Boutique luxe : Dior sous la houlette de la nouvelle DC, gamification au Bon Marché

La boutique Luxe pulse au rythme de l’expérience client, chez Dior, la nouvelle directrice de création Maria Grazia Chiuri impulse pop-up stores et collab avec les concept stores dédiés à sa première collection. Quant au Bon Marché, il se lance dans la gamification pour cibler les hommes millenials. Une évolution de la boutique Luxe mise en musique dans le livre écrit à 4 mains par Elodie de Boissieu et Guénolée Milleret, Les vitrines du luxe.

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Dior multiplie les écrins pour la 1ère collection de Maria Grazia Chiuri : boutique luxe éphémère et events en concept store

Alors que défile sa seconde collection lors de la Fashion Week cette semaine à Paris, la directrice de Création Dior fait ouvrir une quinzaine de boutiques pop-up dans le monde pour accueillir sa première collection Printemps-Eté. A Paris, cette boutique éphémère est installée à deux pas du flagship Dior, au 44 avenue Montaigne. Un écrin qui revisite le Retail Design de Dior, en plus contemporain. Epuré, il fait la part belle à des matériaux bruts : le béton, le bois et le laiton. Tout en reprenant la couleur iconique de Dior, le gris clair, et le blanc.

© Adrien Dinand
© Adrien Dinand

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Un espace lumineux et graphique en phase avec les pièces phares de cette collection, les ensembles blancs inspirés de l’escrime, les robes en tulle nude ou blanches. Sans compter le célèbre tailleur bar du créateur Christian Dior revisité. Un mur végétal est là pour apporter la touche green et confort. Un pop-up store à découvrir en vidéo sur le Diormag. Et qui va s’essaimer dans une quinzaine de pays, en Asie, Europe et Etats-Unis.

Au-delà de ces boutiques éphémères, la maison Dior investit également les concept-stores emblématiques de la planète Fashion, Colette, The Webster, Saks, Isetan… Pour y monter des évènements, vitrines exclusives ou installations hors norme et faire la part belle aux pièces déjà iconiques de cette collection comme le tee-shirt arborant « We should all be feminists« . 

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Gamification: Le Bon Marché adopte le jeu on line pour séduire les hommes millenials

Les nouvelles collections printemps-été pour homme sont arrivées au Bon Marché. Destinées à « l’homme monde », elles sont également l’occasion d’une appli ludique en ligne. Une appli destinée aux hommes de la génération Y peu habitués à pousser les portes battantes du grand magasin. Conçu par l’agence BETC Luxe, ce jeu L’homme à venir est ouvert à tous jusqu’au 12 mars prochain.

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Il donne à voir les pièces de ce nouveau vestiaire stylisée et intégrées dans un jeu à 4 niveaux différents. En tentant d’échapper aux monstres, le héros très stylé cherche à collecter des pièces tout au long du jeu. Dans un style d’arcade vintage. Avec pour bonus des cartes cadeaux pouvant s’élever jusqu’à 1000€.  Jouer ici

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Le livre Les vitrines du luxe, nous plonge dans l’évolution et dans les nouveaux enjeux des boutiques Luxe.

Historienne des arts décoratifs, Guénolée Milleret a co-signé cet ouvrage avec Elodie de Boissieu, experte du Luxe et directrice de l’EIML. Ce qu’il faut retenir : A l’ère digitale, les boutiques luxe participent off line et on line à l’internationalisation du luxe. En capitalisant sur l’esthétique, sur les tendances, en mobilisant architectes de renom pour offrir de précieux écrins toujours plus grands ou en proposant de nouvelles expériences au travers des pop-up stores réels ou virtuels. Pour un luxe d’expérience inédit qui n’hésite pas à bousculer les acquis du luxe. Le XXIème siècle voit émerger les e-retailers, les nouveaux promoteurs du luxe capables de donner accès aux marques le plus pointues tout en offrant une expérience client des plus réussies.

