INCI & transparence, L’Oréal lance sa plateforme pour contrer Yuka, Clean Beauty

En quête de transparence et d’éthique, le consommateur s’intéresse à la liste des ingrédients ou INCI figurant sur les packagings depuis 20 ans ou sur les sites lors de ses achats cosmétiques. Les critères d’achat changent, on ne consomme plus comme avant. Smartphone en main, on checke la composition des produits qu’ils soient alimentaires ou cosmétiques. On scanne le QR code avec l’appli Yuka, on consulte Clean Beauty au même titre que l’on va regarder la liste des allergènes pour décrypter le produit. Au sein de l’INCI, l’application va pointer du doigt les ingrédients controversés ou à problème. Et cela va plus loin. 81% des consommateurs souhaitent que l’origine des ingrédients et l’impact sur la bio-diversité soient indiqués sur les packagings. Face à ces nouvelles exigences, le groupe L’Oréal lance une plateforme d’informations intitulée Au coeur de nos produits.

INCI transparence ingredients

L’INCI passée au crible pour conforter la confiance des consommateurs envers les marques L’Oréal

Cette information consommateur se focalise sur la composition des produits de toutes les marques du groupe et sur les ingrédients eux-mêmes. Les chimistes de L’Oréal y justifient leur choix d’ingrédients sur la base de « réalités scientifiques reconnues » dixit le directeur général de l’Oréal en France, Hervé Navellou. L’Oréal met ainsi le doigt sur certains ingrédients ou actifs controversés tels les parabènes, le phénoxyéthanol, l’huile de palme, les filtres solaires, les silicones, les colorants pour cheveux, les huiles minérales… Des ingrédients souvent attaqués soit sur le plan de la sécurité ou sur le plan du respect de la planète, de la biodiversité ou de la biodégradabilité. Des ingrédients attaqués sur l’ensemble de leur famille alors qu’il est utile de les étudier précisément selon la nomenclature INCI. L’objectif N°1 de cette plateforme est de conforter la confiance des clients, un bien immatériel qui tangue au gré des applications comme Yuka ou Clean Beauty, des enquêtes de UFC-Que choisir et des marques indépendantes de cosmétique non conventionnelle. Et surtout des scandales alimentaires !
Mon avis : la plateforme Au coeur de nos produits L’Oréal est très didactique, sur le mode question-réponse. Mais au-delà de la Clean beauty, il manque encore le sujet de la beauté Green à adresser. Car c’est une dimension clé pour les clients engagés dans le développement durable. Notamment en accordant de l’importance  aux matériaux utilisés : en particulier, les différents plastiques (PET, PP, PE…) avec leur impact sur l’environnement et les raisons qui conduisent à leur choix. 

composition

De la traçabilité des achats à l’empreinte carbone

La réflexion que mènent les groupes et les marques à l’instar de Guerlain s’étoffe et s’élargit pour répondre aux aspirations et aux interrogations des consommateurs. Ainsi Guerlain fut la première marque historique à communiquer à ce sujet au travers de sa plateforme Bee-Respect en précisant même la provenance et les matériaux de ses emballages.

Guerlain transparence

Côté marketing, cela signifie que le développement produit challenge tous les acteurs de la chaine de la recherche à la conception du packaging, à la fabrication jusqu’à la logistique pour répondre aux nouvelles exigences de clean et de green en adoptant une posture customer-centric. Et surtout que les marques historiques ne laissent pas le champ libre en termes de communication et d’information aux indie brands ou marques indépendantes qui très tôt ont adopté ce tournant pour développer leur business.  Chacun cherche aujourd’hui à anticiper sur la montée en puissance du bio, la recherche de traçabilité, le questionnement sur les plastiques et le recyclage, les process de fabrication respectueux de la planète en mobilisant moins d’eau. Mais aussi les produits sous consigne, les produit zéro déchet et la cosmétique solide (savon, shampooing…). La communication est alors un point très sensible car toute prise de parole perçue comme opportuniste est alors assimilée à du greenwahing. J’en profite pour remercier Pascal Brousse pour ses interventions et ses articles qui clarifient le sujet de la beauty green & clean.

Vous pourriez également aimer lire les articles du blog consacrés aux appli Clean Beauty ou Yuka.

