Hit instagram avec ses animaux, la collection capsule Louis Vuitton x Grace Coddington

La collection capsule  avec ses motifs animaux en version décalcomanie marque un tournant par rapport aux précédentes collections du malletier. Après avoir flirté avec le street art et Stephen Sprouse il y a 10 ans,  Louis Vuiton a capitalisé sur de nombreuses collaborations avec des artistes : la japonaise Yayoi Kusama et ses pois fascinants,  l’américain Jeff Koons et sa collection Masters qui revisitait cinq tableaux de maître iconiques sur des sacs l’an dernier. Cette année, la collection signée Grace Coddington, la mythique directrice artistique de Vogue US, emprunte les codes d’Instagram avec ses motifs chats et chiens. Une capsule intitulée Catogram qui séduira les millennials fans des réseaux sociaux, des photos et vidéos d’animaux qui y prolifèrent et de logomania.

animaux

Cohabitation du monogramme Louis Vuitton avec les animaux de compagnie de Nicolas Ghesquiere et Grace Coddington

Dans le cas présent, ce n’est plus l’art qui est détourné et récupéré par les maisons de luxe, mais les codes des réseaux sociaux et leurs nouveaux héros que sont le chat ou le chien. Des animaux de compagnie que les maitres donnent à voir sur leur feed personnel, instagram et facebook en tête. Le chat est la bête la plus populaire sur Instagram avec plus de 92 millions d’occurence pour le hashtag #catsofinstagram, selon le journaliste Valentin Perez du Monde M. Ici, la source d’inspiration, ce sont les deux chats de Grace Coddington et le chien Léon de Nicolas Ghesquière, le directeur artistique de Louis Vuitton. Cette fascination pour les chats a déjà inspiré à la créatrice britannique un ouvrage « The Catwalk Cats »  autour d’illustrations de la vie quotidienne de ses chats à New York ainsi qu’une collaboration parfum en 2016 avec Comme des Garçons, le flacon évoquant un chat stylisé. Le parti-pris illustré leur confère une dimension plus artistique tout en capitalisant sur la charge émotionnelle que véhiculent ces animaux.

sneakers vuitton cat

Cette capsule qui fait la part belle au monogramme LV couvre une vingtaine de pièces, du prêt-à-porter aux accessoires, avec une large fourchette de prix. Pour séduire plus facilement les Millennials, avec un foulard ou un porte clé à 350€. Mais aussi des pièces iconiques comme le sac mini malle à 3950€. Au-delà d’un prix quelquefois accessible, l‘humour et le décalage sont également présents dans la communication développée pour cette collaboration. Des visuels léchés, des films enlevés tel celui-ci qui compte plus d’un demi-million de vues en quelques jours.

Ou encore cette vidéo sur le site de la griffe de luxe. Le décalage porte également sur le choix du mannequin, jeune mini-me de l’ex rédactrice en chef de Vogue US à la légendaire chevelure flamboyante. Bien ciblée, la collab Louis Vuitton x Grace Coddington a envahi le feed Instagram de la maison Louis Vuitton durant 5 jours.

collab louis vuitton x grace coddington

De plus, pour donner davantage de matérialité et de tangible à cette collaboration, Louis Vuitton lui dédie une boutique éphémère dans le quartier de Meatpacking district à New York. Logique puisque c’est aux Etats-Unis que la créatrice dispose de la plus grande notoriété ! Avec une mise en scène qui met l’accent sur le logo de la griffe, en écho à la logomania des Millennials et de la génération Z. D’ailleurs, ce part-pris est également repris par l’ensemble des marques de luxe au vu des collections présentées à la Fashion Week. Le logo s’affiche ostensiblement sur les ceintures chaines de Chanel, les sneakers Prada, les épaulettes Balenciaga et avant tout chez Gucci. Burberry n’est pas en reste avec la création du monogramme TB par Riccardo Tisci (cf article du blog)

