Economie circulaire dans le luxe: prêt chez Ba&sh, le seconde main s’envole

Poussé par les Millennials, le luxe se tourne vers l’economie circulaire pour répondre à leur quête de sens et d’engagement pour la planète. La marque Ba-sh prend cette année une initiative intéressante autour du prêt de vêtement. Quant à la tendance du seconde main dans le luxe, elle s’affirme année après année et s’envole à l’horizon 2023 (source Thred up)

fondatrices Bash

Les fondatrices de Ba&sh

Expérience client autour du prêt, Ba&sh innove et signe avec Claudia Schiffer.

La marque de luxe abordable Ba&sh propose un nouveau service pour l’ouverture de sa nouvelle boutique à New York dans le quartier branché de Nolita. Un service en phase avec les pratiques des générations Y et Z puisque celles-ci sont davantage dans l’expérience que dans la possession. Le prêt de tenues, elles le font déjà entre copines pour une soirée ou un évènement particulier. L’originalité est que ce soit la marque qui le propose en boutique. Une jolie façon de nourrir le buzz tout en s’inscrivant dans les valeurs de confiance, d’authenticité. Et d’asseoir le positionnement de cette marque crée par Barbara Boccara et Sharon Krief autour de l’amitié. Concrètement tous les vendredis de 15h à 19h, chaque cliente a le droit d’emprunter le temps du week-end une pièce de la collection. Cerise sur le gâteau, le pressing est pris en charge par la marque Ba&sh. Voilà une expérience client mémorable pour fidéliser la clientèle et la faire se sentir comme à la maison. Il est vrai que cette marque âgée de 15 ans dispose de moyens importants depuis que son capital est détenu à 50% par LVMH (plus précisément le fonds L Catterton) en 2015.

Claudia Schiffer

Ba&sh vient également de signer avec Claudia Schiffer, sa nouvelle égérie pour la collection été 2019. Son image se prête aisément au style chic décontracté de la marque parisienne. Une marque qui connait une belle croissance puisqu’elle compte aujourd’hui près de 200 boutiques de par le monde. Et qui investit dans le digital, avec notamment un partenariat avec le géant chinois Tmall.com .pour assurer son développement en Chine.

ECONOMIE CIRCULAIRE facilitée, boostée par le digital

Les consommateurs d’aujourd’hui partagent une préoccupation croissante, celle de prolonger la vie de leurs produits et de les donner, de les vendre ou de les recycler lorsqu’ils n’en veulent plus. Selon l’enquête Cofreet Ipsos, les Français sont en effet près de 40% à donner leurs vêtements, soit à des associations (27%), soit à leur entourage (12%). Ils sont également 33% à les déposer dans des conteneurs de recyclage de textiles. 14% d’entre eux –et en particulier les 18-34 ans – s’adonnent à des activités de revente ou d’échange. Ils participent ainsi activement à l’economie circulaire. Le numérique, l’intelligence artificielle facilitent ce business peer to peer mettant en relation un consommateur avec un autre consommateur.

economie circulaire

Ceci explique le succès du site de seconde main Vinted (plateforme présente dans 10 pays), mais aussi de Videdressing (filiale du BonCoin pour le luxe) et Vestiaire Collective dans le luxe. Une des clés de succès de ces acteurs de l’economie circulaire est l’absence de commission prise sur les ventes jusqu’à 150€ par l’application Vinted. Lancé en 2009, VideDressing annonce un catalogue de 950 000 produits  de plus de 14 000 marques avec un éventail allant de Zara à Prada. Et des prix réduits jusqu’à 80% par rapport au neuf. La seconde clé de succès est la chasse aux contrefaçons, c’est le point fort de Vestiaire Collective. La plateforme française propose de vérifier physiquement l’authenticité des objets par une équipe d’experts. Installés dans des bureaux à Paris, Londres, New York, Milan, Berlin et Hong Kong, ils collaborent de façon étroite avec les acteurs du luxe, elle est devenue le leader européen. 

occasion second hand

La seconde vie des objets de luxe est une vogue. Plus besoin de se cacher pour les revendre. Le bouche à oreille fait progresser la notoriété des acteurs de l’economie circulaire. Selon une étude menée par Thred up, le marché de la seconde main dans la mode et le luxe pourrait passer de 24 milliards en 2018 à 53 milliards de dollars en 2023 (moitié en donation ou en fripe, moitié en revente). Un tiers des achats de vêtement de deuxième main se ferait sur internet en France. Acheter des vêtements ou des objets de luxe d’occasion constitue une façon responsable de consommer. Et rejoint à ce titre  les préoccupations émotionnelles mais aussi économiques des consommateurs. Nombreuses sont aujourd’hui les générations qui luttent contre le gaspillage dans leurs pratiques quotidiennes. Elles furent choquées par la destruction des invendus de Burberry cet été, une pratique ancienne du luxe désormais à contre-courant. Ce bad buzz a d’ailleurs amené le fleuron britannique à revoir sa copie environnementale.

Certaines maisons comme Hermès avec petit H vont plus loin dans l’economie circulaire. Elles pratiquent l’upcyling que je vous décoderai dans un prochain article avec notamment l’exemple de la start-up Mama Praia. Elles valorisent ainsi leur engagement pour la planète, en phase avec les attentes du moment… Quand le combat d’une marque pionnière comme Hermès rejoint l’imaginaire et les attentes de clients.

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