Motifs iconiques italiens : LVMH met la main sur Emilio Pucci et Etro

LVMH prend les rennes de deux marques de luxe italiennes qui ont construit leur image et leur notoriété sur des motifs iconiques : Etro et Emilio Pucci. Plus précisément, le motif Paisley pour Etro et les motifs psychédéliques qui font la signature de l’italien Emilio Pucci. La mode Etro est synonyme d’imprimés cachemires aux teintes chaudes et fondues. À l’inverse, les collections Emilio Pucci dénotent par leurs imprimés audacieux aux teintes vives et la joie de vivre qu’elles véhiculent. Décodons ces acquisitions qui prouvent une fois encore la résilience du marché du luxe.

motifs mode italienne
Les motifs iconiques des maisons de mode italiennes rachetées par LVMH

La maison de couture milanaise Etro allie savoir-faire artisanal et motifs cachemire.

Fondée en 1968 par Gerolamo Etro, qui demeure président, la maison milanaise A débuté comme un fabricant de tissus. Avant de devenir une marque de prêt-à-porter à part entière. Elle doit sa notoriété et son succès à la découverte du motif Paisley en 1981. En effet lors d’un séjour en Inde, Gerolamo Etro découvre ce motif cachemire inspiré des tissus indiens et pakistanais. Ce dessin, né en Mésopotamie, évoque la décalque des gouttelettes. Le motif Paisley est devenu l’emblème de la maison et une véritable source d’inspiration. Preuve s’il en faut, la famille italienne détient aujourd’hui une collection de motifs cachemires datant du XIXe siècle. Capitalisant sur cet héritage précieux, la marque Etro allie savoir-faire artisanal et sens unique de l’imprimé.

etro motif paisley robe

Au-delà des imprimés multicolores et les fortes inspirations bohèmes, ce sont les nombreux et méticuleux détails de tonalités qui fondent le charme d’Etro. Une mode italienne qui s’inspire des voyages de la fille du fondateur longtemps directrice de création des collections femme. Une mode alliant exotisme, ethnicité et élégance. Elle a pour points forts les textures, motifs, couleurs toute en harmonie et broderies. Etro compte aujourd’hui un réseau de 140 magasins monomarque à travers le monde. Elle possède une ligne de vêtements pour hommes, une autre pour femmes, sans compter des accessoires, des parfums, de la décoration et du linge de maison. Ses collections de prêt-à-porter féminin et masculin sont présentées chaque saison à la Fashion Week de Milan, sa ville de naissance. Pour sa dimension artisanale, son savoir-faire, la marque est souvent comparée à Hermès. La marque Etro est rachetée par l’intermédiaire du fonds de capital-investissement L Catterton cofondé par LVMH et Bernard Arnault. L’opération doit être finalisée « d’ici la fin de l’année », est-il précisé dans le communiqué.

motif pucci

Le griffe italienne Pucci désormais détenue à 100% par LVMH

En 2002, le groupe LVMH devenait actionnaire majoritaire de la marque Emilio Pucci avec 67 pour cent des parts. Pucci, c’est le chic tout aristocratique d’une maison Italienne. En effet, son fondateur, le marquis Emilio Pucci habillait les riches jet-setteuses en villégiature à Ibiza ou à Marrakech dans les années 50. De nombreuses stars d’époques différentes furent séduites par son style inimitable : Marilyn Monroe, Madonna, Nicole Kidman.

fondateur emilio pucci
Emilio Pucci, prince des imprimés aux motifs indémodables

La griffe d’Emilio Pucci est reconnaissable entre mille. Jamais statiques, les iconiques motifs Pucci parent les collections féminines d’une grande sensualité. Les pièces majeures au style flamboyant et aux lignes vaporeuses attirent le regard et monopolisent l’attention tant elles incarnent tout du récit d’Emilio Pucci, “le prince des imprimés”. Désormais, LVMH est l’unique propriétaire de la marque italienne après avoir racheté les dernières parts que possédait la famille du fondateur. Sa fille, Laudomia Pucci qui fut vice-présidente de la maison et directrice de l’image quitte ainsi le navire familial. La marque affiche des résultats encourageants ces dernières années, avec notamment un chiffre d’affaires de 46 826 millions d’euros en 2018. Ce changement de direction pourrait marquer une renaissance axée sur de nouveaux objectifs pour Emilio Pucci.

motifs collection pucci

Ces deux acquisitions de taille moyenne montrent l’attractivité du luxe italien et sa complémentarité avec le luxe français. À leurs côtés, LVMH détient plusieurs maisons du luxe italien, la griffe romaine Fendi, les cachemires Loro Piana ou encore le joaillier Bulgari.
Vous pourriez également aimer lire l’article dédié aux couleurs iconiques du luxe.