 

Allégation : Fin du sans paraben, sans en cosmétique & apogée des labels

Avec la fin de l’allégation sans paraben, sans sulfate, sans…, les marques de cosmétiques green, clean beauty vont devoir changer leur packaging et leur communication. Pour répondre aux nouvelles contraintes juridiques. En effet, à compter du 1er juillet 2019, la nouvelle réglementation européenne sur les cosmétiques encadre de façon très précise les revendications sans. Pour davantage de transparence. Et coller aussi aux attentes des consommateurs qui recherchent des ingrédients respectueux de la planète. Sur les réseaux sociaux, les hashtags #cleancosmetics #greenbeauty et #transparence sont parmi les plus utilisés sur cette thématique. Décodage

cosmetiques sans

La fin du sans paraben, sans triclosan, sans phenoxyethanol sur les packaging ou sur les sites web

Les marques de beauté n’auront plus la possibilité dans 3 mois d’afficher sur leurs étuis, sur leurs pages produits ces mentions. Ces mentions participent activement au greenwashing. La justification avancée par Bruxelles : cela dénigre ou diabolise des ingrédients autorisés par ailleurs, ce qui prête à confusion pour les consommateurs.

sans paraben

C’est une victoire pour la FEBEA (Fédération des Entreprises de beauté). Regroupant 350 fabricants de cosmétiques et représentant 95% du chiffre d’affaires de la profession, elle a toujours souligné que ces actifs étaient autorisés en cosmétique. C’est aussi la reconnaissance de la puissance de frappe des nouvelles applications comme Yuka ou Clean beauty qui scannent les listes d’ingrédients et informent sur les actifs controversés ou soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens ou des agents irritants. Sans compter la blogosphère militante du bio qui a semé la confusion sur certains parabens. Ce sont de bons conservateurs sur lesquels on dispose d’un excellent recul, souvent moins irritants que les substances par lesquels ils ont été remplacés. Aux États-Unis ou en Corée, les marques vont jusqu’à mettre en avant toxic free. Une surenchère ridicule !

non toxic clean beauty

A contrario, les revendications sans qui « rendent service à une population » restent autorisées. Sans acétone sur les dissolvant de vernis ou les produits de coloration pour les personnes incommodées par l’odeur. Sans dérivé d’origine animale pour les personnes véganes. Enfin, sans alcool sur les produits type bains de bouche à destination des familles avec enfants. « Sans huiles essentielles » peut également avoir du sens pour les femmes enceintes car ces huiles peuvent être irritantes.

Disparition également de la mention hypoallergénique jugée trop floue

Cette allégation hypoallergénique justifiée par des tests cliniques a quelquefois été mal interprétée. Elle ne garantit  pas l’absence de risque d’allergie ou d’intolérance. Aussi va-t-elle disparaitre pour éviter toute confusion.

L’apogée des labels bio ou vegan comme caution

Jusqu’à aujourd’hui de nombreuses marques indépendantes revendiquent sur leur packaging et dans leur communication ces allégations sans paraben, sans sulfate (en anglais paraben free, sulfate free )…. Telles Centifolia,  Kure Bazaar et bien d’autres marques, y compris en pharmacie .

cosmetique centifolia

Ces mentions ne nécessitant pas de test sont gratuites à la différence des labels vegan et bio qui coûtent relativement cher. Des labels qui ne sont donc pas accessibles à toutes les marques. Pour autant, face au flou de ces revendications, ils jouent un immense rôle de caution et de transparence. À compter du 1er juillet, ils vont devenir un must-have. Découvrir les explications autour de ces labels dans cet article du blog. Par ailleurs,  je vous recommande la lecture du prochain magazine Elle. Il démêle le vrai du faux sur le green en cosmétique 

Contre-attaque des marques conventionnelles en communication : groupe L’Oréal, Guerlain

Pour mieux se défendre, les groupes cosmétiques ou marques conventionnelles créent leur propre site dédié à la communication au sujet de leur choix d’ingrédients. Ainsi, le groupe L’Oréal a ouvert la plateforme Inside our product et y livre un glossaire des actifs utilisés par ses laboratoires. De son côté, Guerlain communique avec sa plateforme bee respect sur la traçabilité de ses produits, les coulisses de ses créations, ingrédients, lieux de fabrication… Elle est accessible via le site de la maison Guerlain ou via un QR code pour chaque référence. Dans la conception de ses nouveaux produits, la maison de parfumerie se veut éco-responsable et vise le 100% durable et la transparence.

Guerlain transparence

Transparence et engagement sur le développement durable sont au coeur de ces démarches. Mais c’est également une façon de ne pas laisser le monopole aux applications indépendantes comme Clean Beauty ou Yuka sur le parcours client.