Reine de la cosméto bio & chic, Tata Harper plante sa serre en France

J’ai eu cette semaine l’occasion de croiser et de dialoguer avec Tata Harper, la reine de la cosméto bio et chic, voire luxe. Des échanges en français et en anglais puisque cette belle américaine vivant dans le très chic et green Vermont maîtrise la langue de Molière. Papesse des soins cosmétiques naturels et bio, elle poursuit sa route sur des terrains chics comme Le Bon Marché, le 1er magasin à l’avoir choisie en France. Et continue de monter en gamme en se spécialisant sur l’anti-âge et en recourant aux biotechnologies.

Tata Harper reine bio
Tata Harper, la reine des soins bio & chic

Quand je l’ai interrogée, elle m’a précisé que dans la conception de ses produits, elle donne la priorité aux ingrédients naturels, au bio et au développement durable. Et dans cet ordre, la naturalité est la clé à ses yeux. Visionnaire, elle a anticipé et compris l’intérêt majeur de la haute naturalité (teneur maximale en ingrédients naturels : 100%) dès 2010. Elle l’a croisé avec les préoccupations environnementales croissantes. En se concentrant sur le soin de la peau, sa marque éponyme est empreinte de bio et de green sans réelle considération sur le prix. Elle n’hésite pas à rallonger les formules des produits en ajoutant toujours plus d’actifs naturels (jusqu’à 43, loin des préoccupations de la Clean Beauty minimaliste). Tout en s’appuyant sur de nombreuses cautions tendance : Ecocert et Vegan. Et de fait, elle se positionne sur le segment très haut de gamme du bio et de l’anti-âge. Sur la qualité et le luxe des packagings, elle ne fait pas de compromis. Ils sont en verre (matériau totalement recyclable) mais les pompes, elle ne le sont pas. 

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Crèmes bio & chic : le pari audacieux de Tata Harper. Les raisons du succès

Un pari audacieux et singulier que Tata Harper a réussi grâce à un storytelling efficace, l’adoption des codes du luxe (gamme monochrome verte et or) et le soutien de nombreuses célébrités en phase avec son art de vivre. Très tôt, elle a compris l’intérêt de proposer une vision holistique de la beauté, un art de vivre complet avec sa Beauty Farm, sa production sur place dans le Vermont et sa propre mise en scène. Car elle incarne elle-même cet art de vivre associant nature et chic, décoration verte et antiquités…

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La serre que Tata Harper a installée au 1er étage du Bon Marché présente une riche scénographie alliant nature & chic, nature & science botanique à l’image de ses croyances et de son propre art de vivre. Vous y découvriez également ses passions pour la lecture et le jardinage : au-delà de la mise en scène des crèmes visage, cette serre a une âme !
Green House Tata Harper
Le Bon Marché 1er étage au sein de l’espace Lingerie.
Du 14 septembre au 27 octobre 2019

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Désireuse de clarifier les notions de cosmétique naturelle, cosmétique bio, vegan, et Clean Beauty, vous pourriez lire également cet article du blog.

Boom des cosmétiques naturels ou green : le flou autour de la communication

Face aux préoccupations sociétales et de santé, les cosmétiques naturels connaissent un véritable boom ces 3-4 dernières années. Aux Etats-Unis comme en Europe. Dans la presse, les sujets de cosmétique naturelle, bio ou green pullulent. Au rythme de créations de nouvelles marques indies (indépendantes) ou de lancement par les marques établies. L’absence de définition précise pour la cosmétique naturelle et la multiplication des différentes certifications (bio, vegan..) rendent les contours flous pour ce marché en pleine croissance.

green

Si la cosmétique certifiée bio se limite en France à 1% du marché, le terrain de jeu des cosmétiques naturels est beaucoup plus vaste. D’autant moins contraignant en termes de formulation qu’il ne requiert que 75% d’ingrédients d’origine naturelle. Charge aux marques et aux produits de communiquer sur des taux pouvant atteindre 95% et plus. 
Flou artistique et aspiration forte des consommateurs pour le naturel et le respect de l’environnement entretiennent les ventes, tout comme le fait que les distributeurs sélectifs élargissent leur rayon dédié ( Sephora, Le Bon Marché, Le Printemps….) ou encore Birchbox.

Les cosmétiques naturels font écho à la demande de transparence et de naturalité des consommateurs

Suite aux enquêtes d’UFC – Que choisir et aux études scientifiques dénonçant certains conservateurs et autres ingrédients chimiques comme perturbateurs endocrininens, allergènes ou iritants, les medias et les consommateurs ont pris conscience de l’intérêt de la Clean Beauty – la beauté Sans. La beauté sans paraben, sans phtalate, sans OGM, sans phénoxyethanol, sans silicone, sans parfum ou colorant de synthèse…Ils sont désormais en demande de transparence et d’ingrédients naturels (sous réserve d’efficacité et de sensorialité bien sûr). Dans l’absolu, les consommatrices françaises comme les américaines se tournent davantage vers les cosmétiques naturels ou green. Une cosmétique davantage soucieuse de l’environnement et de l’engagement sociétal.

Tata Harper

Ce mouvement prend de l’ampleur et fait notamment le succès de marques niches premium comme Tata Harper aux Etats-Unis, Absolution en France. Des marques vendues avec du conseil dans les grands magasins Bon Marché et Printemps. Positionnées à des prix d’accès du sélectif (parfumeries), elles ont les moyens de se battre sur la qualité car certains ingrédients d’origine naturelle et durable sont plus coûteux. De même, les packagings airless (sans reprise d’air) qu’elles adoptent, permettent de supprimer les conservateurs d’origine chimique. Mais avec des dates de péremption plus courtes. Surfant sur cette nouvelle prise de conscience, la start-up Birchbow a ouvert la catégorie « Ingredient Conscious » sur son e-shop Corner Green.

cosmétiques naturels

Le flou de la définition et la confusion des labels entretiennent la cosmétique naturelle, bio ou pas.

De plus en plus de marques ou de lancements produits revendiquent une forte teneur en ingrédients naturels, au-delà de 90%. C’est une faible contrainte de formulation pour les produits de nettoyage, notamment les lotions ou même pour les crèmes hydratantes simples à forte teneur en eau. En revanche, il est plus difficile d’atteindre 25ù ou 50% d’ingrédients issus de l’agriculture bio. En effet, les fleurs sauvages, les vitamines, les minéraux qui sont de précieux actifs, échappent à la définition du bio puisqu’ils ne sont pas cultivables. De même, l’eau ne peut être bio. C’est pourquoi de nombreuses marques à l’instar de Garnier ne communiquent que sur le taux élevé d’ingrédients naturels (lancement SkinActive). Naturel mais pas bio. 

De plus, le foisonnement de labels de certification – Ecocert, Cosmebio, Natrue ou Vegan – rendent flou l’offre produit. Le sujet vegan et les tests sur animaux pour la législation chinoise ont entrainé une lourde polémique sur les réseaux sociaux avec L’Oréal (lire l’article du blog ici

Enfin, le prix des tests et dossiers pour obtenir la certification rebute plus d’une marque. Seules les plus militantes s’engagent dans la voie du Bio. Lire ici l’interview de la fondatrice de la marque Absolution sur le blog.