Grand Magasin: Samaritaine unit art nouveau et luxe pour un shopping cosmétique pointu

La Samaritaine célèbre ses 150 ans en réouvrant les portes du grand magasin. Elle offre désormais une expérience atypique associant architecture et design Art Déco et Art Nouveau à l’ultra luxe. Les parisiens et touristes qui s’y pressent viennent-ils admirer la splendeur de sa rénovation et effectuer du showrooming en repérant les belles marques de luxe aux sublimes écrins ? Ou pour réellement faire du shopping en l’absence de la clientèle étrangère. Plus accessible, l’immense espace beauté propose des marques exclusives et pointues que ce soit en termes de tendances ou d’ultra luxe.

grand magasin Samaritaine

Samaritaine, le grand magasin vitrine pour revisiter de grandes marques du Luxe et s’offrir une pause culturelle.

À ce joyau de l’Art Nouveau et de l’Art Déco, le groupe LVMH a offert une rénovation hors pair. Son emplacement unique ancré au coeur de Paris et sur les bords de Seine en fait une destination touristique privilégiée. Sur le bâtiment Art Nouveau datant de 1910 et signé Franck Jourdain, la restauration de la verrière et de sa structure Eiiffel aux ornementations travaillées est impressionnante. La décoration de la façade en lave de Volvic émaillée ont été dessinées par son fils Francis Jourdain et l’affichiste Eugène Grasset afin d’attirer le chaland. De même, la fresque des paons haute de 3,5m et longue de 115m est un véritable chef d’oeuvre qui a été entièrement restaurée pour retrouver ses couleurs et son éclat.

escalier grand magasin samaritaine
L’escalier mythique de Samaritaine Pont Neuf, joyau architectural

Enfin, l’escalier mythique du bâtiment a retrouvé ses ors et ses céramiques. Il offre une vue incomparable sur l’intérieur du grand magasin. Mixant références mythiques et architecture moderne, La Samaritaine offre une façade contemporaine en verre signée des architectes japonais de l’agence Sanaa, côté rue de Rivoli. Cette confrontation entre mythes et contemporain se retrouve également dans l’offre des marques de mode en mêlant luxe et créateurs. Pour parfaire l’expérience, La Samaritaine peut s’enorgueillir d’une offre gourmande décuplée avec douze lieux de restauration.

clé de peau Shiseido

Samaritaine, le plus grand écrin pour les marques de beauté accueille des marques étrangères encore non implantées en France.

C’est le plus grand espace beauté d’Europe : 3 400 m2, soit la totalité du sous-sol de la Samaritaine et une sélection de 200 marques, certaines exclusives. À l’instar de la crème de la crème, la marque japonaise ultra luxe de Shiseido Clé de Peau y installe son premier comptoir en grand magasin pour l’Europe. Son nom est typique du fraponais, c’est-à-dire qu’il est à consonance française sans être pour autant pourvu de sens. Une marque dont j’ai pu expérimenter les produits et les soins à Tokyo (cf article du blog). À ses côtés, on trouve l’anglaise Orveda crée par Sue Y. Nabi qui associe nature et biotechnologie. L’accent est mis sur les prébiotiques comme le met en exergue l’article que je lui ai dédié lors de ma visite à Londres. Plébiscitée par les Millennials et la Gen Z, la marque cosmétique abordable qui fait un tabac sur les réseaux sociaux The Ordinary (Deciem) est située au centre. Clean Beauty, liste courte d’ingrédients, prix accessible et enrôlement des influenceurs, un mix gagnant et tendance ! Depuis mars 2021, Estée Lauder a pris la majorité du capital du groupe cosmétique canadien Deciem.

the ordinary samaritaine

Revente: déposer ses articles de luxe au comptoir de Vestiaire Collective

Quand la plateforme de revente d’article de luxe ouvre un comptoir aux Galeries Lafayette Champs Elysées, elle noue un contact physique avec ses clientes. À l’ère digitale, nombre de pure players aspirent à s’établir physiquement pour toucher d’autres clients. Après une période de test, Vestiaire Collective propose désormais un service de conciergerie au sein de ce grand magasin version concept-store de luxe. Ainsi les clients peuvent venir y déposer les vêtements et accessoires de marques premium ou luxe qu’ils souhaitent vendre sur le site de seconde main.