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Mon avis :  Virtuelle ou physique, la boutique de luxe renouvelle son décor, ses vitrines et son offre au rythme 2.0 pour surprendre les nouveaux clients et fidéliser. Et leur faire vivre une expérience unique chargée en émotion.
Les vitrines du Luxe, Editions Eyrolles, octobre 2016, www.editions-eyrolles.com et sur Eyrolles. 22€

Communication & business model revus à l’aune du digital par Caroline Faillet

Créatrice de start-up, Caroline Faillet nous livre un traité de guerre digitale qui revisite business model et communication à l’aune du digital. Dans ce livre, l’art de la guerre digitale, elle adapte la pensée stratégique du chinois Sun Tzu au XXIème siècle et au web 3.0. Elle y analyse les stratégies de disruption et d’influence des nouveaux acteurs du web 3.0, ces  nouveaux barbares. Elles incite les entreprises et marques établies à réfléchir à un nouveau business model et à une communication 3.0 pour renforcer leur position. Et gagner en performance. Cet ouvrage est préfacé par le scientifique et prospectiviste Joël de Rosnay.

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Un traité de guerre économique digitale riche en enseignements sur le consommateur 

Face à la prise de pouvoir du consommateur 3.0, à la transformation de l’économie et du business model par le digital, face à l’ubérisation et au bad-buzz, les entreprises et les marques doivent s’adapter. Dans cet ouvrage, Caroline Faillet nous livre quelques clés et stratégies à mettre en oeuvre pour réussir ce challenge. Pour également se défendre face aux adversaires et compétiteurs sur le web. Cela nécessite une bonne évaluation du terrain et des forces en présence, une compréhension fine du consommateur.
Celui-ci a en effet beaucoup évolué à l’ère digitale. Depuis le consommateur informé, voire surinformé avec le web 1.0, celui des moteurs de recherche et des sites internet qui prévaut dans les années 90. L’arrivée des réseaux sociaux et l’avènement du web 2.0 entre 2002 et 2010 fait émerger un consommateur mobilisé. Il découvre le pouvoir de s’exprimer. Il se transforme en media et agrège autour de lui une communauté qu’il peut mobiliser. Positivement ou négativement pour les marques et pour les entreprises : engagement versus rumeur, bad-buzz, bashing… Le troisième temps fort est la révolution big data qui donne une puissance phénoménale aux plateformes sociales et collaboratives. De nouveaux services apparaissent facilitant la tache du consommateur, lui faisant gagner du temps, voire de l’argent. L’individu devient un consommateur augmenté : prescripteur (guide touristique sur Tripadvisor), producteur ou loueur avec Blablacar ou Airbnb, financeur avec le crowdfunding tout en fournissant de précieuses données.

Le consommateur participe à l’uberisation de la société et à l’évolution du business model des entreprises.

Plus que jamais consom’acteur, il est doté de super pouvoirs ! Ces pouvoirs obligent les marques à faire évoluer leurs propositions de produits et de services, et leur communication digitale. Des pouvoirs qui permettent la désintermédiation, la dématérialisation et l’uberisation. Face à ces risques, l’entreprise est amenée à repenser son business model pour défendre ses positions. Ce business model doit séduire le consommateur augmenté par la personnalisation, la coopération avec les communautés et sa valorisation. Ainsi, dans l’univers de la beauté, Sephora propose à ses clientes de poster leur avis, mais aussi leurs looks, leurs conseils ou leurs vidéos sur une plateforme de partage : The Beauty Board.

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Si aujourd’hui, l’industrie du luxe (services – hospitalité- mis à part) semble peu concernée par le risque de désintermédiation ou d’uberisation, elle doit pour autant faire évoluer sa stratégie de communication. Jusqu’à présent, les griffes de luxe voient dans l’avènement des réseaux sociaux avant tout un media supplémentaire pour une communication descendante. Beaucoup plus qu’une opportunité de dialoguer avec les communautés. De même, la data y est davantage perçue comme un moyen de tracer le parcours client pour lui adresser des messages personnalisés. Beaucoup plus que de se mettre au service du consommateur augmenté pour lui offrir des services d’exception qui flattent son ego et son envie d’action, d’appropriation.

L’Art de la guerre Digitale, Caroline Faillet, aux éditions Dunod, 2016.