Green Beauty, Blue Beauty: les couleurs de la cosmétique engagée

La crise sanitaire aura accéléré l’émergence d’une cosmétique engagée que ce soit dans la Green Beauty en prenant des engagements pour le développement durable. Que ce soit dans la Blue Beauty en privilégiant le respect et la préservation des océans. Les consommateurs attendent aujourd’hui des marques de beauté qu’elles créent du sens, qu’elles choisissent un purpose, une mission à l’instar du pionnier, le groupe Rocher. Aux côtés de nombreuses jeunes marques ou de start-ups cosmétiques, de grandes marques internationales se mettent à communiquer sur leurs engagements. Garnier, Clarins, Chanel précisent leurs actions dans le domaine écologique ou caritatif.

green beauty
© Sabine Villiard

Désormais marque Cruelty Free, Garnier clame son engagement dans la Green Beauty, une beauté plus durable.

Parce que Garnier s’est retirée depuis quelques années du marché chinois, elle est la première marque du Groupe L’Oréal à se revendiquer mondialement Cruelty Free. Pour obtenir cette certification, la marque cosmétique a du faire vérifier pas moins de 3000 matières premières auxquelles elle recourt dans ses formules auprès de 500 fournisseurs. Parallèlement, Garnier communique sur sa ligne de cosmétique bio et le shampooing solide Ultra Doux pour ancrer son image dans la Green Beauty. Un concept aujourd’hui flou, aux contours qui oscillent entre les produits certifiés bio, l’intégration du développement durable dans le cycle de développement du produit avec l’utilisation de plastique recyclé ou recyclable. Mais, un concept attractif, qui donnent un sens supplémentaire à la cosmétique, un supplément d’âme qui séduit les jeunes générations Y et Z.

La Blue Beauty concentre ses efforts sur le respect des océans, un engagement prôné par Ren Skincare, Laboratoires Biarritz.

Ces marques cosmétiques mettent l’accent sur l’abandon du matériau plastique et sur la sélection rigoureuse d’actifs et ingrédients cosmétiques non suspectés de nuire à la faune et aux coraux des océans. À l’instar de certains filtres solaires. Quant au plastique, il est fortement critiqué car c’est un dérivé du pétrole, au coût environnemental élevé, compliqué à recycler. On estime que 5 à 12 millions de tonnes de plastique polluent les océans chaque année. Une ressource fondamentale pour l’équilibre de notre planète. L’industrie cosmétique est un contributeur notable de la crise du plastique. Elle produirait plus de 120 milliards de packaging selon le groupe Zero Waste. Des packagings en majeure partie en plastique. Au-delà du discours, il importe également que ces cosmétiques soient efficaces et agréables à utiliser. J’ai ainsi testé le stick lèvres solaire des Laboratoires Biarritz, Un stick lèvres fort utile en ce moment quand elles sont exposées à un soleil qui darde et à un vent froid qui les dessèche. Sans compter l’été quand on fait du bateau, ou l’hiver du ski. Un coup de soleil sur les lèvres, c’est vraiment très douloureux ! La texture de ce produit solaire est légèrement teintée pour offrir un niveau de protection plus élevée (SPF30). En effet, les pigments exercent une action protectrice face aux rayons UV. De fait, il faut veiller à bien l’étaler. Mais il se laisse rapidement oublier sans arrière-pensée. Puisqu’une étude indépendante a montré aucun impact sur les coraux, les micro-organismes marins ou les algues.

Baume à lèvres – Mer et montagne – Laboratoires de Biarritz – 15ml – 10,90€

Quant à la marque britannique Ren, elle a tôt pris le virage de la lutte anti-plastique en modifiant ses packagings pour adopter du plastique recyclé. (cf article du blog). Sa démarche est d’autant plus intéressante qu’elle a rallié à cette cause d’autres marques : Caudalie, Herbivore… En assumant une plus grande responsabilité environnementale dès l’éco-conception et tout au long de la chaîne logistique, les marques de beauté construisent une relation plus émotionnelle avec les consommateurs. En renforçant leur confiance, elles créent plus de fidélité.

Plastique & cosmétique: REN veut respecter la planète et la peau

Sensibilisés par les media aux problèmes environnementaux dus au plastique, nous sommes de plus en plus vigilants sur les contenants en plastique, mais aussi sur le suremballage. Notamment pour nos achats cosmétiques. S’en suit un changement profond de l’industrie de la cosmétique. Cap sur l’une des marques pionnières et engagées, REN skincare.

