Allégation : Fin du sans paraben, sans en cosmétique & apogée des labels

Avec la fin de l’allégation sans paraben, sans sulfate, sans…, les marques de cosmétiques green, clean beauty vont devoir changer leur packaging et leur communication. Pour répondre aux nouvelles contraintes juridiques. En effet, à compter du 1er juillet 2019, la nouvelle réglementation européenne sur les cosmétiques encadre de façon très précise les revendications sans. Pour davantage de transparence. Et coller aussi aux attentes des consommateurs qui recherchent des ingrédients respectueux de la planète. Sur les réseaux sociaux, les hashtags #cleancosmetics #greenbeauty et #transparence sont parmi les plus utilisés sur cette thématique. Décodage

cosmetiques sans

La fin du sans paraben, sans triclosan, sans phenoxyethanol sur les packaging ou sur les sites web

Les marques de beauté n’auront plus la possibilité dans 3 mois d’afficher sur leurs étuis, sur leurs pages produits ces mentions. Ces mentions participent activement au greenwashing. La justification avancée par Bruxelles : cela dénigre ou diabolise des ingrédients autorisés par ailleurs, ce qui prête à confusion pour les consommateurs.

sans paraben

C’est une victoire pour la FEBEA (Fédération des Entreprises de beauté). Regroupant 350 fabricants de cosmétiques et représentant 95% du chiffre d’affaires de la profession, elle a toujours souligné que ces actifs étaient autorisés en cosmétique. C’est aussi la reconnaissance de la puissance de frappe des nouvelles applications comme Yuka ou Clean beauty qui scannent les listes d’ingrédients et informent sur les actifs controversés ou soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens ou des agents irritants. Sans compter la blogosphère militante du bio qui a semé la confusion sur certains parabens. Ce sont de bons conservateurs sur lesquels on dispose d’un excellent recul, souvent moins irritants que les substances par lesquels ils ont été remplacés. Aux États-Unis ou en Corée, les marques vont jusqu’à mettre en avant toxic free. Une surenchère ridicule !

non toxic clean beauty

A contrario, les revendications sans qui « rendent service à une population » restent autorisées. Sans acétone sur les dissolvant de vernis ou les produits de coloration pour les personnes incommodées par l’odeur. Sans dérivé d’origine animale pour les personnes véganes. Enfin, sans alcool sur les produits type bains de bouche à destination des familles avec enfants. « Sans huiles essentielles » peut également avoir du sens pour les femmes enceintes car ces huiles peuvent être irritantes.

Disparition également de la mention hypoallergénique jugée trop floue

Cette allégation hypoallergénique justifiée par des tests cliniques a quelquefois été mal interprétée. Elle ne garantit  pas l’absence de risque d’allergie ou d’intolérance. Aussi va-t-elle disparaitre pour éviter toute confusion.

L’apogée des labels bio ou vegan comme caution

Jusqu’à aujourd’hui de nombreuses marques indépendantes revendiquent sur leur packaging et dans leur communication ces allégations sans paraben, sans sulfate (en anglais paraben free, sulfate free )…. Telles Centifolia,  Kure Bazaar et bien d’autres marques, y compris en pharmacie .

cosmetique centifolia

Ces mentions ne nécessitant pas de test sont gratuites à la différence des labels vegan et bio qui coûtent relativement cher. Des labels qui ne sont donc pas accessibles à toutes les marques. Pour autant, face au flou de ces revendications, ils jouent un immense rôle de caution et de transparence. À compter du 1er juillet, ils vont devenir un must-have. Découvrir les explications autour de ces labels dans cet article du blog. Par ailleurs,  je vous recommande la lecture du prochain magazine Elle. Il démêle le vrai du faux sur le green en cosmétique 

Contre-attaque des marques conventionnelles en communication : groupe L’Oréal, Guerlain

Pour mieux se défendre, les groupes cosmétiques ou marques conventionnelles créent leur propre site dédié à la communication au sujet de leur choix d’ingrédients. Ainsi, le groupe L’Oréal a ouvert la plateforme Inside our product et y livre un glossaire des actifs utilisés par ses laboratoires. De son côté, Guerlain communique avec sa plateforme bee respect sur la traçabilité de ses produits, les coulisses de ses créations, ingrédients, lieux de fabrication… Elle est accessible via le site de la maison Guerlain ou via un QR code pour chaque référence. Dans la conception de ses nouveaux produits, la maison de parfumerie se veut éco-responsable et vise le 100% durable et la transparence.

