Haute-couture onirique, Dior convoque l’imaginaire médiéval et le tarot

Privée de son public privilégié en raison de la pandémie, la maison Dior réalise un sublime défilé virtuel haute-couture accessible sur les réseaux sociaux. Ce défilé haute-couture Printemps 2021 emprunte les codes de la narration pour offrir un récit filmé riche en émotion, en émerveillement. Il puise son inspiration dans l’imaginaire médiéval italien et dans le jeu de tarot qu’affectionnait le créateur Christian Dior. Il fait également le pont entre tradition et modernité en intégrant les valeurs des Millennials et de la génération Z : diversité et genre. Une réponse aux critiques contre le premier opus de juillet décrit dans cet article du blog.

lune dior haute couture 2021

Le défilé haute-couture Dior est un récit onirique médiéval embrassant les valeurs contemporaines

Ce nouveau défilé virtuel réunit les passions et le style iconique des deux designers de la maison Dior – son fondateur et Maria Grazia Chiuri. En effet, Christian Dior aimait se tourner vers les cartes de tarot et leurs prédictions pour se rassurer. De son côté, la Directrice Artistique de Dior avait déjà en novembre 2018 dédié un pop-up store rue saint honoré à un tarot moderne. Cette fois-ci, elle puise dans ses racines italiennes, sa passion pour le Moyen-Age et la Renaissance qui transparaissaient dans les collections qu’elles signaient aux côtés de Pierpaolo Piccioli pour Valentino. Comme ici, la collection Printemps été 2014 Valentino.

Manteau et sac Valentino © Craig McDean

Intitulé Le château du tarot, le court-métrage donne à voir le parcours initiatique onirique sous des éclairages et décors somptueux d’une jeune femme. Il s’inspire de la magnificence du jeu de tarot des Visconti-Sforza. Un jeu décoré décoré d’enluminures et de pierres précieuses datant du XVème siècle. Après avoir interrogé la diseuse de bonne aventure, elle croise les personnages des cartes mythiques ou arcanes la Justice, l’Impératrice, le Fou, le Pendu ou la Tempérance. La lune est également convoquée, portant une superbe robe à traine.

haute-couture dior printemps-ete 2021

Au gré de transformations capillaires, la jeune femme épouse les traits d’un jeune homme. Un jeune homme qu’elle retrouve en face-à-face pour un effet miroir saisissant. Avant la rencontre finale avec la Mort. Une allégorie à la question du genre. Contrairement au précédent défilé virtuel haute-couture, les mannequins des différentes arcanes illustrent la diversité ethnique. Une correction apportée pour répondre aux attentes et aux codes des réseaux sociaux.

Quant aux robes et tenues présentées, elles témoignent d’un raffinement et d’un incroyable savoir-faire des ateliers Dior : broderies, tissage, dentelles vaporeuses, jeu de velours. Clin d’oeil au modèle veste bar iconique de Christian Dior, celle-ci apparait dans une version contemporaine, cintrée avec des plis latéraux. Cette parenthèse enchantée est à nouveau l’oeuvre du réalisateur Matteo Garrone. Archimède la produit. Découvrir ce court-métrage de 15 minutes, un format atypique par rapport aux défilés virtuels de cette saison qui excèdent rarement les cinq minutes.

Un accueil sur les réseaux sociaux excellent en Europe, plus nuancé en Chine malgré un dispositif de soutien local

Si sur Youtube, ce film cartonne avec 1 million de vues, ses résultats sont plus mitigés en Chine. Alors que la Chine est plus que jamais au coeur des préoccupations des maisons de luxe. Ainsi sur Weibo, le twitter chinois, il atteint 11 millions de vues. Un score honorable, mais décevant par rapport au dispositif mis en place (source jingdaily.com). En effet, le dispositif intègre une vidéo sur les coulisses et préparatifs du défilé. Sans compter une table ronde locale animée par des personnalités, des KOL (Key Opinion Leaders) et des stars chinoises.

table ronde Dior défilé virtuel

La revue digitale chinoise met en avant comme explication, la moindre maturité locale par rapport aux codes du luxe et la spécificité du levier influenceurs en Chine. Dommage car le thème du tarot est un thème à même de parler aux Chinois, puisque le jeu de cartes est apparu en premier lieu en Chine sous la dynastie Tang (618-907).

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