Luxe en France : attentes, perceptions des Français en 2020

Une récente étude donne à voir l’évolution de la perception du luxe en France dans le contexte actuel. Réalisée en octobre, elle interroge les Français sur leurs perceptions du luxe, son image et leurs attentes alors que le luxe traverse une crise profonde. Comment se dernier doit-il évoluer pour rester aspirationnel ? Quelles valeurs les marques de luxe doivent-elles embrasser alors que les Français ont évolué dans leurs attentes depuis la pandémie ?

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L’impact de la crise sur la perception et l’usage du luxe en France

Les évocations du luxe recouvrent essentiellement des enjeux matériels (pour 84% d’entre eux), c’est-à-dire des produits ou des expériences hors du commun, plutôt que des enjeux immatériels, comme le fait de disposer de temps, d’espace, ou de pouvoir déconnecter. En tête des évocations, on retrouve les bijoux, les voitures, la couture et les vêtements. Spontanément, deux marques y sont associées : Chanel et Dior, deux maisons fortement installées dans l’imaginaire du luxe. Les jeunes se distinguent par le fait que le luxe les fait davantage rêver (72%) et qu’ils l’associent plus à des expériences (spa, voyage..) pour 32% versus 24% pour les seniors. Confirmant ainsi les attentes de luxe expérentiel par les générations Y et Z. Dessinant également les contours du luxe de demain. Parmi le millier de personnes interrogées, 31% déclarent s’offrir régulièrement des produits ou expériences de luxe, que ce soit pour se faire plaisir (88%) et apporter une part de rêve à leur quotidien (82%), investir dans de la qualité (73%), séduire (63%) ou déclarer son appartenance à un milieu social (65%). Ainsi, les Français se différencient des clients du luxe non européens en privilégiant un luxe pour soi. Les motivations d’achat du luxe en France sont pour se faire plaisir avant tout (88%), plus que pour séduire (63%). Ils sont moins en recherche d’un luxe statutaire. C’est pourquoi ils privilégient les marques discrètes, voire invisibles et critiquent le luxe ostentatoire, bling bling pour les deux tiers des interviewés (moins vrai chez les plus jeunes). Le luxe en France fait ainsi preuve d’une grande maturité. Au global, la crise actuelle fait légèrement évoluer la perception du luxe et accentue ce qui se dessinait auparavant en filigrane, surtout auprès des plus jeunes.

Les enjeux du luxe : économiques, immatériels et sociétaux

À l’unisson, les Français sont fiers du luxe made in France et de son rayonnement international, mais ils sont capables de porter sur lui un regard distancié. Plébiscité pour son influence sur l’économie française (88%), le secteur du luxe est également perçu comme important pour conserver des métiers et des savoir-faire rares (88%). Un enjeu immatériel dont l’acuité se fait de plus en plus ressentir. Les enjeux de durabilité sont intimement liés au luxe en France. Les Français cherchent à investir dans de la qualité d’un produit qui pourra durer (73%). Au-delà de la dimension économique, ils attendent des marques de jouer un rôle sociétal, de s’engager. Ainsi la moitié estime que la crise actuelle leur fournit l’occasion de se repenser et se transformer, pour entrer davantage en écho avec les préoccupations et valeurs de l’époque. Notamment au sujet du développement durable sur lequel la marge de progression est forte. Seulement 15% des personnes interrogées décrivent l’industrie du luxe comme étant vraiment (tout à fait) écoresponsable aujourd’hui. Le défi de l’empreinte carbone est plus que jamais d’actualité. Conscients de leurs pouvoirs (d’achat), les clients du luxe exigent désormais de comprendre comment sont produits les biens et les services qu’on leur propose. Dès lors, les marques de luxe se devront de davantage mettre l’accent sur cette valeur porteuse qu’est le développement durable et communiquer sur leurs engagements concrets vis-à-vis du respect de la planète, de l’environnement et de l’économie circulaire dans l’ère post-Covid 19. Un tournant et une transparence que ces marques patrimoniales ont adoptés moins vite que les jeunes marques. Et un mouvement qui dépasse les frontières de l’hexagone puisque les jeunes consommateurs du luxe s’érigent en activistes de la société dans leur arbitrage d’achats dans le monde entier, y compris en Chine.

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Etude Cételem – Enquête réalisée en ligne les 6 et 7 octobre 2020 par Harris Interactive. Échantillon de 1 017 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. L’ensemble des éléments sont à télécharger sur le site de l’Observatoire Cetelem. Vous pourriez aimer aussi lire l’article du blog sur les Millennials qui dessinent valeurs et tendances du luxe.

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