Expo Irving Penn : ce maître de la photographie a connu toutes les techniques

Subjuguée par l’expo Irving Penn au Grand Palais, j’ai souhaité partagé avec vous quelques oeuvres de ce maître de la photographie. Une exposition organisée pour le centenaire de la naissance de ce grand photographe aux multiples talents, un photographe qui au cours de sa longue vie (1917-2009) aura connu toutes les techniques de la photographie : Rolleiflex, argentique et numérique. Présentées sur deux niveaux, toutes ces oeuvres ont été prêtées par le Metropolitan Museum.

photo mode Irving Penn

Irving Penn, spécialiste de la photographie de mode, mais pas seulement

Photographe pendant plus de 60 ans pour le magazine Vogue, Irving Penn est aussi un maître de la photographie de portrait, de nus, de nature morte et de clichés ethnographiques. Il débute sa collaboration avec le magazine à 23 ans par des natures mortes. Des natures mortes à même de raconter des histoires par les traces laissées par les protagonistes : tache de rouge à lèvres, allumette brûlée…

dali

Après la guerre, il réalise une série de portraits de personnalités connues, telles Salvador Dali, Audrey Hepburn ou l’écrivain Colette.

Colette

Des portraits effectués en studio où tel un peintre, il monte le décor d’une grande sobriété pour laisser exploser la personnalité de ses célèbres modèles.

photographie

À partir de 1950, il s’enthousiasme pour la photographie de mode et vient à Paris pour shooter les présentations des couturiers. Là encore, il privilégie le cadre d’un studio pour construire ses visuels, éloigné de la fébrilité de ce microcosme. Irving Penn use de la lumière naturelle pour magnifier les mannequins. Il y rencontre sa future seconde épouse, Lisa Fonssagrives qui prendra la pose de nombreuses fois devant son objectif avec une grande complicité.

Fin 48, Vogue l’expédie au Pérou pour ses premières photos de mode en extérieur. Il en profite pour réaliser des centaines de clichés des habitants de Cuzco en vêtement traditionnel. Puis, il s’intéresse aux petits métiers, la plus nombreuse série de sa carrière. Le photographe américain fait poser les artisans avec leurs outils ou accessoires en noir et blanc à Paris, Londres ou New York, en parallèle des commandes de photos de mode.

Petits métiers

La dernière partie de l’expo est consacrée à ces derniers travaux réalisés en numérique, notamment ce visuel empreint d’une forte sensorialité.

Exposition Irving Penn au Grand Palais

Du 21 septembre 2017 au 29 janvier 2018
Ouvert tous les jours de 10h à 20 H sauf le mardi.
Nocturne jusqu’à 22h le mercredi
Tous les détails sur le site du Grand Palais ici.

Reunion émouvante des top models des années 90 sous l’oeil de Peter Lindbergh

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Depuis 40 ans, Peter Lindbergh marque de son empreinte le papier glacé des magazines. Amoureux des femmes et du noir et blanc, il signe encore une séquence photos mémorable pour Vogue Italie, réunissant les top models des années 90. Des photos riches d’émotions parues dans le numéro de septembre, sublimant ces supermodels telles qu’on les appelait à l’époque, épanouies et muries par la maternité, le temps qui passe…Un véritable hommage à la femme, qui nous met du baume au coeur pour cette rentrée 2015. On retrouve dans ces visuels la relation forte entretenue par le photographe avec ces muses, sa patte élégante et fine. Sous l’objectif du maître Peter Lindbergh, on perçoit leur fragilité, leur humour, leur entente….Le temps est comme arrêté pour saisir l’instant présent. Découvrez les clichés les plus forts du shooting de Peter Lindbergh, ce photographe décédé ce mercredi 4 septembre à l’âge de 74 ans. Des images intemporelles ! (NR le 4/09/2019)

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L’américaine Cindy Crawford toujours au top
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La danoise Helena Christensen toujours sexy
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Les top models Tatjana et Nadja
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Eva Herzigova craquante !