luxe seconde main

L’opposé du click and collect, un procédé qui permet de donner une seconde vie à ces objets. En phase avec les préoccupations environnementales actuelles. Et un marché de la revente en forte croissance (à 2 chiffres) dans la mode et le luxe.

comptoir revente galeries lafayette

Un comptoir de revente Vestiaire Collective dédié aux vêtements et accessoires de luxe installé aux Galeries Lafayette Champs Elysées

La plateforme de revente créée en 2009, Vestiaire Collective, passe au phygital. Au 1er étage du bâtiment, le comptoir permet aux particuliers de bénéficier de l’expertise de Vestiaire Collective dans la revente de leurs pièces. Sur place, l’équipe s’occupe de les trier, de les enregistrer sur le site en leur créant une fiche produit, de fixer le prix de vente. Vestiaire Collective prend également en charge la réalisation de la transaction et l’expédition du colis à l’acheteur. Un service clé en main, pour lequel Vestiaire Collective prend une commission sur la vente (entre 23 et 38%, plus l’article est cher, moins le taux est important). Une commission plus élevée que si vous gérez vous-même directement la revente sur l’application, située autour de 20%. Ce partenariat avec Vestiaire Collective est une manière pour le grand magasin de développer son offre « en faveur d’une mode plus vertueuse » en favorisant l’économie circulaire. Côté Vestiaire Collective, cette conciergerie physique offre l’occasion de convertir des prospects à la revente sur internet tout en les accompagnant dans leur première démarche.

revente luxe vestiaire collective

Croissance attendue de la mode et du luxe seconde main.

L’appétence des Millennials et de la génération Z pour l’achat et la revente d’articles d’occasion et le succès des sites web de revente, dont Vestiaire Collective est le leader luxe, incitent de plus en plus de marques et enseignes traditionnelles à s’y engouffrer (cf l’article du blog sur Aigle et Petit Bateau). Des friperies traditionnelles aux applications en passant par les boutiques physiques, la commercialisation de la mode de seconde main est protéiforme. Chacun cherche à recruter de nouveaux clients intéressés par l’aspect smart et green de la seconde main. En 2019, 25% des consommateurs internationaux ont acheté un article mode d’occasion, contre 24% en 2018, ce qui représente environ 10 millions de nouveaux clients en un an pour la seconde main.

Quel est le profil des acheteurs de seconde main ?

Le cabinet Boston Consulting Group (BCG) a enquêté auprès de 7.000 consommateurs dans six pays (Etats-Unis, France, Espagne, Italie, Allemagne et Royaume-Uni). 70% d’entre eux a indiqué se tourner vers la seconde main en raison de son caractère durable, contre 62% en 2018. Les autres critères d’achat pour l’occasion sont l’aspect économique, la disponibilité et la singularité des pièces. Parmi ceux qui se contentent d’acheter de la seconde main, on distingue deux profils. Les moins de 35 ans déclarent être en quête d’articles à forte valeur ajoutée. Ils cherchent de l’expérience et une certaine authentification. Les plus de 35 ans, quant à eux, déclarent rechercher de produits uniques et exclusifs.

Voyage : le rêve incarné, réifié avec la campagne Louis Vuitton

Thème emblématique du malletier, l’Art du voyage se décline cette année autour d’une magnifique campagne publicitaire intitulée À la poursuite du rêve. Plus que jamais avec la pandémie mondiale, le voyage réifie le rêve alors que nos horizons se rétrécissent au gré des confinements.

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La maison de luxe explore la magie du voyage dans des paysages extraordinaires d’Islande

La nature sublimée est ici photographiés par Viviane Sassen. Pour la première fois, Louis Vuitton cherche à faire écho à notre âme d’enfant en choisissant de mettre en avant des silhouettes d’enfants islandais explorant ces paysages féériques . Avec une touche ludique.

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Les clés de notre imaginaire, ultime but de la campagne Louis Vuitton L’Art du voyage @vivane sassen

Ces publicités oniriques incarnent les valeurs essentielles du luxe : rêve inaccessible, dépaysement, créativité et excellence artistique. Elles mobilisent notre imaginaire, expérience ultime de luxe. D’ailleurs, le rêve avait été le thème central de la communication Hermès en 2019. L’écriture visuelle de la photographe néerlandaise joue sur le graphisme des lignes et de forts contrastes.

