Futur de la beauté au CES 2019: marqueur de pH, personnalisation

Véritable laboratoire beauté du futur, le CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas offre chaque année l’opportunité aux grands groupes cosmétiques comme aux start-ups de présenter leurs projets pilotes aux journalistes. Le CES est en effet le temple de l’innovation et le plus grand salon au monde dédié au digital et aux nouvelles technologies. Ainsi, L’Oréal, Johnson & Johnson au travers de sa marque Neutrogena ou Henkel via Schwarzkopf y dévoilent leurs innovations technologiques bien avant leur commercialisation. Le nouveau venu est cette année  Procter & Gamble avec des innovations technologiques autour du diagnostic, de la beauté connectée et du retail. 

Le futur de la beauté présenté aux USA : beauté connectée, masque personnalisé avec impression 3D

Le groupe L’Oréal poursuit avec La Roche-Posay sa piste innovante de patch cutané permettant un diagnostic personnalisé ou auto-diagnostic. Cette année, il dévoilait le prototype d’un test de pH cutané sous forme de mini patch. Ce mini capteur appelé « My Skin Track pH » a reçu le prix de l’innovation 2019. Il permet de mesurer et de suivre le pH de la peau qui représente un marqueur important dans de nombreux dérèglements ou maladies de peau : eczéma, sécheresse sévère ou dermatite atopique. Le vice-président de l’incubateur de beauté connectée, Guive Balooch, précise: « Les communautés scientifiques et médicales connaissent depuis longtemps le lien entre le pH de la peau et les problèmes cutanés qui gênent des millions de personnes chaque jour ». La peau présente habituellement un ph légèrement acide entre 4,5 et 5.5. En dehors, de cette fourchette, il peut déclencher une réaction inflammatoire sous l’effet de facteurs environnementaux ou endogènes (stress notamment).

Conçu en partenariat avec Epicore Biosystems, le patch capitalise sur la technologie micro-fluidique pour capter les traces de sueur présentes sur les pores. Placé sur la face interne du bras, il change de couleur en son centre pour indiquer que la mesure a été prise. Il faut ensuite entre 5 et 15 minutes pour lire le résultat via un smartphone et l’appli My Skin Track pH. L’utilisateur prend la photo du capteur et se voit proposer des produits La Roche-Posay adaptés. La marque équipera certains dermatologues américains qu’elle visite pour rassembler davantage de données. À terme, elle proposera une vente directe aux consommateurs online (D2C). Cette innovation s’inscrit dans la droite ligne du patch capteur d’UV L’Oréal – La Roche-Posay présenté dans cet article du blog.   

test pH

Présent également l’an dernier avec un outil de diagnostic personnalisé de la peau, Neutrogena propose en 2019 un masque sur tissu imprimé en 3D personnalisé MasquiD. La marque surfe ainsi sur la tendance asiatique des masques sur support (tissu ou hydrogel) qui font aussi un tabac aux Etats-Unis. Elle couple cela avec la technologie d’impression 3D et de l’utilisation des datas pour une produit totalement personnalisé. « Une attente forte des consommateurs à la recherche de solutions qui répondent aux besoins uniques de leur peau » pour Sébastien Guillon, président international de la beauté chez Johnson & Johnson. Réalisé suite à un selfie, le masque épouse parfaitement la forme du visage, du nez, des yeux et de la bouche. Quant à la composition, elle est élaborée à partir des données du SkinNeutrogena360 (un mini-scanner présenté l’an dernier qui se fixe sur le smartphone) qui mesure, analyse les besoins de la peau et indique les ingrédients et les zones d’application. Ces ingrédients sont alors imprimés sur le masque hydrogel dans les zones recommandées. Bref, le masque du futur !

masque 3D Neutrogena

Procter présente un festival d’innovation : serum sur-mesure anti-taches, retail du futur implanté en Asie avec réalité augmentée

