Temple pour gourmet, Le Printemps du Goût adopte un parti-pris 100% français

Positionné Luxe, le Printemps Haussmann a ouvert un temple pour gourmet au 7ème et 8ème étage. Le Printemps du Goût a opté pour un parti-pris résolument français et privilégie des artisans aux produits gastronomiques : Cocorico ! Une offre qui met en avant la créativité et le savoir-faire français en matière de gastronomie. Une approche fondamentalement différente de la Grande Épicerie du Bon Marché. Visitons ensemble les 2 étages qui leur sont dédiés.

printemps du gout

L’épicerie fine réunit artisans connus et maisons iconiques françaises pour le bonheur de tout gourmet 

Parmi ceux-ci, on retrouve la fine fleur des maîtres chocolatiers aux créations irrésistibles – surtout à l’approche de Pâques. Nombre de chocolatiers dont je vous ai déjà parlé dans le blog : La Maison du Chocolat, Valrhona et le chocolatier Chapon.
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Côté sucré, l’offre du Printemps compte de nombreux produits pour gourmet pouvant faire l’objet de cadeaux tant la présentation est soignée : miel, gâteaux, confiserie. Ainsi, la Chambre aux Confitures propose une multitudes de recettes aux couleurs chatoyantes et gourmandes. Cette jeune marque créée par une ancienne de L’Oréal, Lise Bienaimé, et sa famille, est très dynamique et séduisante.
confitures gourmandes
Côté salé, sont représentés les produits iconiques de la gastronomie française, tels le foie gras, la truffe au travers de la Maison Balme, le vin confié au Repaire de Bachus, mais aussi l’huile d’olive de Provence, la moutarde ou les épices. Cela fleure bon le terroir français ! Sans compter les produits tendance et 2.0 que sont les box de Maison du Bon. Ou encore la box de MoiChef intégrant la recette et tous les ingrédients nécessaires, les conseils et les vidéos tutoriel. Bref très gastronomie 2018 ! 
gourmet

La place du marché propose les produits frais à emporter ou à déguster sur place en version plein ciel.

C’est en effet au dernier étage et agrémenté de superbes terrasses que se trouve le frais et les 4 restaurants signés de grands noms. Le chef étoilé Akrame veille sur le poisson, la viande, les fruits & légumes.
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Pour ma part, j’ai eu l’occasion de tester ses excellentes grillades de viande, rue Lauriston. Quant au fromage, il est signé du maître fromager Laurent Dubois. Sa philosophie  est de sourcer les meilleurs fromages, respectueux des règles d’élevage et des traditions du terroir. Et qui dit fromage, dit pain. La boulangerie est confiée à Gontran Cherrier. Passé par l’Arpège et Lucas-Carton, il excelle pour exacerber le goût du végétal. Artisan passionné, il est à la tête de 3 boulangeries à Paris et d’une vingtaine d’établissements dans le monde. Il faut goûter son pain miso.

Point d’orgue, la pâtisserie est entre les mains du meilleur pâtissier au monde, Christophe Michalak. Inventif, il réécrit la pâtisserie traditionnelle française pour la rendre joyeuse et contemporaine. Un must  à découvrir dans l’espace salon de thé ! Aux beaux jours, le Printemps du Goût offre également 70 places en terrasse avec une belle vue sur Paris.
Au final, la stratégie adoptée par Le Printemps en matière d’alimentation est fort éloignée de celle de La Grande Épicerie. Elle vise une clientèle internationale et locale à la recherche de l’excellence française en termes de gastronomie. A contrario, Le Bon Marché anime sa Grande Épicerie par des évènements – expositions qui font voyager se clientèle. Tel Japon Rive Gauche qui a fait vibrer l’ensemble du Bon Marché à l’heure du pays du Soleil Levant, décodé dans cet article du blog. Ou encore La famiglia à l’automne dernier.

Printemps du Goût, 64 boulevard Haussmann, 7 ème et 8ème étage, soit 1700 m2 dédiés aux gourmets.
Ouvert du lundi au samedi de 9h35 à 20h – Nocturne le jeudi jusqu’à 20h45 ; Dimanche de 11h à 19h
Des animations exclusives et des rencontres sont programmées avec les producteurs et artisans français venus de toute le France #FranceMon Amour du 29 mars au 13 mai. Détail de la programmation.