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Plages de sable noir et péninsules mystiques du sud de l’île, lacs glaciaires légendaires et grottes volcaniques emblématiques du Nord… La photographe et réalisatrice nous offre une parenthèse de sérénité et d’éternité. L’eau, la terre et le ciel y occupent une place prépondérante, en écho à notre envie de nature et d’évasion en cette période de crise sanitaire. Emblématiques de la maison de luxe, la malle ou les malles sont magnifiées sous la forme de totem, de sculptures ou revisitées comme instruments de percussion, de jeux.

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Quant à l’accroche À la poursuite du rêve ou Towards dream en anglais, elle souligne la désirabilité du luxe. Tout faisant le lien entre le thème institutionnel et historique de Louis Vuitton et le contexte actuel. Une campagne réalisée sous la direction de Nicolas Ghesquiere et de la directrice de création Lina Kutsovskaya.

La photographe Viviane Sassen travaille également pour de nombreuses marques de luxe au sein de la galaxie LVMH : Bottega Veneta, Louis Vuitton Homme sous la houlette de Virgil Abloh, et pour Hermès. Mais aussi pour la jeune marque de maquillage green, La Bouche Rouge créée par Nicolas Gerlier à laquelle j’ai dédié cet article du blog.

Luxe en France : attentes, perceptions des Français en 2020

Une récente étude donne à voir l’évolution de la perception du luxe en France dans le contexte actuel. Réalisée en octobre, elle interroge les Français sur leurs perceptions du luxe, son image et leurs attentes alors que le luxe traverse une crise profonde. Comment se dernier doit-il évoluer pour rester aspirationnel ? Quelles valeurs les marques de luxe doivent-elles embrasser alors que les Français ont évolué dans leurs attentes depuis la pandémie ?

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L’impact de la crise sur la perception et l’usage du luxe en France

Les évocations du luxe recouvrent essentiellement des enjeux matériels (pour 84% d’entre eux), c’est-à-dire des produits ou des expériences hors du commun, plutôt que des enjeux immatériels, comme le fait de disposer de temps, d’espace, ou de pouvoir déconnecter. En tête des évocations, on retrouve les bijoux, les voitures, la couture et les vêtements. Spontanément, deux marques y sont associées : Chanel et Dior, deux maisons fortement installées dans l’imaginaire du luxe. Les jeunes se distinguent par le fait que le luxe les fait davantage rêver (72%) et qu’ils l’associent plus à des expériences (spa, voyage..) pour 32% versus 24% pour les seniors. Confirmant ainsi les attentes de luxe expérentiel par les générations Y et Z. Dessinant également les contours du luxe de demain. Parmi le millier de personnes interrogées, 31% déclarent s’offrir régulièrement des produits ou expériences de luxe, que ce soit pour se faire plaisir (88%) et apporter une part de rêve à leur quotidien (82%), investir dans de la qualité (73%), séduire (63%) ou déclarer son appartenance à un milieu social (65%). Ainsi, les Français se différencient des clients du luxe non européens en privilégiant un luxe pour soi. Les motivations d’achat du luxe en France sont pour se faire plaisir avant tout (88%), plus que pour séduire (63%). Ils sont moins en recherche d’un luxe statutaire. C’est pourquoi ils privilégient les marques discrètes, voire invisibles et critiquent le luxe ostentatoire, bling bling pour les deux tiers des interviewés (moins vrai chez les plus jeunes). Le luxe en France fait ainsi preuve d’une grande maturité. Au global, la crise actuelle fait légèrement évoluer la perception du luxe et accentue ce qui se dessinait auparavant en filigrane, surtout auprès des plus jeunes.

Les enjeux du luxe : économiques, immatériels et sociétaux

À l’unisson, les Français sont fiers du luxe made in France et de son rayonnement international, mais ils sont capables de porter sur lui un regard distancié. Plébiscité pour son influence sur l’économie française (88%), le secteur du luxe est également perçu comme important pour conserver des métiers et des savoir-faire rares (88%). Un enjeu immatériel dont l’acuité se fait de plus en plus ressentir. Les enjeux de durabilité sont intimement liés au luxe en France. Les Français cherchent à investir dans de la qualité d’un produit qui pourra durer (73%). Au-delà de la dimension économique, ils attendent des marques de jouer un rôle sociétal, de s’engager. Ainsi la moitié estime que la crise actuelle leur fournit l’occasion de se repenser et se transformer, pour entrer davantage en écho avec les préoccupations et valeurs de l’époque. Notamment au sujet du développement durable sur lequel la marge de progression est forte. Seulement 15% des personnes interrogées décrivent l’industrie du luxe comme étant vraiment (tout à fait) écoresponsable aujourd’hui. Le défi de l’empreinte carbone est plus que jamais d’actualité. Conscients de leurs pouvoirs (d’achat), les clients du luxe exigent désormais de comprendre comment sont produits les biens et les services qu’on leur propose. Dès lors, les marques de luxe se devront de davantage mettre l’accent sur cette valeur porteuse qu’est le développement durable et communiquer sur leurs engagements concrets vis-à-vis du respect de la planète, de l’environnement et de l’économie circulaire dans l’ère post-Covid 19. Un tournant et une transparence que ces marques patrimoniales ont adoptés moins vite que les jeunes marques. Et un mouvement qui dépasse les frontières de l’hexagone puisque les jeunes consommateurs du luxe s’érigent en activistes de la société dans leur arbitrage d’achats dans le monde entier, y compris en Chine.

