Expo Un siècle de mode parisienne autour de créateurs venus d’ailleurs, fashion mix

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L’an dernier, le Musée Galliera avait organisé une fabuleuse rétrospective sur Alaïa pour sa réouverture (cf ce post). Mardi, c’était l’inauguration de Fashion Mix, l’expo consacrée à la mode parisienne réalisée par des créateurs d’ailleurs, dans le magnifique Palais de la Porte Dorée des années 30. Avec Olivier Saillard toujours aux commandes. Une rétrospective d’un siècle de mode entre les mains talentueuses de Schiaparelli, Balenciaga, les japonais Issey Miyake, Rei Kawabuko et Yohji Yamamoto, la bande des créateurs belges avec Martin Margiela et Dries van Noten, notamment…Du name dropping de la sphère fashion, des créateurs connus de tous qui à chaque fois allaient marquer la mode parisienne de leur empreinte. Terre d’accueil, Paris a accueilli leurs défilés et su profiter de l’impulsion créative qu’ils imprimaient à la mode. En s’affirmant plus que jamais comme la capitale internationale de la mode lors des Fashion Weeks et toute l’année.

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Hommage à Schiaparelli et à Balenciaga, emblèmes des écoles de mode italienne et espagnole.

Outre ces figures historiques, l’exposition met en avant le savoir-faire et les recherches sur tissus de l’italien Mariano Fortuny avec un travail extraordinaire de velours de soie rouge imprimé d’or et rehaussé de perles en verre de Murano de 1912 ou l’apport des russes blancs ayant fui à la révolution russe, notamment Natalia Gontcharova au talent décoratif dans les années 20.

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Soulignons le décalage et l’humour d’Elsa Schiaparelli avec avec son chapeau chaussure de 1937. Elle fut la première à collaborer avec des artistes, ses amis surréalistes. Un twist transgressif qui stimule l’audace des créateurs et leur permet d’émerger, de rayonner durablement. L’espagnol Balenciaga a marqué de son empreinte la mode par son talent de constructeur de volumes et influence encore les fashion designers d’aujourd’hui.

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Manteau créé et porté par Elsa Schiaparelli haute couture 1949 – robe et cape par Cristobal Balenciaga 1962

Les créateurs japonais et l’école belge ont fait bouger les lignes de la planète Fashion

Premier japonais à faire souffler un vent d’exotisme sur la mode à Paris, Kenzo pose sas valises en 1965. Second souffle décoiffant, Issey Miyaké, Rei Kawabuko (Comme des garçons) et Yohji Yamamoto vont bouleverser la mode à la fin des années 70.

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Yohji Yamamoto AH 2014 et la hollandaise Iris Van Herpen, PE 2010 plissé cuir naturel ecco

Les années 80 sont elles marquées par l’ascension de l’école belge, avec Martin Margiela en tête, le plus emblématique du groupe des 6, suivi de Dries Van Noten. Ces créateurs diplômés de l’Académie royale des beaux arts d’Anvers doivent beaucoup à leurs prédécesseurs japonais qui ont provoqué un véritable déclic dans leurs créations. En 1984 sort la première collection de Martin Margiela avec notamment un marcel géant XXL. Iconoclaste, il cultivera tout du long anonymat et mode conceptuelle, remplacera son logo par une étiquette blanche cousue au dos de ses vêtements, le no logo de l’univers fashion.

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L’exposition se termine par les dernières générations de designers venus de tous horizons, Marc Jacobs pour Vuitton, Alber Elbaz pour Lanvin, Olivier Theyskens pour Rochas, le colombien et citoyen du monde Haider Ackermann. Ci-dessous une pièce de son dernier défilé pour Louis Vuitton à la double influence américaine (plumes indiennes) et parisienne (jet noir sur noir emblématique de la haute couture du XIXème sicle). Une collection très noire pour une mode printemps-été à l’instar de la communication Vuitton début 2014 comme je le soulignais dans cet article. Le fil rouge de tous ces modèles : un véritable foisonnement créatif.

Azzedine Alaïa et Olivier Theyskens
Azzedine Alaïa et Olivier Theyskens -ensemble veste et jupe AH 1999
Haider Ackermann AH 2003 et dernier défilé Marc Jacobs pour Louis Vuitton  PE 2014
Haider Ackermann AH 2003 et dernier défilé Marc Jacobs pour Louis Vuitton PE 2014

Une rétrospective qui balaie plus d’un siècle de mode au travers de créateurs étrangers venus à Paris pour des raisons politiques ou artistiques et souligne leur contribution à la mode. Les 120 modèles présentés provenant essentiellement du Palais Galliéra font vibrer nos émotions par leur touche fashion intemporelle. Beaucoup d’émotion également quand on découvre les parcours difficiles de certains au travers des archives, correspondances, esquisses. Quel plaisir aussi de revoir certaines créations qui ont suscité beaucoup de débat au sein de la communauté des modeux, journalistes et éditeurs de mode. Une exposition commentée par le brillant assistant d’Olivier Saillard, Alexandre Sansom, qui a su nous communiquer sa passion pour la mode et ses artisans. Alexandre qui nous avait également présenté l’expo sur Roger Vivier au Palais de Tokyo l’an dernier.

Infos pratiques sur l’expo Fashion Mix.

Une exposition conçue et réalisée par le Palais Galliéra.
Du 9 décembre au 31 mai 2014. Mardi au vendredi 10H – 17H30, samedi et dimanche 10H – 19H.
Palais de la Porte Dorée, Musée de l’immigration, 293, avenue Daumesnil – 75012 Paris. Entrée 6€, plus de détails sur les animations ici.

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