Perturbateurs endocriniens : démêler le vrai du faux en cosmétique

Voici un état des lieux des connaissances sur les perturbateurs endocriniens, nouveau fléau que l’homme a créé.  Cela touche notre alimentation, notre façon de jardiner, mais aussi les plastiques et les cosmétiques. Je vous propose de démêler le vrai du faux suite au colloque organisé par la Fondation Léa Nature dans les locaux de l’Assemblée Nationale. Un colloque réunissant politiques en la personne du député Olivier Falorni, de Delphine Batho, présidente de Génération Écologie, mais aussi scientifiques, médecins et juristes. Des témoignages d’agriculteurs et d’associations ont aussi donné un éclairage humain émouvant.

perturbateurs endocriniens

Connaissances scientifiques, réglementation et risques sur les perturbateurs endocriniens

Le plus médiatique des perturbateurs endocriniens est le Bisphénol A. Il a été interdit en 2015 en France. Et l’Europe s’est mobilisée  pour créer une définition des perturbateurs endocriniens en Juillet 2018. Késako ?  Ces substances peuvent perturber le système endocrinien ou hormonal. Un système de communication qui gère le métabolisme de notre corps et le développement. Il est donc très important pour la fécondation et le développement du foetus. Ce système est mille à 10 mille fois plus sensible que le système nerveux. En termes de toxicité, le système de communication endocrinien est dose-dépendant et temps-dépendant. Ainsi, lors du moment du développement du fœtus ou de l’adolescence, l’impact est beaucoup plus fort qu’à l’âge adulte . On estime qu’il existe plusieurs centaines de perturbateurs endocriniens dans les familles du bisphénol, des pesticides, des  phtalates, mais aussi de composants qu’on retrouve dans les cosmétiques américains comme le triclosan, le toluène, les parabens, les formaldéhydes…Les pesticides sont aujourd’hui en première ligne dans la visée des scientifiques et des médecins. Le Professeur Christophe Minier, écotoxicologue, et le Docteur Pierre-Michel Perinaud ont listé leurs effets suspectés sur la santé :

    • Troubles de la fertilité masculine et féminine,
    • puberté précoce,
    • cancers hormono-dépendants. Pathologie pluri factorielle. 
    • Perturbateurs de la thyroïde 
    • Effet sur le microbiote. 

Un tiers ou la moitié des pesticides ont une interférence sur ces pathologies. Et l’on suspecte un effet cocktail des pesticides…Nous sommes potentiellement en contact avec les perturbateurs par l’alimentation, par l’eau que nous buvons. Nous pouvons aussi être contaminé par les contenants, les vêtements.  Notamment les contenants plastiques avec perfluorés utilisés pour le chauffage des aliments. D’où la première interdiction du Bisphénol A pour les biberons.

Quid des pertubateurs endocriniens dans les cosmétiques ?

Selon la juriste qui intervenait à ce colloque, Natacha Cingotti, il n’y a pas aujourd’hui de critères scientifiques d’identification des perturbateurs endocriniens dans la réglementation européenne des cosmétiques avec des catégories. De plus, il est très difficile de mettre en œuvre des tests sur les cosmétiques. Donc aujourd’hui, ce que font de nombreuses marques bio ou engagées dans la clean beauty ou beauté green, c’est de retirer les ingrédients suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Ce qui est complexe, c’est que certains sont d’excellents conservateurs qui sont alors remplacés par d’autres souvent plus allergènes…
Vrai : Quoi qu’il en soit, la position de la FEBEA est claire : les produits cosmétiques européens ne contiennent pas de perturbateurs endocriniens avérés. L’objectif poursuivi par de nombreuses associations citoyennes est de diminuer l’exposition des populations aux perturbateurs endocriniens. Notamment face à la dangerosité des pesticides et des biocides.  C’est pourquoi les nouvelles applications mobiles telles que Yuka (cf article du blog) ou Clean Beauty qui décode les ingrédients jouent un rôle préventif intéressant. Elles poussent les industriels de la cosmétique à faire évoluer les formulations avant même que la réglementation ne change.
Sinon, parmi les perspectives à court terme, le dioxyde de titane va être interdit dans l’alimentation. Cet ingrédient est souvent utilisé en cosmétique dans les produits solaires pour son effet opacifiant faisant barrière aux UV. Mais pour autant, il n’existe pas de test sur cosmétique validant ou invalidant sa toxicité. Le phénoxyéthanol est aussi un conservateur dans le viseur des autorités, de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des associations. Avec un conseil de non-utilisation sur les fesses des bébés. Mon avis : les femmes enceintes ou les jeunes mères de bébé doivent rester très vigilantes sur ce sujet en privilégiant les cosmétiques bio certifiés par un label ou revendiquant le sans sans sans.  Pour limiter les risques d’exposition aux substances chimiques suspectés d’être des perturbateurs endocriniens..

Merci à Olivier Falorni, député invitant, et à la Fondation Léa Nature d’avoir organisé ce colloque très instructif. 

2 réflexions sur “Perturbateurs endocriniens : démêler le vrai du faux en cosmétique

  1. Pingback: Clean beauty ou transparence cosmétique, Carrefour ouvre une boutique dédiée

  2. Pingback: Pharmacopée moderne: les cosmétiques Saeve la revisite version clean

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.