luxe green ethique

Etude Cételem – Enquête réalisée en ligne les 6 et 7 octobre 2020 par Harris Interactive. Échantillon de 1 017 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. L’ensemble des éléments sont à télécharger sur le site de l’Observatoire Cetelem. Vous pourriez aimer aussi lire l’article du blog sur les Millennials qui dessinent valeurs et tendances du luxe.

Artisans de mode mis à l’honneur au salon Made in France

Le salon Made in France de septembre a réuni artisans et professionnels de la mode. Des artisans qui exposaient leur savoir-faire français à même de séduire les marques qui s’engagent dans le made in France. Pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs que la crise liée au Covid ont accentué. À cette occasion, très admirative de leur travail, j’ai pu interviewé deux artisans : le brodeur Leveaux, ennoblisseur pour de nombreuses maisons et Séverina Lartigue, la créatrice experte de fleurs de soie, qui bénéficie du statut d’EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant).

artisans broderies levaux

L’ennoblissement, l’un des métiers phares des artisans français de la mode

L’ennoblissement est un métier historique dont le savoir-faire se perpétue dans des entreprises artisanales familiales. Parangon de cette expertise, les broderies Leveaux sont nées dans le Cambresis en 1937. Cette manufacture familiale s’est transmise de père en fils et c’est aujourd’hui la 4ème génération qui est aux commandes. Des artisans français qui maîtrisent toute la chaine de valeur puisque la maison achète le fil et les supports, que ce soit du tulle, du coton, de la maille ou du lin. Une expertise pointue qui lui permet de broder également sur du papier ou du métal ! Elle réalise ses propres dessins en co-création avec les donneurs d’ordre. Les broderies Leveaux travaillent des pièces uniques pour la haute-couture et des petites séries pour l’hôtellerie haut de gamme et le prêt-à-porter. Ses autres clients sont les marques de linge de maison (Descamps) ou de lingerie, intéressées par leur dentelle. Elle compte de nombreux clients à l’étranger, essentiellement en Europe et son chiffre d’affaires à l’export pèse pour 80%. Pour l’ameublement des hôtels, elle travaille directement en co-création avec les architectes d’intérieur.

artisanat made in france broderie

Comment cette affaire artisanale s’est-elle adaptée au confinement ?

Son jeune directeur, Benjamin Potencier, a décidé de ne fermer qu’une semaine en début de confinement. Très vite, il a entendu la demande pour les masques en tissu et a adapté son atelier, ses machines et le travail de ses ouvrières. Deux semaines après, il livrait les premiers masques. Des masques réquisitionnés par l’État. La secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher est même venue visiter les broderies Leveaux, à Walincourt-Selvigny, en avril dernier pour la production de ces masques certifiés made in France.

production masques made in France

Et demain, quel futur pour la manufacture de broderie ?

À l’avenir, me confie Benjamin Potencier, les cycles seront de plus en plus courts. C’est la fin des grandes séries qui génèrent des surstocks et des soldes). On va assister à des rotations rapides et les artisans français seront mobilisés pour travailler sur les dessins les plus complexes justifiant leur savoir-faire et sur toutes les matières.