plastique recyclé soin

Une marque anglaise éco-engagée

La marque REN Skincare a pris le sujet à bras le corps sans greenwashing. Dans ses innovations, REN privilégie des principes centrés sur la responsabilité environnementale. Éco-responsable, elle rénove progressivement ses packagings pour réduire la consommation de plastique et réduire les déchets. Dès le début, il y a 20 ans, la marque a choisi des encres végétales pour ses étuis et étiquettes, puis le carton recyclé. Elle s’engage aujourd’hui sur la promesse du zéro déchet en 2021, un horizon proche. Depuis deux ans, elle met l’accent sur le plastique. En effet, le choix du plastique est crucial pour l’environnement. Selon Plastic Oceans, la production de plastique à large échelle a augmenté de 2 millions de tonnes par an dans les années 50, à 300 millions de tonnes cette année. Ce qui signifie que nous avons produit sur ces deux dernières décennies autant de plastique que durant tout le XXème siècle. Dont 70% au minimum ne serait pas recyclé. L’industrie cosmétique recourt fortement au conditionnement plastique pour les produits capillaires (shampooings, après-shampooings, masques) et hygiène (gel-douche, savon liquide, tonique, eau micellaire…). Ou pour des produits plus sophistiqués comme les soins visage vendus en flacon-pompe. La marque premium REN privilégie le plastique recyclé et recyclable pour ses packagings. Elle accepte des concessions esthétiques pour remplir cet objectif éco-responsable. Ainsi, elle a lancé l’an dernier un gel-douche énergisant dans un flacon en plastique 100% recyclé. Composé à 20% de plastique provenant des océans et à 80% d’anciennes bouteilles vides. Un packaging éco-conçu puisque même la pompe ne comporte pas de ressort en métal. La contre-partie esthétique : il n’est pas totalement transparent, cristal, mais fumé.

gel douche plastique recyclé

Autre produit éco-conçu, la crème solaire matifiante visage dont le tube est réalisé avec 50% de plastique recyclé, la capsule 100%. Pour avancer, la griffe incite également les fournisseurs à innover dans le domaine du plastique recyclable que ce soit pour les pompes, les capsules… Filiale d’Unilever, elle joue sur la puissance du groupe.

Au-delà du plastique, Ren opte pour la Clean Beauty avec des formules courtes qui vont à l’essentiel

Le terme Clean Beauty, quoique récent, est très en vogue. Sa définition reste floue puisqu’il s’agit de cosmétiques qui privilégient des listes d’ingrédients courtes (INCI), des actifs entachés d’aucune suspicion de toxicité et beaucoup de transparence vis à vis des consommateurs. Dans la réalité, il s’agit davantage de valeurs de marque et d’écarter les ingrédients synthétiques agressifs pour la peau ou potentiellement irritants. L’objectif étant d’expliquer le choix des ingrédients et de bien scorer sur les applis type Yuka ou Clean Beauty. Pas d’objectifs particuliers en termes de naturalité, de vegan ou de bio. Pas de certification reconnue non plus. Pour REN skincare, cette dimension est dans la genèse de la marque. Son nom REN signifie Clean en suédois. Ainsi, le soin de protection solaire n’utilise pas de filtre chimique, mais un filtre minéral, de l’oxyde de titane (comme les marques bio). Pour ne pas polluer les océans…Ce produit est d’ailleurs également vegan.

protection solaire eco

Mon AVIS : une belle formule, une texture qui s’étale bien et laisse un fini mat sur la peau. Parfait pour une utilisation quotidienne si l’on veut se protéger des méfaits des UV (accélération du vieillissement de la peau, apparition de taches brunes…) Dans son discours, la marque a du évoluer passant du No.. (en français sans) au positif. Un changement imposé par les nouvelles réglementations en 2019. cf cet article du blog.

Cet engagement est la clé de succès auprès des trentenaires. Depuis que REN skincare communique fortement sur son engagement sur le développement durable avec son ambassadrice Lizzie Carr et son partenariat avec Surf Rider ou Loop, la marque décolle. Malgré son positionnement premium : les produits se vendent autour de 40 à 45€ en moyenne. Elle est en vente dans 700 points de vente, dont Le Bon Marché au 1er étage, les boutiques Oh my cream et le réseau de parfumerie Nocibé. Les trentenaires, cible privilégiée de la marque, sont souvent en pointe sur ce sujet, ils vérifient que le packaging des produits de beauté sont bien respectueux de l’environnement. Et de nouvelles applis vont certainement les aider dans ce sens en privilégiant les marques cosmétiques qui s’engagent dans le développement durable. Car l’impératif écologique est plus que jamais présent à leur esprit.
Autre moyen incitatif pour faire évoluer l’industrie cosmétique, la taxe plastique s’impose peu à peu dans les esprits. C’est notamment le projet du gouvernement britannique, qui suggère que les packagings qui contiennent moins de 30% de matière recyclée soient pénalisés.
Au-delà de la cosmétique, la mode est le principal acteur qui pollue la planète. En effet, l’industrie de la mode est responsable d’un tiers de la pollution plastique des océans. Les grandes griffes s’engagent dorénavant vis à vis du développement durable. Adidas s’est engagé à n’utiliser que du plastique recyclé en 2024. Sans compter qu’au dernier sommet de la mode à Copenhague, Kering est devenu en quelques années le porte-drapeau du développement durable. Le groupe s’était déjà engagé en 2017 à réduire de moitié ses émissions de CO2 avant 2025. Et vous, modifiez-vous vos critères d’achat ? Prêtez-vous attention au packaging et aux matériaux utilisés : verre recyclable à l’infini, plastique recyclable, plastique recyclé ?