Pour sa première participation, Procter&Gamble, le géant de la cosmétique américaine a dévoilé 6 innovations. Parmi celles-ci, Opté se distingue avec 40 brevets à la clé et plusieurs années de recherche dédiées à l’hyperpigmentation (tâches brunes de soleil ou de vieillesse, traces d’acné..) Ce prototype de P&G Ventures en partenariat avec des startups combine appareil optique, algorithme et impression 3D de micro serum. Il scanne, détecte et corrige l’hyperpigmentation. Si les problèmes d’hyperpigmentation ne concernent que 10% des femmes, c’est une attente très forte aux Etats-unis comme en Asie (N°1) car aujourd’hui la réponse cosmétique n’est pas jugée assez efficace. Il faudra encore attendre 2020 pour la commercialisation de Opté Precision skincare. 

p&g opte

Quant à la marque japonaise SKII du groupe, elle a présenté son retail du futur – Future X Smart store – lancé en mai cette année à Tokyo, puis à Shanghai et à Singapour. Ce magasin du futur met l’accent sur les nouvelles technologies que sont la reconnaissance faciale et l’intelligence artificielle pour proposer un diagnostic de peau sur mesure et une projection des résultats sur un écran.

Cette année, 420 entreprises françaises, dont 330 start-ups sont présentes sur le salon. Ce record en fait la seconde délégation étrangère, la fameuse French tech. Ainsi, le groupe français Baracoda aux côtés de Schwarzkopf (Henkel) présente un miroir intelligent Artémis. Il permet de visualiser en réalité augmentée différentes simulation de coloration cheveux. De quoi rassurer les clientes chez leur coiffeur avant le passage à l’acte. 

Revoir ici  les innovations présentées les années précédentes de Schwarzkopf, Neutrogena

L’incubateur Founders Factory et L’Oréal parient sur la beauté connectée : soin personnalisé, ongles

En avril 2016, L’Oréal annonçait son investissement dans un incubateur de startup britannique, Founders Factory pour accélérer dans la beauté connectée. L’objectif est d’accompagner 5 startups par an. Ce mois-ci, le groupe annonce le choix des 5 jeunes pousses sélectionnées après pitch sur une base de 180 dossiers reçus. Elles oeuvrent dans les secteurs des objets connectés ou de l’intelligence artificielle. Certaines sont orientées consommateur (consumer-centric) et proposent des produits ou services innovants, d’autres orientées davantage business et communication. Elles offrent des services permettant aux marques du groupe L’Oréal d’optimiser leurs moyens moteurs investis. Décodons les plus précisément.

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Pour satisfaire la demande de personnalisation ou de ludicité des consommatrices, 2 startups InsitU et Preemadonna.

InsitU est une startup britannique qui crée à la demande des soins de la peau personnalisés. La démarche de cette start-up est très poussée. Sa fondatrice, Dr Maria Salichou est diplômée d’un doctorat de chimie en médecine nucléaire, elle est également experte en biotechnologies et en séquençage de l’ADN. L’algorithme de personnalisation est, en effet, basé sur un questionnaire pointu qui intègre des dimensions originales telles la couleur de la peau, le type de texture recherchée, l’humeur, mais aussi plus classiquement de l’âge, la sensibilité de la peau, l’utilisation jour ou nuit…

 

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Cette plateforme de personnalisation génère automatiquement la combinaison idoine et la concentration des actifs en fonction des réponses données sur la base du produit recherché. Le flacon est même personalisé à votre nom. Les prix varient entre une trentaine et une cinquantaine de livres sterling. Un échantillon est proposé au prix de 8£. Découvrir les explications de sa fondatrice dans cette vidéo ou plus d’informations sur le site insitu.me.

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Autre démarche innovante pour les nail addicts, l’application Preemadonna d’origine américaine. Elle permet aux utilisatrices de créer et d’imprimer des motifs artistiques sur leurs ongles via leur smartphone. Et l’aide d’une imprimante robot appelée The Nailbot. 