Emblématique de l’artisanat français, la créatrice Séverina Lartigue fabrique des fleurs pour la haute couture

Lors du Salon Made in France (compte-rendu dans cet article du blog), j’ai pu observer le travail de cette créatrice qui allie savoir-faire et créativité. J’ai été séduite par sa démarche d’upcycling et sa capacité à transformer des matériaux usagés en véritables pièces d’art. Je vous expliquerai sa démarche dans un prochain article

Entertainment et luxe : Balmain, Gucci prennent ce tournant digital

Alors que le luxe voit ses fondamentaux bouleversés par la pandémie, certaines maisons de luxe proches des Millennials intègrent entertainment digital à leur communication digitale. C’est le cas notamment de Balmain sous la houlette de Olivier Rousteing et de Gucci.

entertainment balmain

Balmain mise sur l’entertainment culturel et digital durant le confinement

L’objectif est d’entretenir le lien avec sa communauté digitale et ses clients potentiels, de les divertir tout en enrichissant le storytelling de cette griffe de luxe. Son directeur artistique, Olivier Rousteing, fait preuve d’une grande créativité et d’une connaissance fine de ses fans en leur proposant de l’entertainment culturel. Ce, de façon éclectique : accès aux archives de la maison et aux pièces marquantes des précédentes collections (une approche classique), mais aussi des challenges créatifs et ses croquis en noir et blanc de ses modèles les plus emblématiques à colorier. Des défis participatifs où le public est invité à choisir les thèmes, tissus, coupes et couleurs des prochains défilés. Une opération au nom fédérateur #BalmainEnsemble.

coloriage Balmain

Gucci mixe entertainment et éducation sexuelle 

Plus étonnant et plus éducatif, la maison florentine Gucci embrasse une mission sociétale avec la série de podcasts #TheSexEdxGucci au croisement du sexe, de la santé et de la prise de conscience. On y retrouve ainsi Liz Goldwyn (@goldilocksg) en conversation avec des experts cliniques  de l’univers de la sexologie, de la santé mais aussi des voix culturelles, des artistes et des influenceurs qui dessinent un dialogue autour du sexe, du genre, de l’entertainment et du bien-être.

Gucci community

Quant à la marque Karl Lagerfeld, elle propose le programme Together with Team Karl, destiné à engager et à inspirer sa communauté avec des activités, des cours et du contenu d’entertainment. Célébrant un sens aigu de la communauté, ces performances incluent différents membres de la #TEAMKARL : une leçon de dessin par le directeur artistique), une séance d’entrainement par Sébastien Jondeau (ambassadeur de la marque), ou de yoga par une employée de la marque, professeur de yoga.

La musique s’inscrit au coeur des propositions d’entertainment de  Bottega Veneta, de Louis Vuitton et de Kenzo

La griffe italienne embrasse large avec Bottega Residency, une résidence d’artistes musiciens, mais aussi des recettes de chefs talentueux, étoiles montantes de la scène gastronomique et même un film du dimanche soir. Bottega Veneta déploie son offre sur l’ensemble des réseaux sociaux du monde Instagram, Youtube, Weibo, WeChat, Line, Kakao, Spotify, Apple Music, SoundCloud. Sans compter un mini-site dédié.

Yayoi Kusama FondationLouisVuitton

C’est au travers de sa fondation que Louis Vuitton délivre un contenu artistique au travers des artistes qui y ont exposé comme la japonaise Yayoi Kusama et musical sous  #FLVchezvous. Vous pouvez ainsi revivre les concerts de la classe d’excellence dirigée par Gautier Capuçon ou encore le récital donné par Boris Berezovsky (piano) et Henri Demarquette (violoncelle) sur le site de la fondation.

Quant à la marque Kenzo, elle a décidé de lutter contre la solitude et l’ennui des internautes. Elle propose des événements hebdomadaires organisés en direct sur Instagram, pour distraire la communauté Kenzo. Le lundi est consacré à la musique avec la mise en ligne de playlists, des ateliers sont orchestrés le mercredi, et des performances musicales live le vendredi. 

Dystopie visionnaire, la pub Balenciaga résonne avec le confinement

Marque de luxe engagée pour l’environnement, Balanciaga signe une publicité alarmiste et visionnaire sous la forme d’une dystopie de 4 minutes. Visionnaire car elle fait écho à notre mode de vie du moment : confinement, succès de l’info en continu sur la propagation du coronavirus et décompte des victimes… Elle a ainsi été postée avant le confinement italien le 19 février sur les réseaux sociaux et tournée bien avant.