Art numérique et gastronomie : expérience immersive poétique dans un restaurant japonais

Voici la 3ème installation d’art numérique de Teamlab, cette fois-ci dédiée à la gastronomie japonaise. Ce collectif d’artistes digitaux japonais réalise des prouesses multi-sensorielles et poétiques pour nous immerger dans un monde onirique. J’ai pu ainsi en faire l’expérience de leur installation au salon Maison&Objet l’an dernier.

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Retour à Tokyo pour cette installation dans un restaurant gastronomique spécialisé dans la viande de boeuf de Saga. D’où son nom, Sagaya. Art numérique et gastronomie se combinent pour le plus grand plaisir des papilles, des yeux et des oreilles. A chaque plat, le décor évolue ainsi avec poésie et raffinement. Des projections en mapping à l’unisson avec la subtilité et l’ornementation des mets. Murs, tables, couverts en céramique vibrent et évoluent au gré du menu découverte Omakasé. Décuplant l’expérience gustative car il a été prouvé scientifiquement que la vue participe à l’appréciation du goût. J’ai d’ailleurs pu moi-même vérifier qu’en modifiant la couleur des mets avec des colorants, on en changeait l’appréciation gustative. Et toute la gastronomie japonaise est basée sur ce principe. Découvrir cette expérience immersive en image.

Ce n’est pas sans rappeler l’atmosphère des repas chez Senderens, place de la Madeleine. Pour ceux et celles d’entre vous qui ne l’ont pas connu, ce haut-lieu gastronomique associait dans un décor haussmannien avec boiseries Majorelle, des tables blanches en corian au toucher soyeux et projection poétique florale aux couleurs changeantes pour l’ambiance. Une décoration signée de l’architecte Noé Duchaufour-Lawrance il y a 5 ans. Et aujourd’hui une expérience riche en émotion dans ce restaurant qui a repris le nom de Lucas-Carton.

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Cette tendance autour de l’art numérique et des multiples possibilités qu’il offre, devrait inspirer d’autres restaurants de par le monde.
Plus de détails sur les installations réalisées par teamlab ici. Découvrir également les 2 articles que je leur ai dédié sur le blog : Poésie japonaise, une installation de fleurs au plafond d’un musée à Tokyo et Déco 2.0, installation poétique et lumière au salon Maison&Objet.

Le nuancier Pantone des marques gourmandes : couleur Ladurée, Fauchon, Lenôtre

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Ce nuancier conçu initialement pour les artisans est utilisé aujourd’hui par les industriels et les artistes. Certaines teintes sont devenues iconiques pour les marques tel l’orange Hermès, le rouge Cartier (décodage dans cet article du blog). Quelles couleurs sont attribuées immédiatement et universellement à des marques de gastronomie ? La couleur joue un rôle essentiel dans la construction de la marque, dans sa Brand Identity, véhiculant reconnaissance, attribution et compréhension de ces temples de la gastronomie. Décodons ensemble la palette de couleur autour d’une douzaine de marques mythiques de gastronomie, de patisserie ou de gourmandise. Des couleurs sur lesquelles les désirs se cristallisent.

Vert amande de Ladurée à la patine XVIIIè siècle en harmonie parfaite avec l’univers architectural et décoratif de la Maison Ladurée. Doté d’un charme intemporel, il se décline en macaron au doux parfum de pistache, en sac griffé, mais aussi au-delà de la gourmandise, en bougie et dans l’univers de la maison.

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Rose fuchsia pour Fauchon ou tendre pour la Pâtisserie des Rêves. Quand le rose fuchsia est synonyme de glamour, de séduction avec une tonalité Fashion, le rose tendre fait référence à la douceur de l’enfance, à la dimension cocooning qu’offrent la pâtisserie et les bonbons. La Pâtisserie des rêves le décline en logo, sur les murs et l’ensemble du merchandising avec beaucoup de cohérence et d’impact.

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Aubergine pour Lenôtre, un choix très distinctif dans l’univers des traiteurs et de la gastronomie. Selon les périodes, la marque le fait varier le nuancier de la prune au violet. Pour l’impact, il se décline en logo, store et vitrine.

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Le nuancier des bruns est largement utilisé par les chocolatiers comme la Maison du chocolat, Pierre Hermé qui sévit également au Royal Monceau dans un univers brun chocolat ou encore Angelina, l’ancienne maison Rumpelmayer fondée en 1903, une institution parisienne au Montblanc culte.

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Noir, couleur du luxe et de l’élégance par essence pour les pâtissiers récents que sont Hugo & Victor ou Des gâteaux et du pain. Il met à distance mais sert aussi d’écrin pour sublimer les créations pâtissières.