La box de beauté ou l’abonnement 2.0, business model gagnant ou pschitt rapide ?

La génération Y ou Millennials pratique un nouveau mode de consommation : la box ou l’abonnement 2.0 pour la beauté avant tout, mais aussi le Food ou les Kids. C’est un nouveau business model dans lequel se sont engouffrées de nombreuses start-up à l’instar de My Little Box, Birchbox, Glossybox ou plus récemment Prescription Lab. Les femmes et les moins de 35 ans sont séduits par ce type de consommation découverte par abonnement. Ils représentent ainsi respectivement 77% et 51% (voire jusqu’à 72% selon les sources) des abonnés, ce sont de grands consommateurs de cosmétiques, ultra connectés. Très actifs et avant tout résidant en Ile de France, ils se font majoritairement livrés la box au bureau. L’abonnement le plus choisi est l’offre sur 3 mois, pour une somme modeste de 23€ par mois. Mais là où le bât blesse, c’est le fort taux d’abandon. Ainsi 78% des personnes ayant été abonnées à une box beauté ne le sont plus. L’intérêt s’émousse rapidement. C’est donc une offre qui lasse vite malgré le renouvellement des produits. Il faut donc impérativement pour ces start-up gagner en visibilité, en notoriété pour recruter toujours davantage de nouveaux clients.

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Prescription Lab, une nouvelle venue dans le paysage des box de beauté sur abonnement

Créée par une experte de cet univers, Sarina, anciennement L’Oréal et My Little box, Prescription Lab cible les trentenaires. Le business model de cette start-up beauté digitale associe marque cosmétique et son eshop, box sur abonnement et media on line et papier intitulé Le prescripteur. Les produits de soin Prescription Lab surfent sur la naturalité. Ils sont fabriqués en France, le maquillage en Italie où se trouve des sous-traitants à prix accessible et experts du make-up. Quant à la box beauté, elle est commercialisée à prix modique, 19,6 euros. Elle offre à la fois de produits Prescription Lab en taille réelle et côté marque invitée, un produit full size et un format voyage toujours pratique.

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Ainsi, la box de mars dédiée à la lumière Time to shine comprend un gommage corps appétissant au café et sucre Prescription Lab (au parfum addictif) et un gommage visage d’une marque bio que j’affectionne, Absolution. Interview de sa fondatrice dans ce post du blog. Plus en format voyage, un tube de soin anti-rides bio de la marque Cattier au parfum bio pas terrible. Sans compter un vernis nude Prescription Lab avec 79% d’ingrédients naturels. Il est sans toluène, sans formaldéhyde, sans phtalate de dibutyle, bref rassurant ! 

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Le livret qui l’accompagne est bien fait, il nous révèle les bienfaits de la lumière sur le corps et l’esprit ainsi que le décodage des highlighters (enlumineurs de teint) ou des interviews de femmes charismatiques. Il emprunte avec succès le ton visuel et sémantique de Stylist.

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Quant à la box de janvier placée sous le signe de la douceur, elle regroupait un baume lèvres à l’embout bisauté et au parfum/goût que j’affectionne) et un masque au charbon Prescription Lab. Produits invités : une huile sèche vaporisable pour le corps de Ren très sensuelle en format 100ml et un crayon à sourcils de l’Atelier Maquillage, un crayon expert bestseller de la marque. 

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Mon avis : cette box m’a permis de découvrir de petites marques beauté comme Cattier ou Ren. Elle crée le suspense en intégrant un cadeau de valeur (ex : bague anneau de micro diamants) à gagner dans l’une des box. Elle se distingue par la qualité et l’attractivité de son blog et livret riche de contenu varié et par sa politique intelligente sur les réseaux sociaux. En quelques mois, la jeune start-up totalise plus de 25 000 fans Facebook, 7000 follower Instagram. Un levier important puisque un quart des abonnements provient des réseaux sociaux. Prescription Lab vient tout juste d’ouvrir son e-shop, outil indispensable à sa pérennité. Au final, une idée cadeau sympa et quali pour nos copines trentenaires

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Le coffret premium de Prescription Lab

Pour gagner en visibilité et recruter de nouvelles consommatrices, la start-up leader mondial des box Birchbox (200 000 abonnées en France) n’hésite à passer au brick and mortar en installant un pop-up store au centre de New York ou de Paris au Bon Marché, plus une opération à venir à l’approche des fêtes 2017. Un bon moyen pour faire découvrir le concept et la qualité des produits. Ce d’autant plus que son business model créé en 2010 évolue avec un poids très conséquent de son e-boutique qui commercialise de nombreuses marques partenaires. Ce constat sur le non-renouvellement des abonnements a incité la division Luxe du groupe L’Oréal (Lancôme, Armani,…) à arrêter sa box.

Les vitrines de la boutique Birchbox à New York
Les vitrines de la boutique Birchbox à New York

L'installation temporaire de Birchbox au Bon Marché
L’installation temporaire de Birchbox au Bon Marché