Voir également ci-dessous The Reunion, le making-off réalisé par Peter Lindbergh lui-même. Je vous recommande de prêter attention à la bande-son, certes en anglais, car it’s just feel-good ! (paru sur Nowness, la plateforme branchée luxe appartenant à LVMH). Impressionnant de voir combien ces top models : l’américaine Cindy Crawford, l’allemande Nadja Auermann, la tchèque Eva Herzigova, la black Karen Alexander, la danoise Helena Christensen et Tatjana Patiz ont su gérer leur beauté dans le temps. Un capital beauté toujours aussi fascinant.

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La top model black Karen Alexander
Le photographe Peter-Lindberg et ses muses
Le photographe Peter-Lindberg et ses muses


Espérons que les marques de cosmétiques se tourneront vers ces visages si intenses et intéressants pour les prochaines campagnes publicitaires de produits anti-âge ! Elles gagneraient ainsi en émotion, authenticité et proximité.  Elles capitaliseraient sur les valeurs que ces muses sont à même de transmettre. A l’instar de Dior pour Capture Totale Dream Skin (cf article du blog) qui a choisi Eva Herzigiva comme mannequin.

Vogue investit le Printemps Haussmann, une expérience de marque multi-sensorielle

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Offensive communication de Vogue sous l’angle du shopping, de la gourmandise et de la culture. Le magazine investit le Printemps de la Mode en théâtralisant les escalators avec ses immenses affiches de couverture et en ouvrant un café éphémère, le Café Vogue du 24 janvier au 2 mars, boulevard Haussmann. Un lieu où on ne l’attendait pas. Il poursuit ensuite avec l’expo Papier Glacé au Palais Gallliéra, Musée de la Mode de Paris situé en face du Palais de Tokyo.

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Scénographie visible depuis les escalators
Scénographie visible depuis les escalators

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Dans l’atrium du Printemps de la Mode, le titre se met en scène dans un espace évoquant un appartement cosy où s’affichent ses couvertures mythiques, dans une ambiance déco des années 50 avec des meubles scandinaves, c’est un véritable café de la mode. Vogue s’incarne ainsi dans cet espace au travers du choix du mobilier, des couleurs et des imprimés, de la ponctuation apportée par les couvertures et le stylisme mode sélectionnés par la rédaction, voire même jusqu’à la carte du café. Une forme de storytelling multi-sensoriel. Pour Daniel Bo, on communie avec la marque via le canal gustatif, c’est un mode supplémentaire d’expression.
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Avis aux modeuses, la gourmandise n’est pas perdante, mais version bruyante avec tout le va et vient des escalators. Les mini-macarons sont à moins de 2€ pièce, tentant n’est-ce pas ? Pour ma part, je préfère aux beaux jours la terrasse panoramique du Déli-cieux tout en haut du Printemps de la Maison.
Vogue
Hugo&Victor
Gourmandise, disais-je. En effet, la Maison Hugo&Victor aux pâtisseries spectaculaires inspirées par la cuisine moléculaire, y propose sa carte salée et sucrée. Vous pouvez également consulter le magazine, des exemplaires y sont mis à disposition.

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Dans la foulée à partir du 1er mars, le Palais Galliéra  ouvrira ses portes avec l’exposition Papier Glacé qui donnera à voir 150 clichés de mode de Condé Nast de 1918 à nos jours.

Une opération de comm sur tous les fronts pour toucher un public large et augmenter la puissance des marques media du groupeCondé Nast. L’objectif est d’asseoir la marque Media dans les univers de la culture, de la mode et du luxe, c’est un enjeu marketing, financier, voire capitalistique. A rapprocher des actions menées par la marque Elle, une marque qui se déploie dans le monde entier, en magazine et en digital, en féminin mode, déco avec Elle déco, culinaire avec Elle à table et en masculin, le tout nouveau Elle Man, en version mode avec sa propre ligne de vêtements. 

Café Vogue, café éphémère  au Printemps Haussmann, 64 boulevard Haussmann, 75009 Paris,  jusqu’au 22 mars.