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Rouge pour Dalloyau, rouge et noir pour Hédiard. La teinte rouge est empreinte de passion, de vie, de puissance, elle permet à ces marques de souligner leur leadership historique et leur patrimoine puisque leur fondation remonte respectivement à 1802 avec le concept du prêt à emporter et en 1854 place de la Madeleine pour l’épicerie de luxe Hediard.  Mis en image dans le film pub de 2012 ci-dessous.

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Vert émeraude pour le chocolatier Patrick Roger et bleu turquoise pour Jeff de Bruges qui leur confèrent fort impact et forte attribution dans l’univers citadin.

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Pour ces marques, la couleur est signe distinctif et statutaire. Elle peut projeter la marque dans la modernité telle le rose fuchsia de Fauchon ou au contraire souligner son ancrage dans le passé tel le vert amande de Ladurée. Quoi qu’il en soit, c’est un fort vecteur émotionnel, jouant sur l’affect des consommateurs et clients. Et ces marques de haute gastronomie ou de haute gourmandise pilotent leur identité et leur communication à l’instar des marques de luxe, puisant dans leur patrimoine pour le revisiter avec une créativité audacieuse. Elles jouent ainsi du paradoxe tradition & modernité, restent ainsi toujours autant désirables et se propulsent ver un avenir dynamique. 

Au final, l’éventail de couleurs est large, mais infime par rapport au nuancier Pantone qui compte pas moins de 999 teintes répertoriées. Un nuancier qui fait référence auprès des artistes, des graphistes, des créateurs de mode, de beauté, de décoration, de design depuis un demi-siècle.

Et pour vous, quelle est la couleur emblématique de la gastronomie ou de la gourmandise ? Voir également les articles que j’ai consacrés au Pantonier des marques luxe ou cosmétiques sur le blog.

Brève de luxe : ouverture du palace Peninsula

C’était hier l’ouverture du 9ème palace parisien, le Peninsula, avenue Kléber, à l’emplacement de l’ancien centre des conférences internationales. Un palace au design contemporain et à l’esprit asiatique moins marqué que le Shangri-la. C’est également le 3ème palace à la gestion asiatique après le Shangri-la situé dans l’ancien hôtel du prince Bonaparte à Iéna et le Mandarin Oriental, rue Saint Honoré, à ouvrir sur Paris pour capter la clientèle croissante et fortunée en provenance d’Asie. Pour la chaîne, c’est un tournant stratégique puisque c’est le premier palace qu’elle ouvre en Europe.

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Vous y êtes accueilli par un groom tout de blanc vêtu et une superbe suspension de feuilles de verre très poétique dans le hall côté avenue des portugais et par des lions massifs côté Kléber. Ses principaux atouts résident dans une terrasse ensoleillée et surélevée sur l’avenue Kléber, protégée d’une marquise de verre, un restaurant à la vue époustouflante sur la Tour Eiffel, l’oiseau blanc et une terrasse panoramique au 6ème étage avec une vue à 360° sur Paris. Un resto où la déco contemporaine célèbre l’avion bi-plan Levasseur datant de 1927. Mon conseil si vous êtes à Paris en août, faites le forcing pour y réserver une table car il et annoncé complet jusqu’à septembre.

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Au rez-de-chaussée, l’offre conviviale est pléthorique, bar cozy et classique, grande brasserie lumineuse et restaurant de spécialités chinoises Lili – où sont prodigués des mets issus de la gastronomie cantonaise, la meilleur qui soit en Chine.Le terrasse Kléber sera une solution de repli agréable si l’oiseau blanc est incessible. Je vous recommande leur excellent thé glacé.

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Thé galcé sur la terrasse du Peninsula et ouverture de my little box (article à venir)
Thé glacé sur la terrasse du Peninsula et ouverture de my little box (article à venir)

Ce palace XIXème aux dimensions majestueuses n’est pas sans partager les valeurs et agréments du Peninsula de Hong Kong, hôtel mythique qui a su conserver  son esprit historique. Une étape indispensable lors d’un séjour à Hong Kong, ne serait-ce que pour y prendre un thé.

Infos pratiques sur ce palace.

Hôtel The Peninsula, doté de 200 chambres et suites

19 Avenue Kléber, 75016 Paris, à proximité de l’Arc de Triomphe

01 58 12 28 88

Restaurant L’oiseau blanc au dernier étage,  terrasse ouverte jusqu’à 1 heure du matin, 01 58 12 67 50

Plus de détails sur le site web.

