Carrefour et les légumes « interdits » : coup de pub ou engagement ?

Primé à Cannes, le combat de Carrefour pour les légumes « interdits » rejoint les préoccupations des consommateurs : engagement sociétal, défense de l’environnement et de l’agriculture biologique. Après les légumes moches d’Intermarché, la campagne de pub réalisée par l’agence Marcel pour le compte de Carrefour, nommée Le marché interdit vient de recevoir plusieurs Lion d’or dans les catégories Health & Wellness (Santé et Bien-être), Brand experience, Direct et Développement durable. Cette information vient à point nommé alors que Carrefour est attaqué sur son plan de fermeture de magasins et sur le package retraite de son précédent PDG, Georges Plassat. Décodons cette opération de communication.

semences

Carrefour soutient la biodiversité en vendant des légumes issus de semences interdites : coup de pub ?

À l’automne dernier, Carrefour mettait en place dans son offre Bio le marché interdit autour de légumes rares tels le haricot coco du Trégor, l’oignon rose d’Armorique, l’artichaut Camus du Léon… Des variétés produites à partir de semences paysannes interdites à la vente par deux collectifs de paysans bretons. Alors oui, Carrefour et son agence Marcel, jouent sur les mots puisque ces légumes et fruits ne sont pas interdits à la vente, mais leurs semences paysannes oui. Des semences qui ne sont pas inscrites au catalogue officiel, mais des semences que les agriculteurs bio génèrent et utilisent pour leurs propres cultures. Des semences intéressantes car elles s’adaptent au climat, au terroir local. Donc pas vraiment du greenwashing….

Carrefour

Mais en même temps, cette opération souligne l’engagement sur 5 ans de Carrefour avec ces producteurs de Bretagne en circuit court tout en défendant la biodiversité. Le consommateur de Bretagne et d’Ile de France est également gagnant car il accède ainsi dans les rayons Bio de Carrefour à de nouvelles variétés produites localement, fort goûtues. Dans la réalité, l’enseigne Carrefour n’est pas la première à oeuvrer dans ce sens. Biocoop a ainsi depuis plusieurs années un partenariat avec le Réseau semences paysannes mais il ne communique pas clairement dessus.

pub Carrefour

À l’inverse, l’enseigne de la grande distribution cherche à faire évoluer la législation et à permettre aux producteurs de légumes et de fruits d’échanger librement leurs semences paysannes, comme l’avait déjà souligné le Grenelle de l’Environnement. La campagne de Carrefour s’est orchestrée autour d’une campagne d’affichage, de films et d’images sur les réseaux sociaux. Et une campagne Corporate auprès des media pour relayer l’information vers le grand public. Point d’orgue, une pétition pour faire évoluer la législation est mise en ligne sur change.org et le site de l’enseigne. pétition

Une campagne #marchéinterdit qui a porté ses fruits puisque la loi vient tout juste de changer en avril 2018 ! Au final, les agences françaises récoltent au Festival de la pub à Cannes plus d’une soixantaine de Lions après 3 jour de cpmpétition. L’agence BETC se place en tête avec 14 statuettes dont 9 pour la campagne Lacoste Save the species décodée dans ce post du blog.
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