Test sur animaux: la Chine recule enfin pour les cosmétiques français

Le label Cruelty Free va perdre de son sens alors que les autorités chinoises cessent d’exiger un test sur animaux pour les cosmétiques français en préalable de leur mise sur le marché. Une situation qui a longtemps mis en porte-à-faux les marques françaises de beauté qui exportent leurs produits en Chine. Le marché le plus dynamique au monde. Un bémol : à l’exception des produits solaires et colorants capillaires.

test sur animaux
Test sur animaux interdit en Europe pour les ingrédients cosmétiques depuis 2009, et désormais non obligatoire en Chine

La Chine & le test sur animaux: un choix stratégique, non sans conséquence sur le plan de la communication.

Jusqu’à présent, les jeunes pousses et toutes les marques cosmétiques non intéressées par le marché chinois bénéficiaient d’un avantage compétitif. Elles pouvaient clamer haut et fort le respect de la cause animale et revendiquer Cruelty Free puisque leurs produits ne font nulle part au monde l’objet de test sur animaux. D’ailleurs, une obligation en France depuis 2004. À l’inverse, la Chine et quelques autres pays conduisent encore des tests sur les produits finis importés avant d’autoriser leur commercialisation sur leur territoire. En revanche, la Food and Drug Administration chinoise a supprimé, depuis juin 2014, l’obligation de tests sur animaux pour les produits cosmétiques dits ordinaires (shampooings, soins ou parfums) fabriqués localement. La nouvelle réglementation chinoise autorise désormais les fabricants français à présenter un certificat délivré par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) attestant de la conformité aux « bonnes pratiques de fabrication » ainsi que d’une évaluation de la sécurité.  Et ce pour les cosmétiques classiques : shampoings, crèmes, maquillage… En revanche, pour les colorations capillaires ou les produits solaires, les autorités de contrôle sanitaire en Chine continueraient de réaliser des tests sur animaux avant de donner leur autorisation de commercialisation.

Cette avancée dans la lutte contre la maltraitance animale est le fruit des efforts du secteur cosmétique pour faire reconnaitre les tests alternatifs. Pour faire évoluer les réglementations vers une élimination totale et définitive du test sur animaux, dixit la Fédération des entreprises de la beauté (FEBEA). Cette dernière rappelle également qu’à ce jour, 200 méthodes alternatives à la recherche animale ont été développées et validées par l’OCDE. Elle ouvre ainsi les portes du marché chinois à toutes les jeunes marques militantes qui, par conscience, se refusaient d’y mettre les pieds. Or, les cosmétiques français remportent un grand succès en Chine. En 2019, les exportations cosmétiques vers la Chine ont bondi de 48%. Plaçant ainsi la Chine au 4ème rang des destinations pour les produits de beauté français. Une consommation intérieure qui n’a pas été affectée par la pandémie et la crise sanitaire.
Les tests sur animaux sont depuis longtemps une source de polémique, notamment pour les groupes comme L’Oréal qui exportent en Chine (cf ce précédent article du blog).