 

Luxe et gastronomie : Prada, LVMH, Nina Ricci, une nouvelle tendance

Une nouvelle tendance émerge : les rapprochements entre maisons de luxe et acteurs majeurs de la gastronomie ou références historiques : Prada et Marchesi, LVMH et Cova à Milan, enfin à Paris, Guerlain et le chef Guy Martin au 68 (Champs-Elysées), mais aussi la collaboration entre Nina Ricci et la maison Ladurée.

Ainsi, Prada vient d’annoncer le rachat à 80% de la prestigieuse maison Marchesi. Celle-ci sise dans un édifice XVIIIème corso Magenta à Milan depuis sa fondation en 1824, est réputée pour sa pâtisserie et ses chocolats ainsi que le fameux Panettone. Rendez-vous privilégié des happy fews et des gourmets, son nom est mythique pour les Milanais et pour les touristes initiés qui déambulent le long de cette rue bordée de boutiques élégantes. Prada l’a déjà installée dans ses nouveaux espaces de la galleria Vittorio Emanuele II et a pour objectif de valoriser et de renforcer stratégiquement la marque à l’international.
NDR : Cinq après, en 2019, le groupe Prada qui détient la majorité des parts, ouvre un premier établissement  à l’étranger. Cette institution s’installe ainsi au coeur de Londres, dans le très chic quartier de Mayfair. Elle respecte bien sûr les codes de la maison (mosaïque au sol, marbre et velours vert) et ses produits iconiques : meringues géantes, panettone et le fameux café exprossos. Pour les Londoniens en mal d’Italie. Ou pour la diaspora italienne, nombreuse à Londres.

La séculaire pâtisserie Marchesi rachetée par Prada
La séculaire pâtisserie Marchesi rachetée par Prada

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De même, l’an passé, LVMH a acquis le célèbre pâtissier et confiseur Cova à Milan pour 33 millions d’euros. A quand une opération en France sur la Maison Angelina de la rue de Rivoli qui conjugue patrimoine historique – elle fut fondée en 1903 -, gastronomique avec ses fameux Mont Blancs, et emplacement stratégique pour les touristes ? Car on ne peut s’empêcher d’avoir comme arrière-pensée, les opérations immobilières fantastiques qui sont liées à ces adresses stratégiques qui consolide l’image des marques de luxe et garantissent un important trafic. Un terrain de jeu sur lequel s’affrontent désormais les grands groupes du luxe à Milan, Paris ou Londres. Ces capitales sont plus que jamais les vitrines du shopping mondial et les marques n’hésitent plus à investir dans la pierre pour sécuriser leurs adresses prestigieuses.

Nina Ricci Ladurée tentation

Autre mouvement récent, le rapprochement entre parfum et gourmandise. Sous le feu de l’actualité également le partenariat de marques entre les parfums Nina Ricci et la maison Ladurée. Une collaboration entre le nez de Nina Ricci, le parfumeur Olivier Cresp et le chef pâtissier de Ladurée, Vincent Lemains, pour créer le parfum La tentation de Nina et le macaron éponyme. Ils ont travaillé de concert sur ces nouveautés. La fragrance de cette édition limitée (voir le film) est un floral fruité avec un zeste de fraîcheur hespéridée et le macaron est, quant à lui, garni d’une confiture de framboise parfumée à la rose et au zeste de citron. Des alliances gourmandes et craquantes ! Une bougie a également été créée pour parfumer la maison.
Une tendance qui se confirme avec l’arrivée annoncée d’un partenariat de Thierry Mugler avec la maison Fauchon pour le parfum Angel Eau sucrée – une info de Pascale Caussat (blog une bonne idée par jour).

Plaisir olfactif des thés inspirés par les grands jus de Guerlain
Plaisir olfactif des thés inspirés des grands jus de Guerlain

Autre comble du luxe : Guerlain, à l’occasion de la rénovation de son flagship sur les Champs Elysées, a confié le restaurant – salon de thé en sous-sol à Guy Martin, le chef du Grand Véfour. Un lieu où tous nos sens sont pleinement sollicités entre le décor somptueux, les effluves des thés inspirés des meilleurs jus Guerlain et la saveur sophistiquée des préparations culinaires dont le fil rouge est la Guerlinade (rose, vanille ou fève tonka) qui fait partie de l’ADN de la marque. Rendez-vous au 68 Champs Elysées pour une pause gourmande mémorable, vous en profiterez pour visiter la boutique historique de Guerlain entièrement rénovée et agrandie (cf l’article Guerlain, le plaisir des sens et des essences).