La papesse du papier Marianne Guély dévoile ses créations arty, interview

Paper artist, designer et scénographe, Marianne Guély m’a accueillie dans son Studio pour une interview. Je suis littéralement tombée sous le charme onirique de ses créations, des sculptures en papier alliant légèreté et force à la sensorialité de ce matériau noble. Travaillant pour les grandes maisons de luxe, Dior, Cartier… elle crée des scénographies pour des évènements, pour des vitrines ou des lancements, toutes empreintes d’une grande poésie.

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Son savoir-faire s’étend au-delà du papier sous toutes ses formes et déclinaisons. Cette designer travaille également le métal, l’albâtre et certains cuirs adaptés à la découpe. Sa marque de fabrique, ce sont les pliés, dépliés, découpés qui donnent vie et forme à ces matériaux. Ses sculptures, toujours fines, peuvent être de petite taille ou géantes en fonction des scénographies et des histoires à raconter.

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Vous vous êtes dédiée au papier, comment est née cette passion ?
Je viens du livre (Ecole Estienne ou école des arts du livre). J’aime raconter des histoires et je suis férue du matériau papier. Il est à la fois léger et aérien, support d’écriture et support de décor quand il est plié. Des histoires féériques se racontent à travers les pliages. Déjà petite, j’aimais réaliser des installations en fond de classe à l’aide du papier.  

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Qu’est ce qui a nourri la création et la vie du Studio Marianne Guély depuis 2001 ? 
Au sein du studio, je rassemble architectes d’intérieurs, graphistes et designers produit sur la base de dessin. Nos savoir-faire déclinent la découpe du papier : découpe classique, découpe numérique, découpe laser, découpe à la platine…

showroom Marianne Guély

Où vous sourcez-vous en papier ? Ce papier qu’on a envie de toucher, de palper, de sentir.

J’aime chiner du papier dans le monde entier, en particulier au Japon. C’est le paradis du papier, notamment du papier à partir de bois de mûrier. Un papier qui a la particularité de blanchir dans le temps. Certains fournisseurs viennent me voir directement. Je suis à la recherche de papier au pH neutre.

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Vous travaillez beaucoup pour l’univers du parfum.

La touche olfactive en papier est le premier contact avec le parfum. Parmi mes dernières créations, j’ai confectionné les touches olfactives pour les parfums Cartier. Vous pouvez les découvrir dans le nouveau stand Cartier au nouvel espace Beauté du printemps Haussmann. Au 1er étage. Fruit d’échanges avec la parfumeur Mathilde Laurent, elles illustrent les animaux emblématiques de la maison Cartier.

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Par ailleurs, j’ai réalisé pour le mall Landmark de Hong Kong une soixantaine de singes sculptés dans le métal. Ils s’intégraient à une scénographie de jungle avec des fleurs de papier géantes à l’occasion du Nouvel An chinois.

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Son studio est un véritable cabinet de curiosité. Marianne Guely y accumule ses créations mais aussi ses sources d’inspirations telles ces boites anciennes de poudre, au gaufrage exceptionnel.

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Studio Marianne Guely, 46 rue de Provence, 75009. Plus de détails sur le site marianne-guely.com

Art numérique et gastronomie : expérience immersive poétique dans un restaurant japonais

Voici la 3ème installation d’art numérique de Teamlab, cette fois-ci dédiée à la gastronomie japonaise. Ce collectif d’artistes digitaux japonais réalise des prouesses multi-sensorielles et poétiques pour nous immerger dans un monde onirique. J’ai pu ainsi en faire l’expérience de leur installation au salon Maison&Objet l’an dernier.

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Retour à Tokyo pour cette installation dans un restaurant gastronomique spécialisé dans la viande de boeuf de Saga. D’où son nom, Sagaya. Art numérique et gastronomie se combinent pour le plus grand plaisir des papilles, des yeux et des oreilles. A chaque plat, le décor évolue ainsi avec poésie et raffinement. Des projections en mapping à l’unisson avec la subtilité et l’ornementation des mets. Murs, tables, couverts en céramique vibrent et évoluent au gré du menu découverte Omakasé. Décuplant l’expérience gustative car il a été prouvé scientifiquement que la vue participe à l’appréciation du goût. J’ai d’ailleurs pu moi-même vérifier qu’en modifiant la couleur des mets avec des colorants, on en changeait l’appréciation gustative. Et toute la gastronomie japonaise est basée sur ce principe. Découvrir cette expérience immersive en image.

Ce n’est pas sans rappeler l’atmosphère des repas chez Senderens, place de la Madeleine. Pour ceux et celles d’entre vous qui ne l’ont pas connu, ce haut-lieu gastronomique associait dans un décor haussmannien avec boiseries Majorelle, des tables blanches en corian au toucher soyeux et projection poétique florale aux couleurs changeantes pour l’ambiance. Une décoration signée de l’architecte Noé Duchaufour-Lawrance il y a 5 ans. Et aujourd’hui une expérience riche en émotion dans ce restaurant qui a repris le nom de Lucas-Carton.

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Cette tendance autour de l’art numérique et des multiples possibilités qu’il offre, devrait inspirer d’autres restaurants de par le monde.
Plus de détails sur les installations réalisées par teamlab ici. Découvrir également les 2 articles que je leur ai dédié sur le blog : Poésie japonaise, une installation de fleurs au plafond d’un musée à Tokyo et Déco 2.0, installation poétique et lumière au salon Maison&Objet.