La pub Balenciaga donne à voir une dystopie apocalyptique, ambiance pandémie

Cette vidéo publicitaire met en scène les vêtements structurés de la collection été 2020 Balenciaga dans une parodie de chaine d’information en continu, à l’instar de BFM TV Avec des bandeaux d’information qui résonnent avec aujourd’hui. No more traffic jam, pedestrians are back. Plus d’embouteillages, les piétons sont de retour. Vision alarmiste d’un monde apocalyptique en écho à l’urgence climatique. Des images anxiogènes qui font écho à ce que nous traversons : rues désertées, décompte des hospitalisations, des réanimations et des décès dus au coronavirus de par le monde. La musique techno lancinante accentue l’angoisse provoquée par cette fausse chaine d’information en continu aux journalistes au regard fixe et aux lèvres mobiles.

dystopie

Une allure robototique et un traité proche des nouveaux filtres des réseaux sociaux. Ce film dystopique réalisé par Will Benedict présente une dimension à la fois écologique et politique. Avec d’un côté, l’annonce de la rareté de l’eau, voire de sa disparition. De l’autres, des politiciens portant les pièces de la nouvelle collection Printemps été 2020 Balenciaga en lice pour de nouvelles élections. Le traité adopté souligne la langue de bois politique.

Cet ovni publicitaire s’inscrit dans la lignée de l’esprit de la collection Balenciaga été 2020

Elle avait été présentée à la Fashion Week d’octobre 2019 à Paris. Son directeur artistique, le géorgien Demna Gvasalia a su imposé depuis 2015 sa vision sombre du futur et ses messages. Ainsi, lors du défilé d’octobre, l’esprit dramatique était accentué par des mannequins à l’expression fermée, voire courroucée dans un décor de fin du monde. Quelques top models portaient même des prothèses faciales. Quant à ligne des vêtements, elle s’inspire des carrures d’épaule exagérées des années 80 en version féminine et masculine. Dans la logique écologique, ce défilé a été conçu le plus « développement durable » aux dires du dirigeant de la marque Cédric Charbit. Avec pour objectif de réduire l’empreinte carbone en promouvant le recyclage. Recyclage des 6500m2 des rideaux de velours, des 2500 mètres carrés de moquette, de la structure en bois, etc… Ce choix du développement durable est parfaitement en ligne avec la politique de la maison mère, le groupe Kering.
Les choix subversifs de son directeur de création ont permis à la marque de recueillir une forte visibilité sur les réseaux sociaux. La marque Balenciaga est ainsi très bien placée dans le ranking Lyst, dédié aux marques de mode et de luxe. Son engagement résonne auprès des Millennials.
Mais au vu du contexte actuel, pensez-vous que le message de cette dystopie soit aujourd’hui audible ? Qouqu’il en soit, ce film a été visionné plus de 330 000 fois sur Youtube

Enquête: comment les Millennials dessinent valeurs et tendances du luxe

Cette enquête sur le luxe du BCG donne à voir les nouvelles valeurs du luxe à l’échelle mondiale et les tendances. Luxe durable, transparence, respect des animaux s’inscrivent désormais au coeur des préoccupations des clients du luxe. Les Millennials  redessinent les valeurs du luxe, ses tendances puisqu’ils représenteront 50% des achats luxe en 2025. Autre driver des tendances, la clientèle chinoise représente dès aujourd’hui 30% de la clientèle luxe et dans 6 ans 40%. Ce sont eux qui tirent la croissance du luxe et ils sont avant tout composés de Millennials.

enquête

Développement durable et engagement sociétal attendus pour les marques de luxe.

On retrouve les mêmes attentes et préoccupations à l’égard des marques de luxe vis à vis de l’environnement, de l’éthique ou des animaux que ce soit auprès des Millennials ou des Asiatiques (81% des sud coréens, 70% des Japonais, 66% des Chinois). Elles se doivent d’être exemplaires dans le développement durable, car 56% des clients se renseignent sur leur démarche RSE. Lors de leurs achats de produits de luxe, la génération Y se préoccupe des questions environnementales (37%), animales (27%) et éthiques (21%).

luxe green ethique

Pour  séduire ou fidéliser ces clients en quête de sens, les marques de luxe abandonnent la fourrure animale : Armani depuis longtemps, Gucci, Michael Kors, Versace, Burberry, Donna Karan, Coach, Jean Paul Gautier et Jimmy Choo. Certaines maisons de luxe choisissent le risque zéro par rapport à la maltraitance des animaux et garantir un approvisionnement éthique. Chanel a ainsi annoncé cette année qu’elle mettait un terme à l’usage des peaux exotiques.(crocodile, lézard, serpent, galuchat). Elles investissent dans la traçabilité et communiquent à ce sujet. Guerlain veut ainsi se positionner comme champion de la traçabilité avec sa plateforme bee respect (article du blog ici). Pionnière d’une approche développement durable, Stella McCartney sensibilise le public et innove en misant sur le recyclage et l’économie circulaire. Ainsi, elle a présenté à l’Opéra de Paris une collection créée en grande partie à base de vêtements et de tissus réutilisés lors de la Fashion Week en mars.