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Des services pour le retail, les influenceuses également choisis par l’incubateur technologique et L’Oréal

Au-delà de l’intérêt du consommateur, ce sont des considérations business qui ont prévalu dans la sélection des start-ups par Factory Founders et le groupe L’Oréal. Ainsi, Tailify d’origine scandinave, aide les marques à se connecter aux influenceuses : instagrammers et youtubeuses en tête. Des leviers clés pour toucher les millenials qui recourent de plus en plus au adblocking et qui se détournent des vidéos de marque. Pour un coût moindre et une efficacité et une persuasion largement supérieures. Toujours dans le domaine du social media, l’application Veleza qui consolide les communautés de beauty addicts et s’appuie sur la consommatrice augmentée, celle qui souhaite partager expérience et conseil. Enfin, dans une optique retail, la jeune entreprise  de big data Cosmoses a développé une technologie de localisation sophistiquée pour cibler les consommateurs en boutique via des méthodes on-line, l’omnicookie. Une technologie qui fonctionne très bien en Asie en étant partenaire de 340 000 applis pour smartphones.

Quant à l’incubateur Founders Factory, il est composé de 60 experts digitaux et entrepreneurs. Son rôle est de conseiller ces jeunes start-ups dans la stratégie, le design, l’ingénierie, la data pour accélérer leur développement. De son côté, L’Oréal contribue par sa connaissance clients et marché à cette Open Innovation. Parmi les premiers dossiers sélectionnés figurait celui d’Alpstories dont j’ai interviewé le fondateur Danijel Hubman lors de la table ronde que j’animais sur la beauté connectée au Luxury Forward.

Technologie, startup et prospective à la conférence internationale Luxury Forward

Hier se tenait dans l’enceinte du Palais d’Iéna, la conférence internationale Luxury Forward dédiée à la prospective, à la technologie connectée et aux startups innovantes dans l’univers du Luxe. Un menu concocté par Céline Lippi et l’agence de communication Fred & Farid. Plus de 350 professionnels du luxe, de la Data, du digital étaient réunis dans cette confortable salle du Conseil Economique et Social pour assister à des interventions rapides et à des tables rondes en français ou en anglais. Les thèmes abordés portaient sur l’innovation & le luxe, l’art et le digital, l’artisanat digital, le futur du luxe en Chine…

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Pour ma part, j’animai la table ronde dédiée à la beauté connectée avec pour fil rouge la personnalisation. Cet angle est à l’origine de nouveaux services, de nouveaux produits dans le domaine de la beauté. C’est aussi un formidable levier de croissance, de recrutement et de fidélisation. Pour illustrer cette attente de personnalisation, j’avais autour de moi 3 fondateurs de startups étrangères :

  • Danijel Hubman (Alp Stories) qui a intégré beaucoup de technologie pour proposer un diagnostic de peau et des soins sur mesure,
  • Victoria Eisner (Glamsquad au nom évocateur) qui offre des services beauté à domicile positionnés luxe accessible aux US via son site et son appli
  • et Asmau Ahmed (Perfect Plum) qui propose des recommandations couleur et maquillage personnalisée en s’appuyant sur la data et les vidéos des influenceuses comme Michelle Phan.

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Victoria Eisner, fondatrice de Glamsquad et votre humble serviteur

Visionnaire, Danijel Hubman croise des milliers de paramètres sur la peau pour faire produire par un robot ces crèmes sur-mesure. Mais la réglementation cosmétique européenne n’est pas adaptée à ce type de process puisqu’il faut faire enregistrer chaque formule. Plus de détails sur alpstories.com 

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Quant à Victoria, elle a su relier les attentes de pampering et de praticité des femmes en matière de beauté à domicile avec les professionnels : coiffeur, maquilleur ou nail artists indépendants en s’appuyant sur le levier digital. Glamsquad travaille avec plus de 700 artistes sur New York, Los Angeles et Miami. Son business model est ainsi basé sur le travail collaboratif, un Uber de la beauté.

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Enfin, Asmau Ahmed surfe sur les attentes des Millenials en matière de conseil maquillage, le poids qu’ils accordent aux influenceurs et sur leurs usages des réseaux sociaux, notamment youtube. Elle a développé une technologie de recommandation de la couleur pour laquelle elle a obtenu 3 brevets. Sur la base d’un photo, Plum perfect identifie la tonalité de la carnation pour proposer les teintes les plus appropriées et les produits de maquillage correspondant dans différentes marques. Une expérience virtuelle proche de l’expérience physique offerte par Sephora avec Color IQ en France et aux US. Ce qui est malin, c’est qu’elle customise le contenu des influenceuses dont la portée est immense comparé à celui proposé par les marques directement. Leur vidéo devient alors shoppable avec une recommandation produit personnalisée à la teinte. 