Guerlain transparence

Transparence et engagement sur le développement durable sont au coeur de ces démarches. Mais c’est également une façon de ne pas laisser le monopole aux applications indépendantes comme Clean Beauty ou Yuka sur le parcours client.

Cruelty free ou vegan: quelle différence en cosmétique ? Marques & labels

Trendy chez les jeunes, le courant vegan s’étend de l’alimentation à la cosmétique. Il est aujourd’hui doublé par la tendance beauté cruelty free. Késako ? Cruelty free signifie « sans cruauté ». Une demande, une exigence qui va au-delà de l’absence de produits testés sur animaux. De nombreuses marques de beauté, notamment californiennes, s’emparent de ces deux tendances amplifiées par les réseaux sociaux et par les influenceurs. Engagés dans le respect de l’environnement et des animaux, de nombreux jeunes adoptent une alimentation vegan. Les Millennials recherchent cette même exigence dans leur maquillage ou leurs soins cosmétiques. Faisons le point sur les différences entre cruelty free et vegan, les marques concernées et les labels respectifs.

cruelty free ou vegan

Des exigences plus contraignantes pour la cosmétique vegan que cruelty free

En Europe, depuis 2013, les marques cosmétiques ont interdiction de mener des tests sur animaux. Mais cette interdiction s’arrête aux portes de l’Europe et l’ensemble des marques qui commercialisent leurs produits de beauté en Chine se voient dans l’obligation par les autorités chinoises de réaliser ou de faire réaliser des tests sur animaux. Cruelty Free signifie que ni les produits, ni les ingrédients qui les composent n’ont fait l’objet de test sur animaux. Une mention qu’il est donc facile de revendiquer dès lors que la marque ne commercialise pas ses produits en Chine. Parmi les labels cruelty free, le plus courant est le label PETA (People for the Ethical treatment of Animals), l’association internationale de protection des droits des animaux.  C’est un petit  lapin aux oreilles rose qui ornent les packagings de Dove et de bien d’autres marques. On trouve également le label australien CCF (choose cruelty free) ou allemand IHTK ou encore One Voice.

label cruelty free

En revanche, la mention vegan est beaucoup plus restrictive et contraignante. Elle exclue toutes les matières premières d’origine animale, comme la cire d’abeille (très utile pour les rouge à lèvres), le miel aux propriétés cicatrisantes, le carmin un pigment beaucoup utilisé en maquillage… Elle confirme également qu’aucun test sur animaux n’a été effectué ni sur les produits ni sur les ingrédients rentrant dans leur composition. Voici les labels vegan les plus courants : Vegan society, Certified vegan.

Plus de marques cruelty free, plus de maquillage vegan que de soin vegan

La tendance vegan a été très rapidement préemptée par de nombreuses marques américaines, souvent californiennes à l’instar de Too Faced, Urban Decay. D’autres comme Anastasia Beverly Hills ou Kate von D composent, une partie de leurs produits de maquillage sont vegan friendly. Coté soin, les marques anglaises Lush ou Body Shop sont cruelty free. Tarte cosmetics se revendique cruelty free depuis une dizaine d’années.
La jolie marque américaine bio Tata Harper est certifiée vegan. Quant à Too Faced, la marque rachetée par le groupe Lauder en 2016 s’apprête à lancer une ligne de soin vegan Hangover good to go. Une extension hydratante de sa base de teint bestseller. À base d’ingrédients tendance – eau de coco, prébiotiques et probiotiques.

hydratant Too Faced

De nombreuses marques cosmétiques historiques, établies, ont négligé cette quête de sens et d’engagement des consommateurs pour un secteur longtemps jugé comme superficiel. Soit par léthargie, soit encore par peur de diviser les consommateurs. Cela a permis à de jeunes marques, souvent des Digital Native Vertical Brands (DNVB) d’émerger. Et de bousculer le marché en prenant de vitesse les groupes leaders que ce soit dans le bio ou le vegan. Aujourd’hui les grands groupes cosmétiques adoptent soit une stratégie d’acquisition de ces jeunes marques très agiles, soit une stratégie de lancement de nouvelles marques vegan en mode start-up. Ou encore ils font prendre le virage bio à une ou deux de leurs marques en portefeuille à l’instar de Garnier au sein du groupe L’Oréal. Une marque qui a toujours cherché à communiquer autour de sa naturalité, préambule au vegan ou au bio. De son côté, Clarins lance My Clarins, une ligne éco et vegan friendly destinée aux jeunes.

garnier bio soin