luxe recycle

Autres phénomènes récents pointés par l’enquête, l’attrait du luxe de seconde main et les collaborations

45% des clients interrogés contribuent au marché du luxe d’occasion, essentiellement autour du sac à main. Les motivations ? Le rapport qualité prix, la recherche de pièces vintage ou d’articles qui ne sont plus édités. Ou encore des éditions limitées.  Ce marché s’envole, boosté par les nouvelles échelles de valeurs (comportement durable) mais aussi par les plateformes digitales (lire en détail cet article du blog).
Quant aux collaborations avec des artistes ou entre griffes streetwear, elles créent un nouveau souffle fun, extravagant, cool, qui séduit les Millennials et les chinois. Elles permettent de booster à la fois la notoriété et l’attractivité. En parallèle, le casual chic et le mix and match séduisent de plus en plus. Ainsi, la moitié des répondants ont détourné une partie de leurs achats vers des marques niches ou sportswear.

Cette enquête dédiée au luxe absolu est un baromètre annuel auprès de 12 000 clients du luxe issus des 10 principaux pays du secteur : Chine, États-Unis, Russie, Japon, Brésil, Allemagne, France, UK, Italie et Corée du Sud. Elle pointe les évolutions majeures sur plusieurs années depuis 2013. Parmi celles-ci, l’achat digital et l’omnicanal, beaucoup plus fort en Chine. Même si le magasin mono-marque reste aujourd’hui le canal privilégié (30%) grâce notamment aux efforts réalisés ces deux dernières années sur l’expérience client et les éditions spéciales ou nouveautés vendues uniquement en boutique. Paris détrône d’ailleurs en 2018 New York en tant que destination shopping de luxe à l’étranger. Le renchérissement du dollar y contribue bien sûr.

Luxe durable : Hugo Boss lance ses baskets vegan

Surfant sur les tendances cruelty free et développement durable, la marque de luxe Hugo Boss lance une collection de baskets vegan. Elle rejoint là les aspirations, voire les attentes des générations Y et Z en termes de mode éthique et sans exploitation animale. Une évolution que tentent d’embrasser les groupes de luxe pour répondre à la demande de sens et d’engagement des consommateurs vis à vis des marques.

Hugo Boss innove avec ses chaussures vegan pour homme au design durable

Dans la conception entière de ces baskets, chaque partie de la chaussure a été dessinée pour respecter le développement durable. Un modèle en terme d’écoconception incluant design, sourcing et production. Elles sont fabriquées à partir d’un matériau naturel, du cuir végétal à base de fibres de feuilles d’ananas brevetées Pinatex.

luxe durable chaussures

Les différentes couleurs proposés – bleu, noir, jaune ou orange – ont toutes été élaborées à partir de teintures végétales, et non chimiques. La semelle des baskets est en plastique polyuréthane recyclé (TPU). Des lacets en coton bio équipent ces chaussures.

Pour minimiser l’impact sur la planète, elles sont présentées dans une boite en carton recyclé à 100% et papier biodégradable. Le process intègre également la dimension commerce équitable puisque Pinatex permet aux producteurs d’ananas de vendre ces fibres issues des déchets. Les fibres d’ananas sont traitées pour obtenir une alternative souple au cuir. une alternative hautement durable comparée au cuir qui a un impact lourd sur l’environnement. Plus d’info sur le site hugo boss

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Voir la vidéo ci-dessous. 

De son côté, Adidas annonce le lancement de sa paire de running 100% recyclable, FUTURECRAFT-LOOP, pour 2021. Elle vient de présenter le prototype de cette paire de basket qui va être testée par 200 personnes pour l’améliorer.

La démarche de développement durable et d’éco-conception est aujourd’hui en tête des préoccupations de la filière Mode et Luxe. Ainsi, le ministère de l’économie et le ministère de la culture avec la présence de Frank Riester ont signé avec le Conseil Stratégique de la Filière Mode et Luxe un document fixant les objectifs et les axes de développement de la filière. L’un des axes de travail porte sur l’économie circulaire, du recyclage du textile et du coton usagé à la production du premier fil français de polyester recyclé. Avec l’implication des grands groupes et des fédérations concernées.
Pionnier dans le recyclage luxe, la Maison Hermès a créé petit H utilisant ses chutes de cuir décrit dans ce post. Par ailleurs, vous pourriez être également intéressé(e) par cet article du blog expliquant les différences entre cosmétique vegan et cruelty free.