Do It Yourself: la création ou fabrication maison s’envole

Do It Yourself

Mais c’est quoi cette nouvelle tendance à vouloir tout faire soi-même ? Depuis que nous sommes confinés, restreints dans nos déplacements et que nos heures au-dehors sont comptées, un nombre grandissant de personnes se sont découverts des vocations de : décorateurs, bricoleurs, tricoteuses, céramistes, cuisiniers, pâtissiers etc… Pourquoi pas …

Mais le web est envahi de tutoriels sur tout et beaucoup de n’importe quoi avec des professeurs improvisés qui gagnent beaucoup d’argent à nous apprendre tout un tas de choses que connaissaient nos grands-mères qui n’avaient pas eu la chance de naître à l’ère numérique.

Je sais bien que le temps parfois vous semble long. Que vous ne pouvez décemment pas relire tout Balzac et passer vos week-ends à re-ranger vos placards par couleur. Mais quand même !

Nous voilà revenus au temps des travaux pratiques en maternelle. Séances que pour ma part je redoutais particulièrement. Je suis sûre que vous vous souvenez …

Que ce soit pour fêter maman : HOP ! Un joli collier en pâtes crues,  ou papa : VLAN ! Un beau vide poches en coquille Saint Jacques …Chouette ! Non mais franchement ! Déjà qu’il faut se contenter d’aller à la supérette pour avoir une vie sociale, on va pas en plus devenir des « Zezette épouse X ?

(Dans le film du Splendide « le père Noël est une ordure » Zézette recycle les coquilles d’huître pour en faire des cendriers).

L’autre soir, je tombe sur un reportage à propos d’une jeune femme qui fait fortune sur les réseaux sociaux en vous apprenant comment transformer des rouleaux de papier toilette ou d’essuie-tout en flamant rose et autre cache-pot absolument MAGNIFIQUE ! Ben non, c’est nul en fait, je dirais même plus, c’est niais. ET C’EST LÀ QUE JE DIS STOP !

Laissons aux plus petits le privilège des choses moches mais pleines d’amour. Gardons-leur l’exclusivité d’un imaginaire débridé pour des « objets » qui de toute façon iront un jour à la poubelle ou au fin fond d’un placard. Moi, en ces temps de disette culturelle, je milite pour le beau et le bien fait. Le durable et le savoir faire des artistes, artisans, designers. Quand nous n’aurons plus, ni musées, ni théâtres, ni spectacles et bien il nous restera encore la possibilité de regarder de beaux objets. Comme ce joli vase aux teintes aquatiques réalisé à Biot par des souffleurs de verre aux gestes ancestraux. Ou bien ces magnifiques tapis patiemment tissés de fils multicolores dans les montagnes de l’Atlas. Et nous voyagerons par la pensée, nous remémorant les lieux, les petites boutiques des ruelles pittoresques où nous les avons achetés et cela nous fera du bien.

Sinon, je vous prédis un Noël 2021 100 % Do It Yourself . Mais, je vous aurais prévenus, cette fois il vous sera impossible de revendre sur internet le joli cadre photo en bouchons de bouteille plastique…

Tenez bon, tenez beau et soutenez les artistes, ils en ont bien besoin en ce moment !

Babette Koenig

Pour mettre du sourire dans la monotonie ambiante, j’ai le plaisir d’accueillir sur mon blog les chroniques illustrées « Miss Beauty », des traits d’humeur pour croquer notre vie.  Beaucoup d’entre nous se retrouveront sûrement dans ce coup de gueule empreint d’humour contre le Do It Yourself et la défense d’une noble cause – les artistes… Des illustrations et des chroniques d’humeur signées par Babette Koenig styliste-illustratrice.
Vous pourriez également aimer l’une de ses précédentes chroniques intitulée Bal masqué.

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