Il faut que je sois rentrée avant 18 h ! Nos envies comme nos besoins se rétrécissent à mesure que se réduit notre horizon physique. Tels des ascètes, nous nous contentons de ce que nous trouvons autour de chez nous. D’invisibles murailles se sont dressées dans nos têtes et nous nous claquemurons derrière. Attention le repli sur soi nous guette !

Alors, aérons, ouvrons grandes nos fenêtres et tels des pigeons devenus voyageurs, portons nos esprits vers des horizons lointains. En un mot : RÊVONS ! Oui rêvons que tout cela aura bien une fin et qu’à nouveau nous partirons à la rencontre les uns des autres, sans à priori et sans méfiance. Préservons notre part d’humanité !

Babette Koenig

Pour mettre un peu de sourire dans ces temps de couvre feu, j’ai le plaisir d’accueillir sur mon blog les chroniques illustrées « Miss Beauty », des traits d’humeur pour croquer notre vie.  Beaucoup d’entre nous se retrouveront sûrement dans ce rétrécissement de notre univers amplifié par le froid. Et cette distanciation sociale qui nous pèsent… Des illustrations et des chroniques d’humeur signées par Babette Koenig styliste-illustratrice.
Vous pourriez également aimer l’une de ses précédentes chroniques intitulée Bal masqué.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.