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La personnalisation est un thème récurrent qui correspond à l’une des attentes majeures des clients du luxe, être reconnu comme unique. Elle permet surtout de les toucher sur le plan émotionnel, de leur faire vivre une expérience unique, addictive. A l’aide de la technologie et du digital, elle ouvre des perspectives très intéressantes dans l’univers de la beauté et du luxe.

Merci à Céline Lippi (Fashion Capital Partners) et à Fred Raillard (Fred & Farid) pour la conception et l’organisation de cet évènement #luxuryforward qui se distingue par sa dimension internationale.

Innovation beauté connectée : le patch UV L’Oréal au CES, Mapo

patch

Le Consumer Electronics Salon de Las Vegas est le rendez-vous incontournable des ingénieurs high tech, des start-ups mais aussi des grands groupes en janvier. L’Oréal y a dévoilé sa nouvelle innovation connectée, le patch UV, une idée géniale qui va faire le buzz d’ici cet été. Un patch aussi fin qu’un tatouage à porter à même la peau pour connaitre la force des rayons UV et adapter sa protection solaire. Une arme personnalisée pour lutter contre les coups de soleil, les risques de mélanome et de cancer de la peau, mais aussi le vieillissement cutané et les taches brunes. Disponible avant l’été sous la marque La Roche-Posay : My UV Patch.

Le patch UV : une innovation qui fait le lien entre santé et technologie 2.0.

A la différence des autres moniteurs UV, ce patch d’une finesse extrême adhère sur n’importe quelle partie du corps. Ce capteur intelligent éduque et aide le consommateur à adopter la bonne protection solaire en fonction de son type de peau et de la puissance du rayonnement UV en changeant de couleur.
Le mode d’action : ce patch étanche ultra-fin (50 micromètres) est un micro-circuit électronique contenant des colorants photosensibles. Selon la dose d’UV reçue, sa couleur change. Une avancée technologique comme le souligne Guive Balooch de L’Oréal Recherche & Innovation. « Les technologies précédentes, circuit rigide et non transparent, indiquaient aux consommateurs uniquement la quantité de rayons UV reçue en une heure« .

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Le mode d’emploi : Le consommateur doit télécharger l’application mobile My UV Patch de La Roche-Posay disponible sur iOS et Android. Puis prendre une photo du patch et la transmettre à l’application. L’appli analyse les informations transmises par le patch et indique le comportement à adopter. Cette électronique flexible peut-être portée jusqu’à 5 jours durant.
Une innovation connectée qui sera commercialisée par La Roche Posay dans la soixantaine de pays où la marque est présente. Gageons que les Australiens l’adopterons très vite car ils sont très sensibilisés aux dégâts occasionnés par le soleil et connaissent un taux de cancer de la peau plus élevé (trou dans la couche d’ozone ou peau claire et fragile ?). Découvrir la vidéo explicative My UV Patch La Roche-Posay

Mon avis : une innovation fort utile pour les séjours où la perception du soleil est réduite par les nuages ou un vent fort, idéale pour les personnes de phototype I ou II , très sensibles aux méfaits du soleil.

Cette innovation intelligente est le fruit de la start-up intégrée du Groupe L’Oréal, L’Oréal Connected Beauty et de sa collaboration avec la société américaine MC10. Un incubateur sis dans la Silicon Valley, auteur également de la fantastique application Make up Genius dédiée au maquillage. Uu succès planétaire, y compris et notamment en Chine. Depuis sa création en 2014, l’application a été téléchargée plus de 14 millions de fois.

Autre innovation française dans le domaine de la beauté connectée au salon CES, le masque Mapo.

C’est une jeune start-up créé en 2013 à Paris, WB technologies qui en est l’heureux inventeur. Ce masque connecté a une double fonction. Doté de capteurs, il mesure l’hydratation du visage, la température cutanée via une application. Mais en plus, il booste l’efficacité des soins et des crèmes. C’est un complice au quotidien de la beauté des femmes en leur permettant d’améliorer la connaissance de leur peau et l’optimisation de leur routine. Pour mieux comprendre, le principe, voici la vidéo sur ce masque connecté.